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“Des manœuvres militaires russes débutent aux portes de l’UE”, par l’AFP

Des manœuvres militaires russes débutent aux portes de l’UE, par le Monde et l’AFP

Source : Le Monde, AFP, 14.09.2017

Certains membres de l’OTAN y voient une inquiétante démonstration de force. La Russie a lancé, jeudi 14 septembre, de vastes manœuvres militaires conjointes avec la Biélorussie aux portes de l’Union européenne. Face aux critiques de l’OTAN, Moscou s’est efforcé de rassurer, insistant sur le fait que ces manœuvres étaient « purement défensives ».

Ces exercices, répondant au nom de code Zapad-2017 (« Ouest-2017 »), doivent impliquer près de 12 700 soldats pendant une semaine en Biélorussie, dans l’enclave de Kaliningrad et dans plusieurs régions du nord-ouest de la Russie. Autrement dit, le long de la frontière avec la Lituanie et la Pologne. Or, depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et l’éclatement du conflit dans l’est de l’Ukraine, les pays baltes n’hésitent pas à désigner la Russie comme une potentielle menace contre leur souveraineté.

Le chef d’état-major russe, Valeri Guerassimov, avait assuré début septembre que ces manœuvres étaient « planifiées de longue date » et n’étaient « dirigées envers aucun pays en particulier », lors d’une rare rencontre à Bakou avec le chef du comité militaire de l’OTAN, le Tchèque Petr Pavel. En effet, l’armée russe organise de vastes exercices dans une région différente de Russie tous les ans à la même période.

Doute sur les chiffres

Mais certains pays, la Lituanie et l’Estonie en tête, doutent des chiffres avancés par Moscou et évoquent « plus de cent mille soldats » mobilisés du 14 au 20 septembre.

« La Russie est capable de manipuler les chiffres avec une grande aisance, c’est pourquoi elle ne veut pas d’observateurs étrangers. Mais 12 700 soldats annoncés pour des manœuvres stratégiques, c’est ridicule », a également affirmé l’expert militaire indépendant Alexandre Golts, interrogé par l’Agence France-Presse. Selon lui, le véritable chiffre se situe néanmoins bien en deçà des 100 000 militaires.

Le cabinet IHS Jane’s, spécialisé dans les questions de défense, abonde en ce sens. « Les chiffres réels sont probablement plus élevés » que les chiffres officiels, car les manœuvres impliquent non seulement des militaires, mais aussi des membres des services de renseignement, de la garde nationale, des services de secours et autres, susceptibles de faire monter le nombre de personnes impliquées autour de « 80 000 à 100 000 ».

Si la Russie revendique son droit à mener des exercices militaires sur son territoire, elle suscite aussi l’inquiétude de certains pays, notamment européens. Les exercices Zapad-2017 « sont désignés pour nous provoquer, pour tester nos défenses et c’est pour cela que nous devons être forts », a ainsi déclaré dimanche le ministre de la défense britannique, Michael Fallon, s’alarmant d’une Russie « de plus en plus agressive ». […]

 

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Leçon de Propagande :

  1. Étendre l’UE jusqu’à la frontière Russe
  2. Se plaindre que des soldats russes en Russie soient”aux portes de l’UE

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Rappel :

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N.B. vous notez visuellement dans ce schéma que, par habitant, l’OTAN dépense donc en moyenne bien plus que la Russie… En fait, 980 $ contre 630 $/hbt, soit la bagatelle de 50 % de plus

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Et en même temps…

Avec l’OTAN, la Suède lance ses plus importants exercices militaires depuis 23 ans

Source : Russia Today, 12-09-2017

Stockholm a donné le coup d’envoi d’Aurora 17, juste avant celui de l’exercice militaire Zapad, de la Russie et de la Biélorussie. Impliquant moins de troupes, ce dernier suscite la crainte de Washington, malgré les tentatives d’apaisement de Moscou.

La Suède, bien que ne faisant pas partie de l’OTAN continue de se rapprocher de l’organisation militaire. L’armée suédoise a ainsi donné le coup d’envoi ce 11 septembre aux manœuvres les plus importantes depuis 23 ans conjointement avec plusieurs pays de l’Alliance atlantique, dont les Etats-Unis mais aussi la France. La Finlande, non-alignée, participera également.

Le scénario des manœuvres, qui dureront trois semaines, consiste en l’agression d’une puissance étrangère, qui attaquerait l’île stratégique suédoise de Gotland, située en mer Baltique.

«Si vous contrôlez le Gotland, vous avez le contrôle des voies maritimes et aériennes vers les Pays baltes», explique ainsi le ministre suédois de la Défense, Peter Hultqvist, cité par le Financial Times le 7 septembre.

Washington invoque une prétendue «menace russe»

Quelque 20 000 soldats, dont 90% sont suédois, prendront part aux manœuvres, baptisées Aurora 17, soit la moitié des effectifs dont dispose la Suède. «Il s’agit de se saisir des réalités de la situation sécuritaire dans cette partie de l’Europe», a ajouté le ministre suédois, précisant que les exercices étaient «un signal important à destination de la population suédoise mais aussi pour d’autres pays».

