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En France, le droit au blasphème est sacré

En France, le droit au blasphème est sacré

 

André Versaille publie en ce moment un feuilleton sur le site du Monde, intitulé: « Les musulmans ne sont pas des bébés phoques »

Nous sommes, aujourd’hui, confrontés à des comportements culturels et religieux musulmans dont plusieurs sont en contradiction avec nos valeurs. « Intérioriser la sensibilité » musulmane majoritaire, comme le propose Tariq Ramadan, impliquerait pour les sociétés d’accueil occidentales d’accepter l’instauration de « droits du croyant » qui contrebalanceraient les droits humains, et de réserver, en opposition à nos principes de société laïcisée, une large place à une religiosité importée et à des dogmes, avec l’obligation de respecter certaines pratiques assimilées à des « bonnes mœurs », mais aussi à la justice. Or, il est impossible, dans un État de droit, d’accepter des lois coraniques discriminatoires qui signeraient l’infériorité de la femme et nous amèneraient à une inégalité de traitements juridiques entre les citoyens.

Sensibilités variables

Intégrer cette sensibilité et ces « droits du croyant » provoquerait un bouleversement législatif qui nous amènerait à devoir observer des prescriptions religieuses considérées comme sacrées, et dont la transgression serait pénalisée au même titre que le racisme ou l’appel à la haine. Peut-on intégrer dans notre droit des conceptions qui le nieraient ? Sommes-nous prêts à assumer l’inégalité de droits entre hommes et femmes, la pratique de l’excision, le châtiment de l’apostasie, voire de la conception musulmane du crime d’honneur ?

Réfléchissons sur ce dernier exemple. En Occident, notre « sensibilité » nous amène – à tort ou à raison – à condamner le crime passionnel beaucoup moins sévèrement que le crime crapuleux ou le meurtre d’enfant. Dans plusieurs États musulmans qui appliquent la charia, la « sensibilité » fait que le crime d’honneur est souvent jugé avec mansuétude. Sommes-nous prêts à « intérioriser cette sensibilité » jusqu’à montrer de l’indulgence pour un homme qui aurait assassiné sa femme ou sa sœur coupable d’adultère ?

Il n’est pas rare d’entendre que, contrairement aux Européens sécularisés, les musulmans ont conservé le sens du sacré et ne peuvent donc souffrir que l’on blasphème impunément leur prophète et dénigre leur foi. D’où la nécessité supposée d’obtenir, en leur faveur, une exception au droit à la liberté d’expression.

Le sacré ne se discute pas

Rappelons que le sacré religieux ne nous est pas étranger. Longtemps, l’Occident fut immergé dans le sacré chrétien, et c’est précisément parce que celui-ci fut dogmatique, lourd et oppressif, qu’il apparut nécessaire aux philosophes des Lumières de combattre l’Église. Et il aura fallu toute leur détermination, tout leur courage – et une révolution – pour libérer la société de ce carcan. Deuxièmement, il n’y a pas de société dépourvue de sacré. Pour sécularisées qu’elles soient, les sociétés occidentales actuelles n’en ont pas moins leurs « sacrés laïcs ». Régis Debray en donne pour exemple le portail d’Auschwitz. Il y en eut d’autres, notamment le tombeau du Soldat inconnu. Ensuite, la notion de sacré et le choix des objets considérés comme tels changent avec l’évolution de la société. Autrefois, en terre chrétienne, il suffisait, nous l’avons vu avec le sort du chevalier de La Barre, d’être soupçonné d’avoir tailladé un crucifix, et de ne pas s’être découvert devant une procession, pour être condamné aux pires supplices. Aujourd’hui, même le plus fanatique des catholiques n’oserait proposer la réhabilitation d’une telle peine pour un tel délit. Du côté des laïcs (exemple que je tiens du même Régis Debray), au lendemain de la guerre de 14-18, un individu qui se serait fait cuire un œuf sur la flamme du tombeau du soldat inconnu aurait été sévèrement jugé et puni. Au XXIe siècle, un tel acte provoquerait de la réprobation, mais son auteur n’encourrait vraisemblablement pas une lourde peine – je gage même que des esprits loufoques ne manqueraient pas d’y voir une « performance artistique géniaaale » et « subversive », cela va de soi.

