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La survie de la Syrie porte un coup aux djihadistes

La survie de la Syrie porte un coup aux djihadistes


Malgré les efforts déployés par Israël et ses alliés pour sauver le projet de « changement de régime » en Syrie, la défaite imminente des djihadistes soutenus par l’Occident est un tournant pour le Moyen-Orient moderne, analyse l’ex-diplomate britannique Alastair Crooke.


Par Alastair Crooke – Le 8 septembre 2017 – Source Consortium News

Le fait d’exister encore est une victoire pour la Syrie – toujours debout, en quelque sorte – malgré les ruines dues à ce qu’elle a subi. Cette victoire marque effectivement l’échec de la Doctrine Bush pour le Moyen-Orient (le « Nouveau Moyen Orient »). Cela signale le début de la fin, non seulement pour le projet politique de « changement de régime », mais aussi pour le projet jihadiste sunnite, qui a été utilisé comme outil coercitif pour créer ce « Nouveau Moyen-Orient ».

Il n’y a pas que la région qui ait atteint un point d’inflexion géopolitique, mais aussi l’islam sunnite. L’islam d’inspiration wahhabite a connu un revers majeur. Il est maintenant largement discrédité parmi les sunnites et haït par tout le monde.

Pour être clair, voici comment étaient liés les deux projets :

À la suite de la première guerre du Golfe (1990-1991), le général Wesley Clark, ancien commandant suprême allié de l’OTAN pour l’Europe, s’est souvenu :

En 1991, Paul Wolfowitz était sous-secrétaire à la stratégie de défense… Et j’étais passé le voir (…)

Et j’ai dit : « Monsieur le Secrétaire, vous devez être très content de la performance des troupes qui ont participé à Desert Storm. »

Et il a répondu : « Ouais, mais pas vraiment, parce qu’en vérité nous aurions du nous débarrasser de Saddam Hussein, et nous ne l’avons pas fait (…) Mais nous avons appris une chose, c’est que nous pouvons utiliser notre armée dans la région, au Moyen-Orient, et les Soviétiques ne nous arrêteront pas. Et nous avons environ 5 à 10 ans pour nettoyer ces anciens régimes clients soviétiques – Syrie, Iran, Irak – avant que la prochaine grande superpuissance n’émerge et nous défie. »

La pensée de Wolfowitz a ensuite été examinée plus profondément par David Wurmser dans son document de 1996 intitulé Coping with Crumbling States [Gérer les États faillis] (à la suite de sa contribution à l’infâme document stratégique intitulé Clean Break, rédigée par Richard Pearle pour Bibi Netanyahou plus tôt dans la même année). L’objectif ici pour ces deux documents déclencheurs était de contester directement la pensée « isolationniste » de Pat Buchanan (qui réapparait en partie dans les mouvements New Right et Alt-Right aux États-Unis).

L’écrivain libertaire Daniel Sanchez notait : « Wurmser a caractérisé les changements de régime en Irak et en Syrie (deux pays sous régimes baathistes) de moyen d’’accélérer l’effondrement dans le chaos’ du nationalisme laïque-arabe en général et du baathisme en particulier. Il a affirmé que ‘le phénomène du baathisme’ était, dès le début, ‘l’agent d’une politique étrangère, à savoir soviétique’ (…) et a donc conseillé à l’Occident d »achever’ cet adversaire anachronique – et d’amener la victoire américaine dans la Guerre froide à son point culminant. Le baathisme devrait être supplanté par ce qu’il appelait ‘l’option hachémite’. Après leur effondrement dans le chaos, l’Irak et la Syrie redeviendraient des possessions hachémites. Les deux seraient dominés par la maison royale de Jordanie qui, à son tour, serait dominée par les États-Unis et Israël. »

Influencer Washington

Ce mémo de Wurmser, Coping with Crumbling States, avec celui de Clean Break, auront un impact majeur sur la pensée washingtonienne au cours de l’administration George W. Bush (dans laquelle David Wurmser a également servi). Ce qui a suscité cette haine profonde des néoconservateurs envers les États nationalistes laïques-arabes n’était pas seulement qu’ils étaient, du point de vue néocon, des reliques en ruine de la « diabolique » URSS, mais, qu’à partir de 1953, la Russie s’est rangée du coté des États nationalistes laïques dans tous leurs conflits avec Israël. C’était quelque chose que les néocons ne pouvaient ni tolérer, ni pardonner.