Washington a à nouveau justifié sa présence, dans ces manœuvres, en invoquant une prétendue menace russe, pourtant maintes fois démentie par Moscou.

«La Russie a changé la situation sécuritaire [dans la région]», a ainsi estimé le commandant des armées américaines Ben Hodges, cité par le média suédois Dagens Nyheter. Ce même commandant s’inquiétait des exercices Zapad, conjointement menés par la Russie et la Biélorussie qui débuteront le 14 septembre pour une semaine. «Les gens craignent que cela se révèle être un cheval de Troie», déclarait ainsi Ben Hodges début août 2017, cité par The Economist.

Moscou joue l’apaisement

En signe d’apaisement, la Biélorussie et la Russie avaient convié des observateurs de l’OTAN et de pays étrangers, et notamment des pays baltes, aux exercices Zapad, qui impliqueront 12 700 militaires biélorusses et russes selon Minsk.

Les vice-ministres russes et biélorusses ont par ailleurs souligné que les troupes présentes dans le cadre de l’exercice militaire, seraient retirées dès la fin de ce dernier.

Le lieutenant-général russe Alexandre Fomine avait par ailleurs souligné la nature purement défensive de l’exercice et sa composante anti-terroriste, qualifiant la menace militaire russe avancée par Washington de «mythe».

L’OTAN, toujours plus proche des frontières russes

Mais si les craintes restent tenaces dans le camp de l’OTAN, Moscou redoute pour sa part l’arrivée d’un éventuel nouvel allié militaire de Washington, et ce alors que l’Europe de l’Est connaît le plus important déploiement de forces de l’Alliance atlantique depuis la fin de la guerre froide.

«Si la Suède rejoint l’OTAN, cela affectera nos relations de manière négative», avait ainsi affirmé Vladimir Poutine. Il avait ajouté que la Russie devrait réagir comme s’il s’agissait d’une «nouvelle menace» pour sa sécurité, après les multiples élargissements de l’OTAN, dont la présence s’est rapprochée des frontières russes au cours des années.

L’organisation militaire atlantique multiplie d’ailleurs les manœuvres dans la région. Après la Géorgie ou la mer Noire, en juin, 5 300 militaires de dix pays de l’OTAN avaient rejoint les exercices de l’«Iron Wolf» en Lituanie, dans une zone proche de l’enclave russe de Kaliningrad. D’autres manœuvres avaient eu lieu en Pologne le même mois, ou encore en Estonie en mai.

Source : Russia Today, 12-09-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

57 réponses à “Des manœuvres militaires russes débutent aux portes de l’UE”, par l’AFP

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La Russie et la Chine contre l’empire du dollar

« L’art de la guerre »

La Russie et la Chine contre l’empire du dollar

C’est à tort que nous considérons chaque conflit armé dans le monde comme distinct des autres. La presque totalité d’entre eux s’insère dans un rapport plus général entre d’un côté « l’empire américain d’Occident » et, de l’autre, les Brics qui tentent de lui opposer « un ordre international alternatif ». Ce rapport de force se joue aussi bien au plan militaire qu’au plan financier.

| Rome (Italie)

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Un vaste arc de tensions et de conflits s’étend de l’Asie orientale à l’Asie centrale, du Moyen-Orient à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique latine. Les « points chauds » le long de cet arc intercontinental —Péninsule coréenne, mer de Chine méridionale, Afghanistan, Syrie, Irak, Iran, Ukraine, Libye, Venezuela et autres— ont des histoires et des caractéristiques géopolitiques différentes, mais en même temps sont reliés à un unique facteur : la stratégie avec laquelle « l’empire américain d’Occident », en déclin, essaie d’empêcher l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux. Ce que redoute Washington se comprend par le Sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui s’est tenu du 3 au 5 septembre à Xiamen en Chine.

Exprimant « les préoccupations des Brics sur l’injuste architecture économique et financière mondiale, qui ne prend pas en considération le poids croissant des économies émergentes », le président russe Poutine a souligné la nécessité de « dépasser la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve ». Référence claire au dollar US, qui constitue presque les deux tiers des réserves monétaires mondiales et la monnaie par laquelle se détermine le prix du pétrole, de l’or et d’autres matières premières stratégiques. Ce qui permet aux USA de conserver un rôle dominant, en imprimant des dollars dont la valeur se base non pas sur la réelle capacité économique états-unienne mais sur le fait qu’ils sont utilisés comme monnaie mondiale. Le yuan chinois est cependant entré il y a un an dans le panier des monnaies de réserve du Fonds monétaire international (avec le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling) et Pékin est sur le point de lancer des contrats d’achat du pétrole en yuan, convertibles en or.