A lire aussi: Il faut encourager le développement d’un « islam des Lumières »

Autre exemple : il fut un temps, pendant la guerre froide, où la sensibilité des communistes à l’égard de la personne de Staline était à fleur de peau. Lorsqu’en 1953 le petit père des peuples mourut, Aragon publia en première page des Lettres françaises un portrait du pleuré, qu’il avait commandé à Picasso (lui-même communiste). La violence de la protestation des militants fut énorme : Picasso avait insulté Staline ! Le crayon de l’artiste n’était pourtant pas cubiste, mais figuratif. Hélas, l’artiste n’avait pas suivi les canons du réalisme socialiste. Or, pour les dévots, il ne suffisait pas de représenter Staline, encore fallait-il ennoblir ses traits. C’était là un impératif de l’art communiste que d’enjoliver les visages de leurs dirigeants ou héros.

Des exemples de ce genre abondent. Le problème, c’est que le sacré ne se discute ni ne se négocie. Renoncer au droit au blasphème au nom du sacré serait aussi calamiteux que de supprimer, pour des « raisons humanitaires », les droits de la défense pour des auteurs de crimes abominables. En démocratie, aussi ignoble que soit un criminel, le droit à la défense que la société lui reconnaît est, pour le coup, « sacré » et témoigne précisément de ce que nous sommes dans un État de droit.

Retrouvez André Versaille sur son blog, Les musulmans ne sont pas des bébés phoques

 

https://www.causeur.fr/droit-blaspheme-sacre-societe-islam-146796?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=ddc695bb8b-Newsletter&utm_medium=email&utm_term=0_6ea50029f3-ddc695bb8b-57279225

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Les silences pudiques du gouvernement sur le scandale STX

Les silences pudiques du gouvernement sur le scandale STX

Société de construction navale, STX France se trouve au centre d’une double polémique : d’une part parce que des emplois sont en cause, d’autre part parce qu’un différend a surgi, pour détenir la majorité des actions, entre la France et l’Italie. Un jeu de dupes victimes de leurs propres magouilles.

Lu pour vous dans l’Échelle des Valeurs.

En effet, si les chantiers de STX France sont bien localisés en France, à Saint-Nazaire et à Lorient, l’entreprise n’est plus qu’une ancienne filiale d’Alstom, portant jusqu’en 2006 le nom d’Alstom Marine. Elle est devenue coréenne en 2008.
Sous la pression des menées mondialistes aux allures de jeu de Monopoly, on assiste à de vastes échanges de paquets d’actions d’entreprises à travers le monde. On appelle cela des «fusions-acquisitions» dans le jargon des banquiers. Finalement des prises de contrôle des uns sur les autres et des échanges d’entreprises entre trusts. Le but apparaît de concentrer le capital entre le moins de mains possibles et de rendre les pays interdépendants, puisque obligés d’acheter ce qu’il ne produisent pas, ou plus.
Emmanuel Macron connaît bien ces activités. En tant qu’employé à la banque Rothschild, c’était son travail d’organiser les «fusions-acquitions». Et là, apparaissent les intérêts des banques spécialisées dans cette branche. D’une part, à cette occasion, elles engrangent des profits colossaux pour leurs services. D’autre part, étudiant du même coup la comptabilité de leurs proies, elles se donnent une connaissance et un pouvoir exorbitant sur les industries. Mais, de cela personne ne parle.
Revenons à STX. Alstom Marine a d’abord été cédée en 2006 au norvégien Aker Yards, avant de se voir revendu en 2008 à une société coréenne, STX Offshore & Ship-building qui prit le nom de STX Europe.
On goûte ici le jeu des fusions-acquisitions réalisées au gré des stratégies d’entreprises. On est bien dans une logique financière quand la défunte Alstom Marine ne reste que deux ans entre les mains des Norvégiens, incapables en si peu de temps de mettre sur pied une politique de production. Aker Yards pourrait avoir été un sas pour faciliter la vente d’Alstom Marine à une société coréenne sans risquer l’opposition des autorités françaises.
Mais voilà, dans ce monde des affaires, les gros mangeurs finissent souvent mangés. Le groupe STX s’est outrageusement endetté et, pour rééquilibrer sa situation financière, a décidé de vendre STX France. En janvier 2017, le groupe italien Fincantieri s’est porté acquéreur avec l’accord de la justice coréenne qui l’a retenue comme repreneur exclusif. En avril, sous François Hollande donc, le gouvernement français a avalisé la décision coréenne.
Mais voilà, une campagne électorale est passée par là !
Le 1er février, Macron s’était rendu à Saint-Nazaire aux chantiers navals de STX en tant que ministre de l’Économie. Il venait célébrer l’inauguration d’un paquebot de croisière. Détail, il disait aussi souhaiter la révision des conditions du rachat de STX France par Fincantieri. Avant même la décision de la justice coréenne, les autorités françaises étaient déjà parfaitement informées de l’avenir de l’entreprise et avait accepté sa revente aux Italiens. Le ministre Macron en tête.
Puis le candidat a remplacé le ministre. Macron a alors fait mine de s’inquiéter des pertes d’emplois en France causées par la mondialisation. Il y était contraint par l’offensive de Marine Le Pen sur ce terrain.
Le personnel de STX France l’a entendu ! Il a fait valoir que, faute de garanties, le passage de l’entreprise aux mains des Italiens risquait de faire perdre ses 2600 postes et 5 000 dans des entreprises de sous-traitance. Déjà en perte de popularité, le nouveau Président ne pouvait pas faire la sourde oreille.
Les Italiens refusant de rester minoritaires (1) dans un STX France à la sauce spaghettis, Macron a alors prétendu qu’il fallait sauver l’indépendance de la construction navale française. Il a annoncé la « nationalisation temporaire » des chantiers STX France de Saint-Nazaire.

