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Tunisie-Chine : la Route de la Soie pourrait se transformer en « jackpot » pour l’économie tunisienne

Tunisie-Chine : la Route de la Soie pourrait se transformer en « jackpot » pour l’économie tunisienne

© Chine Nouvelle (Xinhua)Tun, le 02/09/2017 18:18

 

Bien que rétablies diplomatiquement depuis uniquement 53 ans, les relations entre la Tunisie et la Chine sont beaucoup plus anciennes et solides puisque, à l’époque, Carthage la phénicienne (300 av. J-C) commerçait déjà avec la Chine, a souligné l’ancien ambassadeur de Tunisie en Chine, Sahbi Basly, dans une interview exclusive à l’Agence de presse Xinhua.

Actuel président du Conseil de coopération tuniso-chinoise (CCTC), Sahbi Basly voit que « ces relations historiques se fondent sur des paramètres fondamentaux voire même intouchables particulièrement la non-ingérence dans les affaires intérieures (…) la Tunisie était depuis longtemps solidaire avec la Chine unique ».

Il faut bien reconnaître, a appuyé Sahbi Basly, que « c’est bien la Chine qui a sorti en aide à la Tunisie avant même l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays notamment lors des inondations de 1969 outre la présence depuis plus de 40 ans de missions médicales chinoises opérant sur le sol tunisien ».

Et d’ajouter que la Chine contribue également au développement global en Tunisie via certains mégaprojets à commencer par des barrages situés dans le nord-ouest du pays jusqu’à – plus récemment – une maison de culture à Menzah dans le grand-Tunis.

« Force sera de mentionner, a-t-il fait rappel, que la première visite dans les années 1960 de Zhou Enlai en Afrique avait commencé par la Tunisie (…) aujourd’hui, avec la nouvelle démarche du président Xi Jinping autour de la Route de la Soie, la Tunisie devrait avoir intérêt à promouvoir davantage son héritage historique, culturel, politique et économique avec la Chine ».

« Le tourisme demeure, certes, l’un des piliers stratégiques de la Route de la Soie qui favorise non seulement des rapports économiques mais surtout des rapports sociaux et culturels (…) la Chine veut se faire comprendre par le reste du monde ».

Selon l’ancien ambassadeur tunisien, « si jamais la Chine échouait auparavant dans certaines régions en Afrique ou en Moyen-Orient, un faussé culturel en est la principale raison (…) la Chine veille farouchement à résoudre ce problème via une des initiatives comme celle de la Route de la Soie ».

« Il s’agit d’une parfaite approche économique solidaire de développement autant plus que pareille initiative encourage le contact humain universel d’où la promotion culturelle et touristique entre la Chine et son environnement extérieur ».

Récemment, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemais Jhinaoui, a effectué une visite officielle en Chine en marge de laquelle, il a confirmé dans un entretien exclusif avec Xinhua que son pays se veut pleinement engagé dans l’initiative mondiale « Belt and Road » proposée par la Chine et disposée à faire partie des projets de coopération prévus sous cette initiative.

Cette visite, a commenté l’ancien diplomate tunisien, « constitue une étape importante dans la restauration du dialogue entre la Tunisie et la Chine à moins que les déclarations

d’intentions n’est pas suffisante à la lumière de cette mondialisation féroce et ce besoin des populations à davantage de prospérité et de solidarité dans la distribution de la richesse ».

« Nous avons des partenaires européens, certes, mais cela n’exclut pas le bénéfice d’avoir d’autres partenaires de poids à l’instar de la Chine (…) tout dépendra de la volonté politique de la Tunisie« .

Pour Sahbi Basly, « la Chine et la Tunisie bénéficient d’un potentiel d’amitié et de réciprocité outre un capital de confiance que je considère, personnellement sous-exploités (…) et ce, afin que l’économie tunisienne puisse redémarrer après six ans de ralentissement ».

Etant en connaissance de cause, le président du Conseil de coopération tuniso-chinoise (CCTC) pense que « la Tunisie doit aller au-delà de la juste adhésion aux principes de la Route de la Soie pour en passer à la signature d’accords, être présente sur le terrain et concrétiser toutes les déclarations d’intentions ».

En effet, une importante délégation chinoise vient de parachever une visite en Tunisie, précisément à la zone économique de Zarzis (sud-est tunisien) « qui doit être le principal promoteur de développement de toute la région impliquant six provinces », a encore fait savoir Sahbi Basly.