Les Brics demandent en outre la révision des quotas et donc des votes attribués à chaque pays à l’intérieur du Fonds monétaire : les USA, à eux seuls, détiennent plus du double du total des votes de 24 pays de l’Amérique latine (Mexique compris) et le G7 détient le triple des votes du groupe des Brics. Washington observe avec une préoccupation croissante le partenariat russo-chinois : les échanges entre les deux pays, qui en 2017 devraient atteindre les 80 milliards de dollars, sont en forte augmentation ; en même temps augmentent les accords de coopération russo-chinoise dans le domaine énergétique, agricole, aéronautique, spatial et dans celui des infrastructures. L’achat annoncé de 14 % de la compagnie pétrolifère russe Rosneft par une compagnie chinoise et la fourniture de gaz russe à la Chine pour 38 milliards de m3 annuels à travers le nouveau gazoduc Sila Sibiri qui entrera en fonction en 2019, ouvrent à l’export énergétique russe la voie à l’Est tandis que les USA essaient de lui bloquer la voie à l’Ouest vers l’Europe.

Perdant du terrain sur le plan économique, les USA jettent sur le plateau de la balance l’épée de leur force militaire et de leur influence politique. La pression militaire US en mer de Chine méridionale et dans la péninsule coréenne, les guerres des USA et de l’Otan en Afghanistan, les guerres au Moyen-Orient et en Afrique, le coup d’épaule des USA et de l’Otan en Ukraine et la confrontation consécutive avec la Russie, entrent dans la même stratégie de confrontation mondiale contre le partenariat russo-chinois, qui n’est pas seulement économique mais géopolitique. Y entre aussi le plan de miner les Brics de l’intérieur, en ramenant les droites au pouvoir au Brésil et dans toute l’Amérique latine. C’est ce que confirmait le commandant du U.S. Southern Command, Kurt Tidd, qui prépare contre le Venezuela l’« option militaire » brandie par Trump : dans une audition au Sénat, il accusait la Russie et la Chine d’exercer une « influence maligne » en Amérique latine, pour faire avancer là aussi « leur vision d’un ordre international alternatif ».

Manlio Dinucci

Traduction

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016.

Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

http://www.voltairenet.org/article197861.html

Poutine veut-il vraiment déstabiliser l’Occident ?

Poutine veut-il vraiment déstabiliser l’Occident ?


Tout comme il n’existe aucune preuve avérée que le Kremlin ait lancé une « attaque contre la démocratie » américaine en 2016, il n’y a pas de logique politique expliquant les raisons qui auraient motivé Poutine à lancer cette attaque.


Stephen F. Cohen

Par Stephen F. Cohen – Le 6 septembre 2017 – Source The Nation

Depuis plus d’une décennie, la politique des États-Unis conduit à une nouvelle Guerre froide avec la Russie. Si elle venait à être déclarée, cette guerre serait plus dangereuse que celle qui a opposé les USA et l’URSS pendant 40 ans. Quels que soient les critères qu’on lui applique, la nouvelle Guerre froide – ou le prolongement de l’ancienne – est maintenant au-dessus de nos têtes et les récents événements montrent bien quels en sont les dangers.


Dans le cadre des sanctions dont la phase actuelle a été initiée de façon peu judicieuse par le Président Obama en décembre 2016, l’administration Trump a séquestré plusieurs propriétés diplomatiques détenues par la Russie aux États-Unis. Ce qui s’est passé au consulat russe de San Francisco n’a pas de précédent. En violation des traités internationaux et bilatéraux ainsi que des normes générales de l’immunité diplomatique, les agents de sécurité étasuniens ont pénétré dans le bâtiment du consulat et l’ont perquisitionné. Le Président Poutine est mis sous pression chez lui pour réagir de « façon appropriée ». S’il ne le fait pas, l’inconcevable peut devenir possible : une totale rupture des relations diplomatiques entre les deux superpuissances du monde. (On se rappelle que Washington a refusé de reconnaître formellement la Russie soviétique pendant 15 ans, jusqu’à ce que le Président Franklin Roosevelt le fasse en 1933.)

À l’origine de cette quasi-suspension de la diplomatie étasunienne à l’égard de la Russie, il y a l’allégation – formulée par la réunion de plusieurs agences de renseignement dans une analyse publiée en janvier 2017 – selon laquelle Poutine aurait donné l’ordre de pirater le Comité du Parti démocrate (DNC) pour rendre publics les courriels susceptibles de saper la candidature d’Hillary Clinton et renforcer celle de Donald Trump. Bien qu’elle fasse toujours foi dans l’establishment politico-médiatique, cette analyse a été sérieusement remise en doute, en partie parce qu’elle ne contient aucune preuve vérifiable. En fait, certains experts estiment que le détournement des courriels du DNC n‘était pas dû à une opération de piratage à distance, mais à une fuite interne. (On peut se référer à l’intéressante confrontation des avis d’experts qui ont été mis en ligne le 1er septembre sur le site The Nation.com et que les médias grand public ont tout simplement ignorés).