Cette nationalisation coûte 80 millions d’euros à l’État. Somme toute une bonne affaire si nous sauvons 7 600 emplois (2). Nos dirigeants, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande auraient pourtant pu se rendre compte depuis longtemps qu’il fallait préserver l’indépendance de notre industrie navale. Néanmoins, que Macron défasse, aujourd’hui, ce qu’il faisait hier pour Rothschild ne manque pas de sel !
(1) Selon un accord négocié avec le précédent gouvernement français, Fincantieri devait d’abord prendre 48% du capital des chantiers et rester minoritaire pendant 8 ans. Il aurait obtenu, à l’issue de ces 8 ans, 66% des actions.
(2) Un coût de 10 000 € par emploi. Beaucoup moins qu’un licenciement massif avec en prime une entreprise qui revient dans le patrimoine national.

L’Échelle des Valeurs n°177-178 d’août-septembre 2017

 

http://www.lectures-francaises.info/2017/09/15/silences-pudiques-gouvernement-scandale-stx/

Ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron à l’ONU

Ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron à l’ONU

Les Echos Le 19/09 à 18:59
Le président Emmanuel Macron l’Assemblée générale l’ONU.
Le président Emmanuel Macron à l’Assemblée générale de l’ONU. – SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

+VIDEO. Le président français a prononcé mardi son premier grand discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

Après  Donald Trump et son discours offensif contre la Corée du Nord, l’Iran et le Venezuela,  Emmanuel Macron a pris sa suite, mardi, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies. Voici les principaux éléments de son discours.

Syrie

« La solution sera politique et non militaire », a dit le chef de l’Etat au sujet de la situation en Syrie. La France fera preuve d’une « intransigeance absolue sur l’emploi des armes chimiques » et sur « l’absolue nécessité d’aménager les accès au soin pour tous ». « Agir pour la paix en Syrie, c’est nous protéger tous contre le terrorisme », a-t-il assuré.

Il a plaidé pour la création d’un « groupe de contact » sur la Syrie afin d’enclencher une nouvelle dynamique pour aller vers une solution politique au conflit. Le processus de négociations mené à Astana au Kazakhstan, par Moscou, Téhéran et Ankara, et qui ne traite pas les aspects politiques, « ne suffit pas », a-t-il ajouté.

