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Jean-Michel Quatrepoint : « La vente d’Alstom était un scandale écrit d’avance

Source : Le Figaro Vox, Jean-Michel Quatrepoint, 29/09/2017

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Pour Jean-Michel Quatrepoint, la vente d’une partie d’Alstom à Siemens était écrite. Un empire industriel a été détruit en quelques années, faute de volontarisme politique. Selon lui, les promesse d’ «alliance entre égaux» ne seront pas tenues.

Jean-Michel Quatrepoint est journaliste économiste. il a travaillé entre autres au Monde, à La Tribune et au Nouvel Economiste. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont La Crise globale en 2008 qui annonçait la crise financière à venir. Son dernier livre, Alstom, scandale d’Etat a été publié en septembre 2015.

FIGAROVOX.- Après la vente des activités énergie d’Alstom à General Electric, vous aviez dénoncé cette opération, en 2015, dans nos colonnes, puis à travers un livre, Alstom, un scandale d’Etat. La fusion d’aujourd’hui entre les activités ferroviaires d’Alstom et celle de Siemens était-elle écrite?

Jean-Michel QUATREPOINT.- Elle l’était. Dès le mois de mars 2015, le patron de Siemens déclarait que «dans le domaine du transport, une consolidation entre entreprises européennes reste encore possible».

À partir de ces propos, j’écrivais dans «Alstom, scandale d’État»: «dans un an, dans cinq ans, c’est inéluctable, Alstom Transport devra acheter ou se faire racheter. Siemens sera peut-être de la partie. Alstom n’ayant pas les moyens financiers, même avec le cash reçu de GE, de procéder à une grande acquisition, il lui en faudra passer par une alliance qui ressemblera fort à une vente. La boucle sera bouclée.»

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que sur ces marchés mondiaux, seuls les conglomérats ont pu, et peuvent s’en sortir. Il faut avoir plusieurs activités, afin d’optimiser les réseaux commerciaux, la gestion financière, les relations avec les donneurs d’ordre. En se démantelant peu à peu, Alcatel Alstom était condamnée, un jour ou l’autre, à disparaître.

Dans les années 90, Alcatel Alstom était un leader mondial, un conglomérat, un empire patiemment construit en quelques décennies. Un conglomérat, un empire patiemment détruit en moins de vingt ans.

Dans les années 90, Alcatel Alstom était un leader mondial dans les Télécoms, les câbles, l’ingénierie (Cegelec), l’énergie, le ferroviaire et les chantiers navals avec les Chantiers de l’Atlantique. Un conglomérat, un empire patiemment construit en quelques décennies. Un conglomérat, un empire patiemment détruit en moins de vingt ans.

Mais on nous annonce un mariage entre égaux dans le ferroviaire, et aussi entre STX et Fincantieri, et l’État se félicite de ces opérations…

C’est à chaque fois, la même comédie de communication. Alliance entre égaux, maintien de l’emploi et des centres de décision, création d’un champion européen, d’un Airbus du ferroviaire, du naval, etc.

Si ce discours stéréotypé, ces éléments de langage ont pu convaincre hier, aujourd’hui cela devient plus difficile. Chat échaudé craint l’eau froide! Car les promesses – je pense à celles autour d’Alcatel faites par Lucent, puis par Nokia ; à celles de General Electric ; à celles, dans un autre domaine, de Holcim dans la fusion avec Lafarge – ne sont généralement jamais tenues.

Là aussi, c’est de la communication pour faire passer la pilule et pour permettre à celui qui se vend, et au gouvernement français, de ne pas perdre la face.

Cependant l’État avait pris 20 % dans Alstom Transport, pour veiller justement à ce que cet accord avec GE dans les co-entreprises soit équilibré?