Mais une deuxième allégation a été portée contre Poutine sur la base de l’analyse des agences de renseignement de janvier 2017, à savoir que cette « attaque portée contre la démocratie américaine » et qualifiée de « Pearl Harbor » politique, n’était qu’un élément de sa campagne internationale visant à « déstabiliser la démocratie » dans le monde, y compris dans les pays européens de l’OTAN. Malgré les rapports officiels de France et d’Allemagne selon lesquels le Kremlin n’a pas joué un rôle nuisible dans leurs élections, les journalistes et les politiciens américains, y compris de tendance libérale et progressiste, continuent d’insister sur le fait que Poutine est « en guerre » contre les démocraties européennes avec pour but de les « déstabiliser ». Ils le font soit pour renforcer « la résistance contre Trump », soit pour des motifs idéologiques qui relèvent de la russophobie, soit encore par besoin de diaboliser Poutine.

Aucune preuve historique ni aucune logique politique n’a été avancée pour justifier une mise en accusation aussi radicale de Poutine. Et pour cause :

  • Poutine a accédé au pouvoir en l’an 2000 avec pour mission de reconstruire, moderniser et stabiliser la Russie qui, dans la décennie qui a suivi la fin de l’Union soviétique, s’est trouvé réduite à un état de quasi-anarchie et de misère généralisée. Il y est parvenu, dans une large mesure, en développant de bonnes relations politiques et des relations économiques profitables avec l’Europe démocratique, notamment grâce au commerce fondé sur l’économie de marché.
  • La plus grande partie de son succès et de la popularité dont il jouit dans son pays, en tant que leader de la Russie pendant les 13 ans qui vont jusqu’à la crise ukrainienne de 2014, est basée sur l’expansion sans précédent des relations économiques de la Russie avec l’Europe et, dans une mesure moindre, avec les États-Unis. Pour prendre un exemple, la Russie a permis de couvrir un bon tiers des besoins en énergie de l’Union européenne, tandis que des milliers de producteurs européens, dans les domaines agricole et industriel, ont trouvé de vastes débouchés dans la Russie de Poutine, tout comme les Américains avec leur industrie automobile et leurs chaînes de fast food. Pas plus tard que 2013, le Kremlin employait une société américaine de relations publiques et recrutait Goldman Sachs pour aider la Russie à se faire une réputation de place sûre et profitable pour les investissements occidentaux.
  • De plus, une grande partie de la fortune des oligarques russes, qui est censée constituer la base de la puissance de Poutine, a été investie hors des limites du pays, y compris en Europe occidentale, au Royaume-Uni et même aux États-Unis. Pour donner un exemple, le club de baseball des Nets de New York et son stade de Brooklyn appartiennent à l’un des oligarques les plus riches de Russie, Mikhaïl Prokhorov.
  • Dans le même temps et jusqu’en 2014, Poutine s’est fait une place de partenaire à part entière parmi les leaders européens et même américains, en entretenant de bonnes relations de travail avec le Président Bill Clinton et (dans un premier temps) avec le Président George W. Bush.

Pourquoi donc Poutine voudrait-il déstabiliser les démocraties occidentales, qui ont financé de façon substantielle la renaissance de la Russie à la fois sur le plan interne et comme grande puissance à l’étranger, tout en l’acceptant comme leur partenaire légitime ? De toute évidence, ce n’est pas ce qui motive Poutine. En effet, dès l’origine, dans ses nombreux discours et écrits, que peu de journalistes américains se donnent la peine de consulter, il a constamment prêché la nécessité de la stabilité, aussi bien dans son pays qu’à l’étranger.

Les critiques acharnés de Poutine avancent les éléments suivants pour justifier leur argumentation selon laquelle il aurait été depuis longtemps « anti-américain » et « anti-occidental » :

  • Il s’est opposé à l’invasion de l’Irak par les troupes américaines, mais on sait que l’Allemagne et la France ont fait de même.
  • Il a fait une guerre éclair en 2008 dans l’ancienne république soviétique de Géorgie, mais une enquête européenne a montré que cette guerre a été lancée par le président de la Géorgie d’alors.
  • Poutine a été accusé à plusieurs reprises d’avoir ordonné l’assassinat de journalistes et d’opposants politiques, mais aucune preuve (ni logique) n’a été produite à l’appui d’aucune de ces accusations, sauf le fait qu’elles émanaient de ses ennemis politiques.
  • Poutine est accusé de poursuivre en Russie un certain nombre de politiques qui ne sont pas d’inspiration occidentale et sont jugées par conséquent anti-occidentales. Si l’on partageait ce point de vue, tous les « amis » et alliés de l’Amérique devraient mettre leur horloge à l’heure de l’Amérique aussi bien du point de vue historique que politique et social et partager avec elle son appréciation de ce qui est « correct ». Poutine réplique par le principe de « souveraineté », applicable sur le plan de la nation et de la civilisation. Chaque nation doit trouver sa propre voie à l’intérieur de ses propres traditions historiques et selon le niveau de consensus social. De plus, son concept de « souveraineté » le prédispose négativement à l’égard d’une intrusion flagrante dans la politique d’autres pays, contrairement à l’idéologie communiste qui a influencé les leaders soviétiques jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev en 1985.