Le groupe de contact voulu par la France intégrerait les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et « les parties prenantes » au conflit, a précisé Emmanuel Macron.

Quelques heures après l’Assemblée générale, Emmanuel Macron est allé un peu plus loin lors d’une conférence de presse : « Bachar al-Assad, c’est un criminel, il devra être jugé et répondre de ses crimes devant la justice internationale. Mais je n’ai pas fait de sa destitution un préalable, par pragmatisme », a-t-il dit, reprenant, pour la deuxième partie de sa phrase, des déclarations qu’il avait déjà faites en juin.

Vidéo : A l’ONU, Emmanuel Macron exprime ses divergences avec Donald Trump

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01870326/zone/1/showtitle/1/src/rfxfms

Corée du Nord

Alors que Donald Trump se dit prêt à  « détruire complètement la Corée du Nord » , Emmanuel Macron assure que «la France refuse toute escalade et ne fermera aucune porte au dialogue ». « Par l’absence de dialogue, avons-nous mieux endigué la situation en Corée du Nord ? Pas une seule seconde », a-t-il justifié.

Dans la conférence de presse qui a suivi l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron a affirmé son désaccord avec Donald Trump qui s’est dit prêt à utiliser la force militaire. « Je pense que c’est intempestif de mettre en avant la menace d’une réplique par la guerre », a-t-il estimé.

Iran

Emmanuel Macron estime que dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien, comme menacent de le faire les Etats-Unis, serait « une lourde erreur », tout en laissant la porte ouverte à des discussions pour prolonger la portée du texte après 2025.

« Notre engagement sur la non prolifération a permis d’obtenir un accord solide, robuste, qui permet de vérifier que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire. Le dénoncer aujourd’hui sans rien proposer d’autre serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable, parce que c’est un accord utile », déclare-t-il.

Climat

Concernant l’accord de Paris sur le climat, il « ne sera pas renégocié », a insisté Emmanuel Macron, tout en assurant que « la porte serait toujours ouverte aux Etats-Unis »,  qui se sont retirés de l’accord .

« Le détricoter serait détruire un pacte qui n’est pas seulement entre les Etats mais entre les générations », a ajouté le chef de l’Etat français. « II pourra être enrichi, de nouvelles contributions, de nouveaux apports mais nous ne reculerons pas ». « La nature nous rappelle à l’ordre », a-t-il plaidé. « Nous sommes tous frappés par l’emballement du climat ».

La France, qui accueillera le 12 décembre un sommet sur le climat consacré au volet financement, y « prendra sa part en allouant 5 milliards d’euros par an à l’action sur le climat d’ici à 2020 », a encore annoncé le président français.

Aide au développement

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que la France consacrerait 0,55% de son revenu national d’ici 5 ans à l’aide publique au développement.

Tout l’enjeu, selon le chef de l’Etat, c’est que cette « aide publique au développement arrive bien sur le terrain ».

Rohingyas

Le président français a dénoncé le « nettoyage ethnique » contre la minorité musulmane des Rohingyas, dont plus de 400.000 ont fui la Birmanie ces dernières semaines pour se réfugier au Bangladesh. « Les opérations militaires doivent cesser, l’accès humanitaire doit être assuré, et le droit rétabli », a-t-il lancé.

VIDEO. « Si l’Amérique doit se défendre, elle et ses alliés, nous n’aurons d’autre choix que de détruire complètement la Corée du Nord » (Trump lors de son discours à l’ONU)

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01870326/zone/1/showtitle/1/src/rf33l3

 

https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/030586517485-macron-a-lonu-laccord-de-paris-ne-sera-pas-renegocie-2115500.php#xtor=EPR-7-%5Bmatinale%5D-20170920-%5BProv_AL_CLO_BOURSE_PU%5D-

Gattaz : « Il faut lutter contre le chômage partout pour ne pas laisser des territoires à l’abandon »

Gattaz : « Il faut lutter contre le chômage partout pour ne pas laisser des territoires à l’abandon »