Clean Break, comme le projet datant de 1997, Project for a New American Century, repose exclusivement sur l’objectif de politique américaine de sécuriser Israël. Wurmser insiste pour que la démolition du baathisme soit la priorité absolue dans la région. Il ajoute : « Pas de quartier contre le nationalisme séculier-arabe », ajoute-t-il, « même si cela doit lâcher la marée du fondamentalisme islamique ».

En fait, l’Amérique ne s’intéressait pas à contrer le fondamentalisme islamique. Les États-Unis l’utilisaient généreusement : ils avaient déjà envoyé des insurgés islamistes armés en Afghanistan en 1979, précisément pour « induire » une invasion soviétique (et qui eut effectivement lieu).

Beaucoup plus tard, lorsqu’on lui a demandé si, compte tenu du terrorisme qui s’est produit ultérieurement, il regrettait d’avoir lancé l’extrémisme islamique de cette façon, le conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, Zbig Brzezinski, a répondu :

« Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Cela a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au président Carter, en deux mots : ‘Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam’ . »

Les radicaux sunnites bien entrainés ont alors été utilisés par les États occidentaux pour contrer le nassérisme, le baathisme, l’URSS, l’influence iranienne et, plus tard, tenter de renverser le président Bachar al-Assad en Syrie. Un ancien fonctionnaire de la CIA, en 1999, a décrit la pensée de l’époque ainsi  :

« En Occident, les mots fondamentalisme islamique évoquent des images d’hommes barbus portant turbans et de femmes couvertes de voiles noirs. Et certains mouvements islamistes contiennent effectivement des éléments réactionnaires et violents. Mais nous ne devons pas laisser les stéréotypes nous aveugler sur le fait qu’il existe également des forces de modernisation puissantes au sein de ces mouvements. L’Islam politique est pour le changement. En ce sens, les mouvements islamistes modernes peuvent être le principal vecteur pour provoquer ces changements dans le monde musulman et la dissolution des anciens régimes ‘dinosaures’ ».

Protéger les émirs

Précisément, c’était l’objectif du Printemps arabe. Le rôle attribué aux mouvements islamistes était de briser le monde arabe nationaliste-laïque (le « pas de quartier pour le nationalisme séculier arabe », selon Wurmser), mais aussi protéger les rois et les émirs du Golfe, auxquels l’Amérique s’était liée – comme le reconnaît Wurmser explicitement – en tant que contrepartie directe dans le projet de dissolution du monde arabe laïc nationaliste. Les rois et les émirats, bien sûr, craignaient le socialisme associé au nationalisme arabe (comme les néocons).

Dan Sanchez a bien perçu (bien avant l’intervention de la Russie dans le Moyen-Orient), que Robert Kagan et son collègue néocon, Bill Kristol, dans leur article du Foreign Affairs de 1996, Toward a Neo-Reaganite Foreign Policy, cherchaient à vacciner à la fois le mouvement conservateur et la politique étrangère américaine politique contre l’isolationnisme de Pat Buchanan :

« La menace soviétique a récemment disparu, et la guerre froide avec elle. Les néocons étaient terrifiés par le fait que le public américain sauterait alors sur l’occasion pour lâcher les obligations impériales du pays. Kristol et Kagan ont exhorté leurs lecteurs à résister à cette tentation, et à capitaliser sur la nouvelle prééminence sans précédent de l’Amérique … [qui] doit devenir le dominant partout et autant que possible. Donc, tous les futurs concurrents en développement devraient être tués dans l’œuf, et le nouveau ‘moment unipolaire’ pourrait durer éternellement … Ce qui faisait apparaitre ce rêve des néocons faisable était l’indifférence de la Russie post-soviétique. »

Et, dans l’année qui a suivit la chute du mur de Berlin, la guerre contre l’Irak a marqué le début du refaçonnement du Moyen-Orient : c’est-à-dire pour l’Amérique d’affirmer son pouvoir uni-polaire à l’échelle mondiale (grâce à ses bases militaires) ; de détruire l’Irak et l’Iran ; de « retourner la Syrie » (comme Clean Break le préconisait) – et de sécuriser Israël.