Pour résumer, si Poutine avait quitté ses fonctions avant 2014, il l’aurait fait avec la réputation d’avoir été, pour le moins en Russie, un leader « pro-occidental ». Et il n’a généralement pas trahi cette réputation, ceci malgré l’avancée de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, malgré les politiques de « regime change » dans les pays limitrophes et malgré la critique permanente entretenue dans les hautes sphères du renseignement russe selon laquelle il se fait des « illusions au sujet de l’Occident » et est trop « mou » dans ses relations avec l’Ouest, notamment avec les États-Unis.

Tout a changé avec la crise ukrainienne de 2014, suite à laquelle Poutine a annexé la Crimée et soutenu les rebelles du Donbass dans la guerre civile ukrainienne qui s’est ensuivie. C’est à partir de ce moment qu’a été lancée l’allégation fracassante selon laquelle Poutine aurait cherché à mettre partout la démocratie en péril pour s’en prendre finalement à l’élection présidentielle de 2016. Il y a deux versions conflictuelles et par conséquent deux explications à ce qui s’est passé en Ukraine en 2014 :

  • Selon la première version, Poutine est intervenu sans se gêner dans le débat démocratique interne ukrainien sur la question de savoir si le président en place Viktor Ianoukovitch, devait signer un accord de partenariat économique avec l’Union européenne. Quand Ianoukovitch a demandé un délai pour prendre cette décision, Kiev a été le théâtre de manifestations de masse qui ont amené le président à fuir le pays en février 2014. Poutine s’est ensuite emparé de la Crimée et a poussé les rebelles de l’Est de l’Ukraine à empêcher le nouveau gouvernement de rejoindre l’Occident – l’Union européenne et si possible l’OTAN.
  • Selon la deuxième version, soutenue par les faits, Poutine a constaté que les manifestations – à l’origine pacifiques – dégénéraient en mouvements de rue violents et armés, qui avec l’appui de l’Occident ont chassé de son poste le président de l’Ukraine élu constitutionnellement. Le gouvernement ultra-nationaliste et anti-russe mis à sa place a lancé des menaces contre les Russes de souche dans l’Est de l’Ukraine ainsi que contre la base navale russe en Crimée et la population majoritairement russe de cette province. Dans ces circonstances, qui se sont imposées à lui, Poutine n’avait pas le choix et a agi comme l’aurait fait pratiquement tout leader du Kremlin.
  • Il faut rappeler un épisode vital mais oublié qui a pris place au milieu de la crise de février 2014 à Kiev. Les ministres des affaires étrangères de trois pays de l’UE (France, Allemagne, Pologne) ont permis la conclusion d’un compromis pacifique entre le Président ukrainien et les leaders des partis des insurgés. Ianoukovitch a admis la tenue d’une élection présidentielle anticipée et la formation d’un gouvernement de coalition avec les leaders d’opposition pendant l’intérim. En bref, une solution pacifique était trouvée à la crise. Dans une conversation téléphonique, le Président Obama a déclaré à Poutine qu’il soutiendrait cet accord, mais celui-ci est mort en l’espace de quelques heures quand il a été rejeté par les forces ultra-nationalistes descendues dans la rue et occupant les bâtiments. Ni Obama, ni les ministres européens n’ont fait une tentative pour sauver l’accord. Au contraire, ils se sont totalement rangés aux côtés du nouveau gouvernement qui est venu au pouvoir par une violente révolte de rue.
  • Qui donc, demande Cohen, a « déstabilisé » ce qui restait de la démocratie ukrainienne, si imparfaite et corrompue fût-elle, et pourtant légitime et constitutionnelle : Poutine ou les leaders occidentaux qui ont laissé tomber l’accord qu’ils avaient eux-mêmes négocié ?

La suite qui appartient maintenant à l’Histoire nous rapproche de plus en plus d’une nouvelle et dangereuse Guerre froide. Elle nous plonge aux États-Unis dans le « Russiagate », avec ses allégations dénuées de preuve et de logique et nous confronte à San Francisco à des violations sans précédent de l’ordre diplomatique, sans parler de ce qui peut arriver de pire. L’Amérique est plus proche de la guerre avec la Russie qu’elle ne l’a jamais été, certainement depuis la crise des missiles de Cuba en 1962. Et pourtant, les pourfendeurs de Poutine et autres russophobes, les forces puissantes qui dans les hautes sphères du pouvoir ont un intérêt géopolitique et financier à l’escalade de la Guerre froide, tous continuent de pousser à la roue, en compagnie des libéraux et des progressistes qui veulent « faire la peau de Trump à tout prix ». Ils pourront tourner en dérision mon analyse de la situation, alors que celle-ci est basée sur des faits historiques et politiques avérés, ce dont ils ne peuvent pas se prévaloir, et sur un souci plus profond qu’ils n’en éprouvent eux-mêmes de ce qu’est la véritable sécurité nationale américaine.