Par Jean-Christophe Chanut et Philippe Mabille  |   |  3090  mots
(Crédits : REUTERS/Benoit Tessier)
Pierre Gattaz, le président du Medef, se réjouit de la réforme du droit du travail, notamment la possibilité dans les PME de conclure des accords directement avec les représentants des élus. En revanche, il est en désaccord sur la méthode employée par le gouvernement pour transformer le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisses de charges pérennes, qui va conduire, selon lui, à un renchérissement du coût du travail. Pierre Gattaz souhaite un plafonnement des cotisations sociales au-delà d’un certain niveau de salaire. Il propose aussi instituer une cinquantaine de zones franches fiscales pour inciter les investisseurs, notamment étrangers, à s’implanter dans les territoires français les plus en difficulté.

LA TRIBUNE – Droit du travail, fiscalité… Plusieurs vieilles revendications du Medef ont été prises en compte depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Vous avez le sentiment d’avoir enfin affaire à un gouvernement pro-business ?

PIERRE GATTAZ – On s’en fiche du Medef ; on s’en fiche de Pierre Gattaz. Ce qui compte c’est le pays, ce sont les jeunes. La priorité des priorités c’est de combattre le chômage, véritable drame humain, social et économique. Le chômage est la cause de tous les maux. Il faut revenir à un taux d’environ 6 %. Et il faut absolument lutter contre le chômage de masse partout pour ne pas laisser des territoires à l’abandon.

Gauche et droite doivent définitivement comprendre que c’est l’entreprise qui crée l’emploi. Et je dois reconnaître qu’il y a eu des avancées sous les précédentes majorités. Les baisses de charges sous Nicolas Sarkozy, le Pacte de responsabilité sous François Hollande.

Alors, oui, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, ça va dans le bon sens et ça me rend enthousiaste pour le pays. Les ordonnances sur la réforme du droit du travail, par exemple, vont enfin donner la possibilité aux entreprises de directement dialoguer avec leurs salariés. C’est une belle avancée qui va favoriser la confiance pour le redressement du pays.

Vous pensez que cette réforme va permettre de booster la croissance ?

Je vous le dis, cela va dans le bon sens même s’il faudra surveiller la rédaction des décrets d’application. Mais, comme je l’ai dit lors de notre dernière université d’été, je suis certain que l’on peut viser l’objectif de retrouver au moins 2 % de croissance annuelle en France. Néanmoins, pour cela, il faut rester cohérent et continuer de remettre à plat les règles sur le travail, la fiscalité, la formation professionnelle en remettant en selle l’apprentissage. Et surtout, il faut simplifier drastiquement l’administration. Je rêve d’une administration très facile à comprendre : complexe à l’intérieur mais facile pour l’utilisateur. Un peu comme nos téléphones portables qui sont d’une extrême complexité intérieure mais qu’un enfant de quatre ans sait utiliser.

Revenons sur les ordonnances : vous avez eu la simplification des règles du licenciement ; l’extension possible du contrat de projet, le plafonnement des indemnités prud’homales, davantage de négociations au niveau de l’entreprise… Vous devez être satisfait.

Je ne présenterais pas les choses comme ça, il y a un côté lutte des classes en disant « on a eu ». Ce n’est pas le Medef qui gagne mais le pays.

Soyons réaliste : 95 % des entreprises n’ont pas de syndicats, ce qui les empêche de nouer tout accord par le dialogue social. Pourquoi rester dans un tel statu quo ? C’est une différence que j’ai avec certains syndicats qui ne conçoivent le dialogue social qu’avec des délégués syndicaux alors que des représentants élus sont tout aussi légitimes et capables de mon point de vue dès lors qu’ils sont bien formés. Patronat et syndicats pourraient d’ailleurs bâtir une formation paritaire pour ces élus. Cela va responsabiliser à la fois les chefs d’entreprise et les salariés. Jusqu’à un effectif de 50, les entreprises vont enfin avoir la possibilité de conclure des accords avec eux. Une entreprise, c’est une communauté de travail, il me paraît tout à fait légitime que l’on puisse discuter directement avec les salariés, de l’organisation du travail par exemple. Les syndicats vont avoir avec ces réformes un espace de progression.