Encore une fois, ce n’était qu’un habillage médiatique. Pour éviter de faire perdre la face à Arnaud Montebourg. Bercy était contre. L’État n’a d’ailleurs pas acheté les 20 % dans Alstom, mais loué les titres à Bouygues qui détient 30 %, avec une option d’achat qui expire le 17 octobre 2017, au prix de 35 euros l’action. Mais l’État n’a plus d’argent, ou plutôt le gouvernement et surtout Bercy ne veulent en aucun cas débourser 3 milliards d’euros pour être minoritaire.

Il n’y a pas de fusion entre égaux. Il y en a toujours un qui rachète et un qui est racheté. Il y en a toujours un qui dirige, impose sa vision stratégique, et l’autre, minoritaire, qui doit plier.

Bref, l’option ne sera pas levée, Bouygues va garder ses 30 %, le temps d’encaisser le produit de la vente des participations d’Alstom dans les co-entreprises avec GE. Cette opération va se faire d’ici à octobre 2018 et les actionnaires toucheront 8 euros par action.

Ensuite, selon toute vraisemblance, la fusion avec Siemens sera l’occasion pour Bouygues de sortir définitivement d’Alstom, avec même une plus-value et de tirer un trait sur une aventure d’une douzaine d’années.

Il n’y a pas de fusion entre égaux. Il y en a toujours un qui rachète et un qui est racheté. Il y en a toujours un qui dirige, impose sa vision stratégique, et l’autre, minoritaire, qui doit plier. On a essayé de nous faire croire, pendant quelques mois que les co-entreprises créées entre GE et Alstom étaient à 50/50, c’était un mensonge. En réalité, General Electric a tous les pouvoirs et les exerce.

Ainsi, le groupe américain […]

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Interview de Charles Gave : L’or, l’euro, les risques pour les épargnants et investisseurs

Interview de Charles Gave : L’or, l’euro, les risques pour les épargnants et investisseurs

Publié par Fabrice Drouin Ristori | 28 sept. 2017 | Articles

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “Des Lions menés par des ânes” où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal. Il est aussi le président du think tank libéral Institut des Libertés, qu’il a fondé en 2012.

 

Fabrice Drouin Ristori : Bonjour M. Gave, merci d’avoir accepté de répondre à cette interview.

Mes questions concernent principalement les risques que vous identifiez, à l’heure actuelle, comme pouvant impacter les épargnants et investisseurs, ainsi que vos recommandations pour s’en protéger.

Commençons par les risques ; quels sont ceux que vous identifiez comme majeurs pour les épargnants et investisseurs européens ?

Charles Gave : Ne nous voilons pas la face : nous sommes dans une période sans précédent historique. Si le taux d’intérêt est là pour nous protéger de « l’incertitude du futur », alors avoir des taux d’intérêt négatifs veut dire que le futur est plus « certain » que le présent, ce qui est philosophiquement idiot. Nous sommes dans une période où l’illogisme domine, et donc demander de prévoir ce qu’il va se passer et qui est en danger est logiquement impossible.

 

Fabrice Drouin Ristori : Que pensez-vous de la situation bancaire en Europe ? Doit-on se préoccuper de la solidité des banques et des différentes mesures prises par l’Europe pour éventuellement saisir les fonds des épargnants ? Pensez-vous que nos dirigeants iront au bout de cette logique en cas de crise ?

Charles Gave : Les banques européennes sont dans une situation désespérée et les gouvernements feront tout ce qui est en leur pouvoir pour les maintenir à flot. Il faut garder le minimum de cash dans les banques, car le cash sera saisi. Les titres et les OPVCM seront beaucoup plus difficiles à saisir. Et il vaut mieux avoir son cash en euro dans une banque à Londres ou à Genève qu’en France ou en Italie.

 

Fabrice Drouin Ristori : Les assurances-vie vous semblent-elles un placement sûr dans ce contexte ?

Charles Gave : Tout dépend du sous-jacent. Si le sous-jacent est constitué d’obligations françaises, italiennes ou espagnoles, on peut craindre le pire. Si le sous-jacent est constitué de belles actions internationales, rien à craindre.