Stephen F. Cohen

 

http://lesakerfrancophone.fr/poutine-veut-il-vraiment-destabiliser-loccident

 

Le véhicule du Jugement dernier: pourquoi la défense russe commande des Terminators

Le véhicule du Jugement dernier: pourquoi la défense russe commande des Terminators

Le véhicule du Jugement dernier: pourquoi la défense russe commande des Terminators

© Sputnik. Grigory Sysoev

Défense

13:15 25.08.2017(mis à jour 17:39 25.08.2017) URL courte
54886461

Le ministère russe de la Défense a enfin décidé de commander un lot de véhicules de combat et de soutien des chars (BMPT) Terminator, jusqu’à présent destinés uniquement aux exportations. Les Terminators sont des appareils nouveaux et assez intéressants au combat, qui n’ont pratiquement aucun équivalent dans le monde.

Même si leur objectif principal est de protéger les chars contre les troupes et les lance-roquettes de l’ennemi, les BMPT sont des véhicules polyvalents et redoutables pour n’importe quel adversaire. Il n’est pas exclu qu’ils puissent aussi servir, à l’avenir, de base pour la conception de robots de combat terrestres. Son haut degré d’automatisation et ses armes puissantes font de cet appareil un boucher impitoyable. Sputnik se penche sur l’avenir des BMPT dans l’armée russe et les raisons pour lesquelles le ministère de la Défense n’a décidé de les acheter qu’après les avoir testés en Syrie.

Un «garde du corps» pour les chars

L’objectif de protéger les chars lourds et manquant de visibilité face à l’infanterie agile de l’ennemi est apparu parallèlement à la création de ces engins puissants, et reste toujours pertinent. Si l’équipage d’un char est capable de remarquer à distance un véhicule de l’ennemi et de l’éliminer à l’aide de son canon, il lui est beaucoup plus difficile de repérer un soldat qui se cache dans un égout et est souvent en mesure de tirer sa roquette le premier. Les Allemands ont rapidement appris cette leçon en 1941: ils se sont mis à installer des filets métalliques au-dessus de leurs chars pour que les bouteilles d’essence jetées depuis les tranchées soviétiques ne puissent pas atteindre leurs véhicules.

Mais ces bouteilles n’étaient pas la menace la plus importante. Les équipages soviétiques ont connu des temps beaucoup plus durs en 1945 à Berlin, quand les garçons des Jeunesses hitlériennes ont brûlé des dizaines de T-34 et d’IS à l’aide de leurs panzerfaust (des petits lance-grenades antichars à un coup). Les équipages expérimentés qui avaient combattu pendant des années et éliminé beaucoup de Tigres allemands ont subi une mort absurde délivrée par des écoliers allemands. Le commandement soviétique a rapidement tiré les conclusions nécessaires: il ne fallait pas envoyer les chars dans les villes. Malheureusement, cette expérience négative a été vite oubliée et Moscou a commis les mêmes erreurs en Afghanistan et en Tchétchénie.La protection des chars contre l’infanterie peut être partiellement assurée par un moyen qui a déjà fait ses preuves: envoyer derrière les blindés des unités équipées de fusils d’assaut pour assurer l’observation et le nettoyage du territoire. Cette tactique assez efficace est toujours utilisée, mais elle a plusieurs inconvénients. Premièrement, l’infanterie est assez lente — ce qui freine l’offensive des chars. Deuxièmement, elle peut elle-même être ciblée par l’ennemi. C’est exactement pour ces raisons qu’on a conçu le Terminator: ce combattant métallique universel doit déblayer le chemin pour le groupe blindé d’assaut.

Les Terminators permettent aux équipages des chars de ne plus se soucier de la zone de proximité pour se concentrer sur la destruction des cibles larges, des blindés et des fortifications de l’ennemi. Les BMPT se chargeront efficacement de tout le travail noir et seront toujours là, tels des gardes du corps professionnels. Qui plus est, les Terminators sont en mesure de combattre l’infanterie mais pas seulement: la liste de leurs cibles potentielles est très diversifiée.

Un guerrier solitaire

L’intégration de ces appareils aux unités de chars permet de créer un groupe blindé d’assaut réunissant des moyens de combat spécialisés: les chars détruisent les bâtiments et les blindés alors que les BMPT éliminent l’infanterie, les systèmes antichars et les cibles légèrement blindées. Qui plus est, les Terminators peuvent agir de manière indépendante: renforcer les troupes, protéger les sites et les convois, liquider de manière ponctuelle les terroristes situés en haut des bâtiments.