À l’inverse, quels sont à vos yeux les points faibles ou les manquements de ces ordonnances ?

D’abord, je regrette que cette faculté de passer des accords directement avec les élus ne concerne pas les entreprises jusqu’à 300 salariés. En limitant cette possibilité à 50 salariés, on renforce encore ce seuil qu’il faudrait à l’inverse lisser. Ensuite, je regrette l’augmentation de 25 % des indemnités légales de licenciement qui vont passer d’un cinquième à un quart de mois de salaire par année d’ancienneté. Enfin, je constate que l’on ne simplifie pas réellement le Code du travail car, si une entreprise ne parvient pas à conclure un accord, alors c’est le droit actuel qui continuera de s’appliquer. J’ajouterai que nous craignons les mauvaises surprises dans la rédaction des décrets d’application. En droit du travail, le diable se cache toujours dans les détails.

Estimez-vous qu’il y a une véritable inversion de la hiérarchie des normes ?

Les branches sont préservées, comme le souhaitait notamment Force ouvrière. Des dispositions décidées au niveau de la branche demeurent incontournables et les entreprises ne pourront pas y déroger. En revanche, il est exact qu’il y a davantage d’espace de libertés pour les entreprises : organisation, primes, salaires, etc.

Sur la fiscalité aussi vous devez être satisfait, avec le calendrier de baisse de l’impôt sur les sociétés, la transformation de l’ISF, l’instauration du prélèvement forfaitaire unique de 30 % environ sur les dividendes…

Il y a trois blocs de fiscalité qui nous préoccupent : le coût du travail, la fiscalité nationale et la fiscalité territoriale. Or, je vous rappelle que malgré le CICE [Crédit d’impôt compétitivité emploi, ndlr], le Pacte de compétitivité, etc. nous gardons encore un différentiel de prélèvements par rapport à l’Allemagne d’environ 80 milliards d’euros (au lieu de 120 milliards auparavant), à savoir 30 milliards d’euros pour le coût du travail et 50 milliards d’euros sur les impôts qui pèsent sur les facteurs de production. CVAE, C3S, taxes locales, etc. Toutes ces taxes n’ont pas cessé d’augmenter, entre 10 % et 20 % chacune entre 2012 et 2017, alors que le PIB n’a progressé que de 6 %. Reste donc la fiscalité nationale. Là, nous disons très bien, le gouvernement a maintenant « cranté » la baisse de l’IS [impôt sur les sociétés] déjà annoncée par François Hollande, ce qui est important pour l’attractivité de la France et pour faire cesser le french bashing encore en cours.

Quant à la flat tax, très importante, avec un taux de 30 %, c’est bien, c’est visible, et l’on se situe à peu près dans la moyenne européenne. Concernant l’ISF, cet impôt ne va être supprimé qu’en partie, sur la partie mobilière. Ce que nous regrettons car il va y avoir des problèmes de frontières entre mobilier et immobilier, ce qui va entraîner des complexités et des contrôles.

Mais, après n’avoir pas cessé de contester le mécanisme du CICE, vous semblez regretter maintenant qu’il soit transformé en baisse pérenne de cotisations sociales.

Ce n’est pas tout à fait cela. Nous avons un désaccord avec le gouvernement car la transformation du CICE telle qu’elle est prévue actuellement, en baisse de charges, risque d’induire une augmentation du coût du travail. Ce qui est absurde alors que la baisse des charges marche : le CICE et le Pacte ont provoqué la création de 300 000 emplois l’année dernière. Ne cassons pas cette dynamique. Donc on préférerait le statu quo. Ou alors, il faut davantage baisser les charges sociales pour compenser la hausse d’IS que va entraîner la transformation du CICE. D’autant plus que le gouvernement va retenir un taux de CICE à 6 % et non de 7 %.

En outre, il n’y a rien de prévu sur les charges sociales des salaires supérieurs à 2,5 Smic.