La Russie est de retour

Bon, la Russie est de retour au Moyen-Orient – et la Russie n’est plus « indifférente » aux actions de l’Amérique – et maintenant, une « guerre civile » a éclaté en Amérique entre ceux qui veulent punir Poutine pour avoir détruit le moment unipolaire de l’Amérique dans la région et l’autre orientation politique, dirigée par Steve Bannon, qui préconise précisément la politique étrangère américaine Buchanan-esque que les néocons avaient tellement espéré anéantir (… plus ça change, plus c’est la même chose. En français dans le texte).

Il est cependant évident qu’une chose a changé : la longue « survie » des djihadistes sunnites comme outil de choix pour remodeler le Moyen-Orient. Les signes le montrant sont partout.

Les dirigeants des cinq pays émergents des BRICS ont nommé pour la première fois des groupes militants basés au Pakistan comme étant préoccupants pour la sécurité régionale et ont demandé que leurs sponsors soient tenus pour responsables :

« Nous exprimons à cet égard notre inquiétude concernant la situation sécuritaire dans la région et la violence causée par les Talibans, État islamique …, Al-Qaïda et ses affiliés, dont le Mouvement islamique du Turkestan oriental, le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, le réseau Haqqani, Lashkar-e-Taiba, Jaish-e-Mohammad, TTP et Hizb ut-Tahrir », ont déclaré les dirigeants. (Le Pakistan et l’Arabie saoudite devront en prendre note).

De même, un article publié dans un journal égyptien et rédigé par le ministre britannique sur le Moyen-Orient, Alistair Burt, suggère que Londres supporte totalement le régime de Sissi en Égypte dans sa guerre contre les Frères musulmans. Burt a attaqué les F.M. pour leurs liens vers l’extrémisme, tout en soulignant que la Grande-Bretagne a imposé une interdiction totale de tout contact avec l’organisation depuis 2013 − ajoutant qu‘ « il est maintenant temps pour tous ceux qui défendent la Fraternité à Londres ou au Caire de mettre un terme à cette confusion et ambiguïté ». Il n’est pas surprenant que les remarques de Burt aient été accueillies avec un grand plaisir au Caire.

Bien qu’il est vrai qu’il y avait des hommes et des femmes bien intentionnés et de principes parmi les islamistes sunnites qui, à l’origine, avaient voulu sauver l’islam du marasme dans lequel il se trouvait dans les années 1920 (après l’abolition du califat), le fait est (malheureusement ) que cette même période a coïncidé avec le premier roi saoudien, Abdul Azziz (soutenu avec enthousiasme par la Grande-Bretagne), et sa tentative d’utiliser le wahhabisme comme moyen pour dominer toute l’Arabie. Ce qui est arrivé plus tard (se terminant par les récentes attaques violentes dans les villes européennes) n’est pas si surprenant : la plupart de ces mouvements islamistes ont été financés par la manne pétrolière saoudienne et le violent sentiment d’exceptionnalisme wahhabite (le wahhabisme est le seul à prétendre être « l’unique véritable islam »).

Politiquement instrumental

Et comme l’islam devenait de plus en plus instrumentalisé politiquement, alors le courant le plus violent, inévitablement, devenait prédominant. Inévitablement, l’ensemble des mouvements islamistes sunnites − y compris ceux considérés comme « modérés » − devenait progressivement plus proche de l’intolérance, du dogmatisme, du littéralisme wahhabite et prêt à soutenir la violence extrémiste. Dans la pratique, même certains mouvements nominalement non violents – dont les Frères musulmans – se sont alliés et ont combattu avec les forces d’al-Qaïda en Syrie, au Yémen et ailleurs.

Alors, et maintenant ? L’échec des mouvements wahhabites à atteindre leurs objectifs politiques est total. Il n’a pas si longtemps les jeunes hommes musulmans – y compris ceux qui avaient vécu en Occident – étaient vraiment inspirés par le radicalisme et la promesse de l’apocalypse islamique. La prophétie Dabiq (de l’arrivée de la rédemption) semblait proche de l’accomplissement pour ces jeunes adhérents. Maintenant, il n’en reste que poussière. Le wahhabisme s’est complètement discrédité par sa brutalité gratuite. Et les prétentions de l’Arabie saoudite au savoir-faire politique et à l’autorité islamique ont subi un revers majeur.