Le T-14 Armata
© Sputnik. Владимир Астапкович

Les équipements de ces véhicules de combat sont impressionnants: protection balistique à 360°, moyens efficaces de repérage des cibles, système automatisé de tir, armes guidées de haute précision (notamment des missiles supersoniques), et armes automatiques puissantes munies de grandes réserves de munitions.Deux canons automatiques rapides de 30mm 2A42 (qui font partie des équipements des hélicoptères Mi-8) peuvent tirer des obus à fragmentation ou de rupture capables de détruire n’importe quelle cible à une distance de 4 km. Leurs réserves de munitions se chiffrent à deux lots de 850 obus chacun. Les Terminators sont également munis de quatre missiles guidés supersoniques Ataka-T avec des ogives cumulatives et thermobariques, ainsi que de deux lance-grenades automatiques de 30mm AG-17D disposant d’un stock de 300 grenades chacun. Les concepteurs n’étaient visiblement pas certains que cet arsenal serait suffisant: ils y ont ajouté une mitrailleuse de 7,62mm.

Les optiques puissantes et le viseur thermique de ces appareils leur permettent d’éliminer efficacement jour et nuit les tireurs d’élite, ainsi que des unités d’infanterie munies de missiles antichars, de lance-roquettes et de mitrailleurs. Au combat, il est impossible d’éviter les Terminators: ils sont capables de supprimer par le feu les forces de l’ennemi à 360°. Les concepteurs ont obtenu ce résultat grâce à l’intégration d’un véritable cerveau mécanique à l’appareil — un système multicanal de tir. Les armes sont contrôlées à distance et se trouvent hors du compartiment de l’équipage sur une mini-tourelle. L’équipage du véhicule modernisé BMPT-72 Terminator 2 compte trois personnes. Les appareils de visée permettent au commandant du véhicule de repérer les chars de l’ennemi à une distance de 5 km.

Le baptême du feu syrien

Malgré les caractéristiques uniques des BMPT, le ministère russe de la Défense a longtemps hésité à en acheter, prenant son temps pour observer et considérer ses options. Les raisons de ces hésitations étaient multiples: les équipages trop importants, des caractéristiques visiblement trop bonnes pour être réelles, etc. On prévoyait initialement d’équiper une compagnie de l’armée de terre en BMPT avant 2010, mais l’appareil n’a pas été mis en service. De 2011 à 2013, un lot de dix Terminators a été livré au Kazakhstan. Le ministère ne voulait pourtant pas renoncer définitivement aux BMPT: en 2013 il a lancé un cursus spécial consacré à leur application de combat pour les enseignants de l’École supérieure des troupes aéroportées de Riazan.

Selon les experts, les militaires, conservateurs par nature, ne comprenaient pas tout à fait l’utilisation potentielle de ces nouvelles armes. Au final, un Terminator 2 a été envoyé en Syrie pour des essais. Cet été, il a été présenté par Valeri Guerassimov, chef de l’état-major général de l’armée russe, au président syrien Bachar al-Assad lors de sa visite à la base russe de Khmeimim. Aujourd’hui que le Terminator a fait ses preuves en Syrie, il peut désormais rejoindre les forces armées russes.

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Folie de Russie

Folie de Russie


Par James Howard Kunstler – Le 4 août 2017 – Source kunstler.com
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L’hystérie au sujet de la Russie est devenue une psychose nationale totale à un moment de l’histoire où un éventail complet de problèmes représente une menace réelle pour le bien-être de l’Amérique. La plupart d’entre eux ont à voir avec l’image d’un cygne symbolisant le pays, plongeant vers la faillite, mais les affronter honnêtement forcerait à des choix inconfortables pour les initiés et les lâches du Congrès. Pendant ce temps, le département du Trésor brûle ses réserves de trésorerie qui diminuent, et toutes les activités gouvernementales feront face à un blocage à la fin de l’été, à moins que le Congrès ne vote pour augmenter le plafond de la dette – ce qui pourrait être beaucoup plus difficile que de passer la loi stupide sur les sanctions contre la Russie.

Ce projet de loi, vaillamment appelé The Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act, ne fera qu’exploser au visage de l’Amérique. Le commerce réel de ce pays avec la Russie est négligeable, mais le projet de loi vise à interrompre et à punir le commerce des Européens, en se concentrant sur le pétrole et le gaz naturel dont ils ont désespérément besoin. Principalement, le projet de loi américain vise à interrompre un gazoduc sous la mer Baltique qui contournerait plusieurs pays baltes actuellement utilisés par l’Amérique – sous la bannière de l’OTAN – comme lieux de rassemblement pour des jeux de guerre inutiles et provocants sur les frontières russes.