 

Fabrice Drouin Ristori : Pensez-vous que l’euro puisse survivre encore longtemps sous sa forme actuelle, et quelles seraient les conséquences de son éclatement éventuel pour les épargnants ?

Charles Gave : Les économies européennes, et en particulier celles de la France et de l’Allemagne, ne cessent de diverger. Tout système qui diverge finit toujours par exploser. Le jour où l’euro disparaît, l’Allemagne fait faillite et ce, d’autant plus, que son industrie est totalement orientée vers les voitures, dont la demande va s’effondrer dans les 10 ans qui viennent. Par contre, l’Europe du sud connaîtra un boom sans précédent.

 

Fabrice Drouin Ristori : Dans un article publié par votre société de conseil Gavekal, disponible sur Zerohedge, vous recommandez désormais l’investissement dans l’or (entre autres). Pouvez-vous nous en expliquer la logique, notamment géopolitique au regard de ce que la Chine est en train de mettre en place ?

Charles Gave : Les autorités chinoises se rendent compte que la situation actuelle est sans doute intenable et qu’une crise financière nous guette peut-être. Du coup, elles font monter en puissance aussi vite qu’elles le peuvent le yuan comme monnaie internationale de paiement. Si un pays comme l’Arabie Saoudite, par exemple, avait des excédents de yuan : comme le yuan n’est pas convertible directement, la Chine offrirait d’en échanger contre la valeur en or, dont la Chine est le plus gros producteur mondial.

En cas de crise, la zone asiatique sera la zone de stabilité, alors que le reste du monde connaîtra d’extraordinaires soubresauts.

C’est une façon fort habile de réintroduire l’or dans le système des paiements internationaux.

C’est potentiellement une bonne nouvelle pour l’or, mais surtout pour les mines d’or, qui bénéficieraient énormément d’une stabilité durable du prix du métal jaune.

 

Fabrice Drouin Ristori : Anticipez-vous un changement majeur de système monétaire dans les 5-10 années à venir ?

Charles Gave : Le vrai danger est sans doute qu’un certain nombre de pays, surtout en Europe, risquent d’avoir à réintroduire le contrôle des changes, voire des spoliations pures et simples.

Dans cet esprit, il faut privilégier les placements dans les pays où l’état de droit règne, c’est-à-dire dans des pays où la Reine d’Angleterre figure sur le billet de banque (GB, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande). Seuls ces pays sont juridiquement sûrs.

 

Fabrice Drouin Ristori : Quelles mesures doit prendre la France pour récupérer son indépendance monétaire, et économique et se préparer au mieux au changement de paradigme vers un monde multipolaire ?

Charles Gave : Une monnaie s’appuie sur une nation. L’Europe n’est pas une nation et, donc, l’euro n’est pas une monnaie.

La France, ayant perdu sa souveraineté monétaire, n’a plus ni souveraineté budgétaire ni souveraineté sur sa constitution, ni sur qui peut ou ne peut pas vivre en France.

Aucun progrès à espérer tant que l’euro sera présent. Perdre sa souveraineté monétaire, c’est perdre sa souveraineté partout.

 

https://www.goldbroker.fr/actualites/interview-charles-gave-or-euro-risques-epargnants-investisseurs-1198

[Vidéo] Interview de Vladimir Poutine par le Figaro

Source : Le Figaro, Youtube, 30-05-2017

Après sa première rencontre avec Emmanuel Macron à Versailles, le président russe a accordé un entretien exclusif au Figaro. Il donne sa vision de la défiance qui sépare Russes et Occidentaux, parle de l’Ukraine et de la Syrie, et qualifie de «fiction» les soupçons d’ingérence dans les élections américaine ou française.

Source : Le Figaro, Youtube, 30-05-2017

 

http://www.les-crises.fr/video-interview-de-vladimir-poutine-par-le-figaro/

Revue de presse nationale et internationale.

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