Ce qui est moins évident pour le monde extérieur, c’est que ce coup a été livré en partie par l’Armée arabe syrienne, qui est en majorité sunnite. Au contraire de tous les stéréotypes de la propagande occidentale qui dépeignait le conflit syrien comme un combat entre chiites et sunnites, ce sont les sunnites syriens qui ont combattu – et sont morts – pour leur tradition musulmane levantine et contre cette intolérante branche islamique récemment apportée (après la Deuxième Guerre mondiale) dans le Levant depuis le désert du Nejd saoudien (le wahabbisme est apparu à l’origine dans le désert de Nejd en Arabie saoudite).

Après cette guerre syrienne témoin de la brutalité meurtrière d’État islamique à Mossoul, de nombreux sunnites ont eu plus qu’assez de cette secte wahhabite. Il est probable qu’en conséquence l’on assiste à un retour du nationalisme laïc et non-sectaire. Mais aussi, du modèle traditionnel d’un islam levantin, tolérant, plus orienté vers l’intérieur, quasi-laïc.

Même si le sunnisme utilisé comme outil politique peut être « terminé », l’islam sunnite réformiste radical, en tant que sous-culture, n’est certainement pas « hors jeu ». En effet, alors que le pendule balance maintenant contre les mouvements sunnites à l’échelle mondiale, l’hostilité déjà générée est très susceptible de nourrir l’idée d’un islam assiégé et attaqué ; de l’usurpation de ses terres et de son autorité ; et de la dépossession de l’État, (que les sunnites pensent traditionnellement comme « eux-mêmes »). Le courant puritain et intolérant de l’islam est présent depuis les premiers temps (Hanbali, Ibn Taymiyya et au dix-huitième siècle, Abd-el Wahhab), et cette orientation semble toujours ressurgir en période de crise dans le monde islamique. État islamique peut être vaincu, mais cette orientation ne sera jamais complètement vaincue, ni ne disparaîtra complètement.

Le « vainqueur » dans cette partie du monde est al-Qaïda. Ce dernier a prédit l’échec d’État islamique (un califat physiquement situé étant prématuré, soutient-il). Cette prédiction du leader d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, semble être correcte. En conséquence, al-Qaeda va récupérer les restes d’État islamique d’une part, et les membres désabusés et en colère des Frères musulmans d’autre part. Dans un sens, nous pourrions assister à une plus grande convergence entre les mouvements islamistes (surtout lorsque les financiers du Golfe vont reculer).

Nous sommes susceptibles d’assister à un retour du djihad virtuel et mondial de Zawahiri, destiné à provoquer l’Occident plutôt qu’à le vaincre militairement – par opposition à toute nouvelle tentative de saisir et de contrôler un émirat territorial.

Attendez-vous à ce que les sanctuaires (chiites) de Kerbala et Najaf commencent à dépasser en aura ceux de la Mecque et de Médine (sunnites). En fait, c’est déjà le cas.

Alastair Crooke

 

http://lesakerfrancophone.fr/la-survie-de-la-syrie-porte-un-coup-aux-djihadistes

 

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La ‘victoire’ russe en Syrie décortiquée

La ‘victoire’ russe en Syrie décortiquée

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(B2) L’analyse faite par Michel Goya, sur son blog La voie de l’épée sur l’intervention russe en Syrie mérite le détour. Elle donne des éléments clés sur une intervention, mal perçue au départ et vient tordre le coup à certaines prédictions. A lire absolument.

Que n’a-t-on pas entendu dire, en effet, au début de cette intervention ? En vrac : les Russes ne pourraient pas tenir l’effort sur la longueur ; cela leur coûtait trop cher ; ils risquaient l’enlisement… Aujourd’hui, force est de reconnaître que cette intervention « est un succès » comme l’écrit M. Goya. Le régime d’Assad, très mal en point en 2015, apparait aujourd’hui sinon sauvé, du moins comme un acteur, à nouveau, incontournable.