S’arrêtant sur les avantages potentiels que devrait avoir l’économie tunisienne dans le cadre d’une ouverture sur les investissements chinois, M. Basly se veut persuadé que le nouveau Code des investissements (approuvé à la mi-2017) favorisera l’instauration d’un climat fertile aux investisseurs chinois.

« Il ne faut surtout pas avoir peur quant à la protection du produit tunisien en fermant le marché aux investisseurs étrangers notamment nos amis chinois qui ont le potentiel nécessaire pour contribuer à la relance de l’économie tunisienne », a dit l’ancien ambassadeur de Tunisie en Chine.

D’après lui, « la Tunisie a vraiment besoin d’une certaine synergie positive (…) jusque-là, nos planificateurs et économistes ont eu peur de pouvoir protéger le tissu économique tunisien alors que – bien au contraire – plus un pays soit ouvert plus il attire des investissements et améliore son produit ».

Quant à la Chine, a-t-il poursuivi, « elle a pu faire tout cela pour ainsi en devenir une locomotive économique mondiale dans les domaines spatial, technologique, immobilier, agroalimentaire, automobile, etc. »

Tout cela, a insisté Sahbi Basly, « ne révèle pas du hasard plutôt d’une approche visionnaire de la Chine qui a permis aux entreprises étrangères de débarquer pour ainsi créer sa propre dynamique économique d’où, par conséquent, la mise à niveau des entreprises chinoises ».

Dans cet ordre d’idée, l’ancien ambassadeur tunisien réalise que son pays pourrait tirer profit d’une nouvelle phase franchie par la Chine fondée, selon lui, sur un « niveau économique plus élevé et une industrie délocalisée ».

Effectivement, a-t-il résumé, « la Tunisie pourrait jouer un rôle dans la délocalisation des industries manufacturières chinoises du fait que le coût de production chinois est plus cher que celui en Tunisie, ce qui était l’inverse dix ans auparavant.

Sahbi Basly estime dans ce sens que « la Route de la Soie va de pair avec cette tendance et cette démarche chinoise au service d’une économie et un partenariat solidaires avec d’autres pays qui en partagent la même vision dont la Tunisie qui, l’espérons ardemment, devrait figurer parmi les Etats signataires de charte de la Route de la Soie ».

Début de l’année en cours, la Tunisie a décidé d’exonérer les touristes chinois de visa d’entrée. Une décision séduisante aux yeux d’un touriste chinois désireux de venir découvrir ce pays qui joint harmonieusement trois aspects exceptionnellement métissés à savoir nord-africain, arabo-musulman et méditerranéen.

Par rapport à la destination tunisienne, « la Tunisie se veut dans l’obligation de bien préparer l’infrastructure adéquate et, améliorer son produit touristique et met en valeur ses véritables richesse pour ainsi s’adapter aux spécificités du Touriste chinois, qui est le plus souvent un bon consommateur et bien cultivé », a estimé M. Basly.

Ce dernier, a-t-il précisé, « s’intéresse bien évidemment aux monuments historiques et tend davantage à s’ouvrir sur d’autres cultures et bien comprendre l’histoire pour ainsi mieux l’intégrer ».

A titre d’exemple, Sahbi Basly prévoit atteindre 300 millions de touristes chinois à l’horizon de 2020 à travers le monde: « si jamais la Tunisie pourrait en attirer juste un million, on aura un jackpot touristique ».

Le tiers du déficit commercial de la Tunisie vient de la Chine soit environ 3 milliards de dinars, a indiqué l’ancien ambassadeur tunisien. Décembre dernier, a-t-il fait rappel, la BCT (Banque centrale de Tunisie) a essayé d’atténuer ce gap sous prétexte que nous payons cette dette en dollar américain et ce, via une opération avec nos amis chinois afin de bien pouvoir, à la limite, épargner ce déficit en l’échangeant en monnaie échangeable entre la Tunisie et la Chine ».

Parmi les mesures entreprises par la Banque centrale tunisienne depuis février dernier figure l’introduction du Yuan chinois dans son panier de devises étrangères. Une décision qui vient soutenir les exportations tunisiennes et garantir une présence plus visible sur le marché financier chinois.

https://chine.in/actualite/cn/tunisie-route-soie-pourrait_101789.html

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