L’Allemagne ne va pas rester sans rien faire, et qu’on l’aime ou pas, c’est la paille qui remue la boisson européenne. Les sanctions prévoient d’isoler la Russie, mais l’effet sera seulement d’isoler les États-Unis. L’Europe se moquera de la mesure qui influe sur leurs prérogatives souveraines pour commercer comme bon lui semble. Et la Russie peut se retourner et vendre tout le gaz naturel qu’elle souhaite à ses clients en Asie. Le rôle caché de l’industrie américaine du gaz est laissé dans l’ombre par ses crétins de médias américains. Cette industrie pousse les sanctions afin qu’elle puisse vendre du gaz liquéfié à l’étranger – ce qui aura pour conséquence d’augmenter le prix du gaz pour les clients américains qui doivent chauffer leurs maisons.

Cette loi stupide prétend être un levier pour améliorer les relations entre les États-Unis et la Russie, mais elle est en fait conçue pour rendre les relations bien pires. Dans l’intervalle, la matrice du Deep State militaire et des services de renseignement des États-Unis génère de nouvelles crises et confrontations sans aucune raison dans l’absolu. Il s’agit par exemple de fourguer des armes à l’Ukraine afin de pouvoir intensifier les conflits dans la région orientale, le Donbass, en bordure de la Russie. Le projet de loi sur les sanctions rendra également impossible aux États-Unis et à la Russie de coordonner la fin du conflit en Syrie. Quoi qu’il en soit, les stratèges de l’État profond des départements d’État, de la Défense et des service de renseignement sont tacitement déterminés à créer un autre État défaillant en y assurant un chaos continu.

Une autre conséquence intéressante imprévue du projet de loi sur les sanctions est que cela ne fera qu’intensifier les efforts de la Russie, déjà bien avancés, pour produire elle-même de nombreux biens qu’elle importe actuellement. Le remplacement des importations, comme on appelle ce processus, est en fait la même dynamique qui a conduit à la montée des États-Unis comme grande puissance industrielle au XIXe siècle, de sorte que le projet de loi ne sert qu’à inciter la Russie à diversifier et renforcer son économie.

Alors, qu’est-ce que M. Trump pensait exactement quand il a signé le projet de loi sur les sanctions russes « profondément imparfait » (ses mots), vomi comme une boule de poils par le Congrès ? C’est une loi ridicule quel que soit l’angle. Cela limite les prérogatives établies par le président pour négocier avec des nations étrangères (probablement inconstitutionnellement) et cela ne va seulement provoquer que des conflits économiques (au minimum) contre les États-Unis qui peuvent facilement déboucher sur le bouleversement des relations commerciales mondiales. Certains observateurs disent qu’il a dû le signer parce que le vote du Congrès était tellement écrasant (419 à 3) qu’un veto de Trump aurait été balayé. Mais le veto aurait eu, du moins, une valeur symbolique dans l’esprit jacksonien que Trump a prétendu vouloir imiter au début de son mandat. Peut-être voit-il la fin du jeu mené par l’État profond et qu’il est fatigué de résister.

Sur le front intérieur, la paranoïa anti-Russie est au centre de l’enquête approfondie de Robert Mueller sur Trump et ses associés politiques alors qu’il appelle un grand jury fédéral pour entendre des témoignages – ce qui implique qu’il est prêt. Cela ouvre toutes sortes de possibilités pour poursuivre tous les méfaits, comme par exemple, chaque opération commerciale faite par Trump comme citoyen privé avant de se précipiter pour devenir le président, et forcer les intimes de Trump à négocier une immunité en échange de témoignages, réels ou préparés, pour permettre la réalisation de l’objectif ultime de l’establishment, virer Trump.

L’histoire de « l’ingérence russe dans notre élection » n’a pas produit de preuve crédible après une année complète – et parler aux diplomates étrangers n’est pas un crime – mais l’histoire de l’ingérence de la Russie se déroule parfaitement bien et peut accomplir son objectif sans avoir de preuves. Le seul fait de répéter « ingérence russe » cinq mille fois sur CNN a certainement incité de nombreux citoyens mal informés à croire que la Russie a changé les chiffres dans les machines de vote américaines bien que, en fait, les machines à voter ne soient pas connectées à Internet.

Tout ce comportement politique psychotique prépare la montée d’un nouveau parti, ou plus, composé d’hommes et de femmes qui n’ont pas perdu leur esprit. Je suis sûr qu’ils sont là-bas. Beaucoup de traces sur Internet témoignent de l’existence d’une conscience politique supérieure et meilleure dans ce pays. Elle n’a tout simplement pas trouvé le moyen de se cristalliser. Pas encore.

James Howard Kunstler

 

http://lesakerfrancophone.fr/folie-de-russie

 

L’Europe face aux sanctions américaines Par Xavier Moreau

2 commentaires

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  • Nord
    Chaque état la composant jouera ses intérêts particuliers, comme d’habitude, et l’UE ne pourra donc adopter aucune position qui défende vraiment les intérêts de la soi-disant union. Vaste blague que ce « machin »…
    Nord il y a 4 jours
  • Morbihan
    Excellente analyse.  Comme d’hab.
    Morbihan il y a 4 jours
  • http://www.stratpol.com/sanctions

Revue de presse nationale et internationale.

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