Une réussite militaire

Le corps expéditionnaire russe a « largement contribué à l’endiguement des forces rebelles » de la prise d’Alep fin 2015, au dégagement récent de l’aéroport de Deir ez-Zor, dans l’est désertique assiégé par l’état islamique, en passant par « la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016 ». « Avec des moyens limités, la Russie  a […] obtenu des résultats stratégiques importants, et en tous cas très supérieurs à ceux des puissances occidentales, États-Unis en premier lieu mais aussi la France dont on ne parvient même pas à mesurer les effets stratégiques qu’elle a bien pu obtenir en Syrie. »

Les quatre conditions de la « victoire » russe

Ce qui explique ce succès, pour Michel Goya, c’est que le dispositif russe a été : 1° engagé « massivement » ; 2° « par surprise », et a 3° d’emblée été « complet », « concentré » sur quelques objectifs. Il n’a pas été précédé « d’une phase déclaratoire, ni graduellement diversifié et renforcé comme celui de la coalition américaine. Enfin, 4°, il avait un « objectif clair ». La Russie avait une « vision politique certainement plus claire et une action plus cohérente avec des prises de risques opérationnelles et tactiques que les États-Unis ou la France n’ont pas osés ».

Une stratégie adaptée au terrain

Les Russes ont bien appréhendé la spécificité de la situation syrienne. Dans la région, les principaux soutiens internationaux (USA, Russie, Turquie…) n’avaient « aucune intention de s’affronter directement ». L’ « occupation éclair » du terrain par l’un empêche mécaniquement l’autre, placé devant le fait accompli, d’y pénétrer. « A partir du moment où les Russes ont ouvertement planté le drapeau en Syrie et occupé l’espace, notamment aérien, les choses devenaient d’un seul coup plus compliquées pour les autres. »

La brigade aérienne en fer de lance

L’élément clé de l’intervention était la brigade aérienne russe « combinant toujours avions et hélicoptères ». Ces moyens « ont varié au fil du temps » les forces au sol étant relativement limitées : le « volume d’un bataillon de la 810e brigade d’infanterie de marine renforcé d’une petite compagnie de neuf chars T-90, d’une batterie d’artillerie dotée d’une quinzaine d’obusiers et de lance-roquettes multiples, et équipé d’une quarantaine de véhicules de combat d’infanterie, des BRT-82A semble- t-il ».

L’occasion d’expérimenter de nouveaux matériels

L’intervention en Syrie a été l’occasion pour les forces armées russes « d’apprendre et d’expérimenter matériels et méthodes, et de tester des concepts originaux ». Trois sont détaillés par l’auteur : le SVP-24 (Special Computing Subsystem), un système utilisant le système de navigation satellitaire russe GLONASS pour les frappes aériennes ; l’emploi de l’« infanterie motorisée ultra légère et la mise au point du « véhicule d’escorte.

Le coût de l’opération : raisonnable

Enfin, ces résultats ont, en effet, été obtenus avec des ressources « assez limitées » note Michel Goya : 4 à 5000 hommes et 50 à 70 aéronefs (1). Et le coût était somme toute raisonnable : environ 3 millions d’euros par jour. C’est-à-dire le quart ou le cinquième de l’effort américain dans la région ou trois fois plus que l’engagement français au Levant mais pour un résultat bien supérieur (2)…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire : Tempête rouge Enseignements opérationnels de deux ans d’engagement russe en Syrie

(1) NB : cela pourrait démontrer, à l’inverse de ceux qui plaident en faveur d’un engagement massif, qu’un petit nombre de troupes, bien déterminées, bien armées, peut faire la différence.

(2) L’opération française « Chammal » mobilise 1200 hommes et environ 15 aéronefs, un million d’euros/jour.

Syrie. Des combattants FDS affirment avoir été la cible de Moscou

Syrie. Des combattants FDS affirment avoir été la cible de Moscou

  • Selon un responsable des FDS, les frappes ont blessé six combattants de l'alliance.
    Selon un responsable des FDS, les frappes ont blessé six combattants de l’alliance. | Reuter

Des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS, soutenus par Washington) ont dit avoir été pris pour cibles samedi à l’aube par l’aviation russe et les forces armées syriennes dans la province de Daïr az Zour, sur la rive orientale de l’Euphrate.

Selon Ahmed Abou Khaoula, un responsable de cette alliance arabo-kurde en lutte contre l’Etat islamique, les frappes ont blessé six combattants des FDS.

Dans un communiqué publié à Washington, le Pentagone a accusé la chasse russe d’avoir visé une cible dont elle savait qu’elle abritait des combattants des FDS et des « conseillers de la coalition ». Il a fait état de « plusieurs » blessés parmi les combattants des FDS, pas parmi leurs conseillers.

Les avions venaient des zones tenues par l’armée syrienne et ont pilonné des positions situées sur la rive orientale de l’Euphrate, a précisé Khaoula, qui dirige le Conseil militaire de Daïr az Zour.

Les FDS et l’armée syrienne, laquelle est soutenue par la Russie et des milices chiites, convergent vers les secteurs encore tenus par l’Etat islamique à Daïr az Zour et aux abords, dans le cadre d’offensives distinctes.

 

 

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Le Conseil militaire de Daïr az Zour, qui relève des FDS, a mis en garde vendredi les forces pro-gouvernementales syriennes qui opèrent également dans ce secteur de l’est de la Syrie de ne pas franchir l’Euphrate.

 

http://www.ouest-france.fr/monde/syrie/syrie-des-combattants-fds-affirment-avoir-ete-la-cible-de-moscou-5250990?utm_source=neolane_of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20170917&vid=1752223&mediego_euid=1752223

Le «ministre de la Guerre» de Daech tué dans une frappe russe en Syrie

Des bombardiers Su-34

Le «ministre de la Guerre» de Daech tué dans une frappe russe en Syrie

© Photo. Ministry of defence of the Russian Federation

International

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Libération de la ville de Deir ez-Zor (septembre 2017) (39)
6380971152

Les frappes des Forces aérospatiales russes dans les environs de Deir ez-Zor ont permis d’éliminer une quarantaine de terroristes de Daech, dont plusieurs extrémistes hautement placés, parmi lesquels le «ministre de la Guerre» des extrémistes et auteur présumé des attentats terroristes en novembre 2015 à Paris.

Les Forces aérospatiales russes ont mené une opération aérienne contre un poste de commandement et un centre de communication de Daech près de la ville syrienne de Deir ez-Zor, annonce le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Le 5 septembre, le ministère a appris auprès de ses sources que des chefs de Daech devaient tenir une réunion dans l’un des postes de commandement déguisés à proximité de Deir ez-Zor.«Après la confirmation des informations reçues et des recherches supplémentaires, deux avions Su-34 et Su-35 des Forces aérospatiales russes ont décollé de la base aérienne de Hmeimim, et ont porté des frappes ponctuelles», selon le ministère.

La mission antiterroriste a permis d’éliminer environ 40 djihadistes, dont quatre chefs de terrain influents qui s’étaient réunis pour élaborer des mesures urgentes en raison de l’offensive massive des troupes gouvernementales syriennes. Un poste de commandement souterrain des terroristes ainsi qu’un centre de communication ont été également détruits.

«Selon des informations confirmées, quatre commandants de terrain influents se trouvaient parmi les terroristes éliminés, y compris «l’émir de Deir ez-Zor» Abu Muhammad al-Shimali, qui était responsable des finances ainsi que du redéploiement des nouvelles recrues dans les camps d’entraînement de Daech», indique le communiqué du ministère.

Le ministère a souligné qu’Abu Muhammad al-Shimali était considéré «par un certain nombre de services de renseignement de sécurité européens comme l’organisateur des attentats terroristes de novembre 2015 à Paris».

Le «ministre de la Guerre» du groupe terroriste, Gulmurod Khalimov, était également présent.

«Le « ministre de la Guerre » du groupe terroriste international Daech était à la réunion, et il a succombé à une blessure mortelle», d’après le document.

L’opération antiterroriste des Forces aérospatiales russes a permis d’accélérer le déblocage de Deir ez-Zor et a contribué à ce que forces syriennes procèdent à sa libération immédiate, précise le ministère russe de la Défense.

 

https://fr.sputniknews.com/international/201709081032960625-frappe-russe-terroristes/

Pourquoi les USA ont évacué les chefs de Daech de Deir ez-Zor

International

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Bien que Washington nie l’évacuation des commandants de Daech de Deir ez-Zor par les hélicoptères américains, la probabilité qu’elle a eu lieu est presque 100%, a estimé le sénateur Klintsevitch. Selon lui, ce geste américain s’explique par le fait que «les États-Unis voient toujours le but de leur existence dans la confrontation avec la Russie».

Jeudi, Sputnik a été informé qu’en août dernier l’aviation américaine avait évacué plus de 20 chefs de guerre et terroristes de Daech de Deir ez-Zor vers le nord de la Syrie. La coalition internationale a rapidement réagi en affirmant que les hélicoptères américains n’avaient pas évacué les terroristes. Malgré les affirmations de la partie américaine, l’évacuation a certainement eu lieu, estime le premier vice-président du comité pour la défense du Conseil de Fédération (chambre haute du parlement russe), Frants Klintsevitch.

«Peu importe de quelle façon l’on tente, au sein du siège de la coalition dite antiterroriste, de réfuter les rapports sur l’évacuation de plus de 20 commandants de la région de Deir ez-Zor, toute la vaste expérience des actions américaines, y compris en Afghanistan, nous convainc que tout cela a eu lieu avec une probabilité de presque 100%. Ayant vécu cette guerre, je peux dire que nous avons directement ressenti la participation directe des Américains du côté des Mujahideen», a écrit M. Klintsevitch sur sa page Facebook.

«Bien sûr, Deir ez-Zor n’est pas Raqqa. Il ne sera pas possible d’évacuer des centaines de djihadistes de là. Mais il y a plus que ça, il ne s’agit pas seulement du nombre de combattants. Il semble que les États-Unis voient toujours le but de leur existence dans la confrontation avec la Russie, et, pour employer un euphémisme, ce n’est pas encourageant», a conclu le sénateur.

Une source diplomatique et militaire a confié jeudi à Sputnik que le 26 août dernier un hélicoptère militaire américain avait évacué deux chefs de guerre de Daech «d’origine européenne» et les membres de leurs familles de la localité d’al-Treif située au nord-ouest de Deir ez-Zor.En mai dernier, l’aviation américaine a déjà évacué des chefs de guerre et des mercenaires étrangers d’origine européenne qui combattaient dans la région de Deir ez-Zor. En juin et juillet, des opérations d’évacuation de terroristes se sont déroulées dans la province de Raqqa.

Deir ez-Zor et l’aérodrome militaire situé à 2 km de cette ville ont été encerclés par les terroristes pendant trois ans. La garnison de la ville a résisté aux attaques de Daech malgré de nombreuses attaques de kamikazes et de voitures piégées. Début septembre, l’armée syrienne a rompu le blocus au sud-ouest de la ville avec le soutien des Troupes aérospatiales russes. Les militaires syriens ont rejoint les défenseurs de Deir ez-Zor près des casernes de la 137e brigade mécanisée.

l'évacuation des commandants de Daech de Deir ez-Zor
© Sputnik.
l’évacuation des commandants de Daech de Deir ez-Zor
 https://fr.sputniknews.com/international/201709081032961610-usa-evacuation-chef-daech-deir-ez-zor/

Deir ez Zoor presque en vue

Deir ez Zoor presque en vue

3 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Décidément, tout sourit en ce moment au 4+1. Plutôt que de se précipiter vers Deir ez-Zoor en laissant sur ses arrières de dangereuses zones contrôlées par Daech, le commandement syro-russe a intelligemment entrepris de les réduire d’abord afin d’avoir les coudées franches. Ce fut fait en deux temps trois mouvements.

D’après le ministère russe de la Défense, Uqayribat est libérée, ce qui provoquera vraisemblablement l’effondrement rapide de la dernière poche de l’EI en Syrie centrale. D’autant que les Sukhois y vaporisent quotidiennement du takfiri…

Tous les efforts se portent maintenant sur Deir ez-Zoor où la garnison syrienne résiste héroïquement depuis des années contre vents daéchiques et marées obamesques. Rien n’y a fait et la clique américano-wahhabite s’y est cassée les dents plus d’une fois.

A l’heure où nous parlons, les loyalistes avancent inexorablement vers Zoor. Ils ne sont plus qu’à 25 km de leurs frères d’armes assiégés depuis trois ans, ces derniers pouvant même entendre désormais le bruit des combats !

Au printemps, les prédictions évoquaient une levée de siège pour la fin de l’année. En juin, on tablait plutôt sur octobre-novembre. Et maintenant, même si les petits hommes en noir vendront chèrement leur peau, on peut se demander si elle n’interviendra pas dès le mois de septembre…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

 

Revue de presse nationale et internationale.

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