Résultat, pour les managers, les ingénieurs, les directeurs financiers, etc. les coûts s’envolent. C’est donc non seulement un regret mais c’est aussi une revendication que nous allons beaucoup porter dans les mois à venir. Nous souhaitons un plafonnement des cotisations sociales, salariales et patronales à compter d’un certain niveau de salaire. Nous avons lancé une expertise interne au Medef pour déterminer ce niveau. J’ajoute qu’un tel plafonnement existe chez nos voisins :

Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne. Or, quand vous êtes en pleine discussion sur les conséquences du Brexit et qu’il y a compétition entre Francfort et Paris, cela compte.

Si vous regrettez que l’État récupère 7 milliards d’euros à l’occasion de la transformation du CICE puisque cela va entraîner le versement de davantage d’IS, pourquoi continuer à verser autant de dividendes, en hausse de 6,1 % en un an ?

D’abord, l’explosion des dividendes, comme vous dites, ne concerne que les entreprises du CAC 40 qui ont des actionnaires dans le monde entier… dont l’État français qui est un très gros demandeur de dividendes. Dans les sociétés patrimoniales que je connais, nous sommes beaucoup plus mesurés, on ne redistribue en moyenne que 20 à 25 % des bénéfices. Je ne maîtrise pas l’actionnariat du CAC 40 et cela fait de toute façon partie du capitalisme mondial : des actionnaires investissent et en retour ils veulent des dividendes. J’insiste, il ne faut pas confondre les dividendes du CAC 40 avec les dividendes de milliers d’entreprises en France, PME et ETI [Entreprises de taille intermédiaire].

Autre nouveau combat du Medef, et de son président, la revitalisation des territoires. Comment agir pour que l’emploi se développe partout, y compris dans les bassins d’emploi qui ont le plus souffert de la désindustrialisation ?

Je vous l’ai dit, notre bataille, à nous chefs d’entreprise, c’est le chômage. On ne peut pas vivre dans un pays où, même si l’emploi va mieux dans les zones qui vont bien, les grandes métropoles notamment, on laisse des territoires en déshérence. Nous avons bien regardé cela avec les Medef territoriaux : il y a en France entre 50 et 100 bassins d’emploi en grande difficulté, avec parfois plus de 20 % de chômage. C’est inacceptable ! Dans ces territoires oubliés, les gens sont désespérés parce qu’il n’y a plus d’emplois, les commerces de centre-ville disparaissent, et s’installe un cercle vicieux dont on a le sentiment de ne plus pouvoir sortir, avec toutes les conséquences politiques que l’on voit.

Le Medef travaille donc depuis le mois de janvier sur ces questions. C’est du temps long. Je cite souvent l’exemple de la Bretagne qui, dans les années 1960, était un peu dans cette situation : peu d’emplois, peu de transports, peu de développement économique. De Gaulle puis Pompidou y ont répondu en relançant les infrastructures, des axes routiers, un projet industriel dans les télécoms et cela a permis de changer le cours des choses. Aujourd’hui, on a une France inversée, puisque l’Ouest va mieux alors que c’est l’Est des anciens bassins sidérurgiques qui va moins bien. C’est la preuve qu’il n’y a pas de fatalité : il est possible d’agir. Tout le monde doit s’y mettre : sans revenir aux grands plans pompidoliens, la priorité, c’est de répertorier tout ce qu’on peut faire. Chaque bassin d’emploi est spécifique : il faut donc une action sur-mesure, c’est très important de le comprendre. La Vendée est un exemple à regarder : c’est une région très entrepreneuriale, qui a un très bas taux de chômage. Mais il y a d’autres exemples : la vallée de l’Arve dans le décolletage, Oyonnax dans la plasturgie… la France fourmille d’exemple de succès locaux. Le tourisme aussi est un levier formidable, à l’exemple du Puy-du-Fou en Vendée. Il n’y a pas une recette unique mais il faut s’y mettre pour trouver un avenir à ces bassins d’emploi en grande difficulté.

Il faut les identifier, et répertorier une vingtaine ou une trentaine de solutions. Certaines sont génériques : doper les infrastructures télécom et numérique pour que la connectivité soit assurée, et soutenir l’entrepreneuriat local. Il faut que les jeunes entrepreneurs soient incités à rester, plutôt que de partir parce que la connexion Internet ne fonctionne pas. Il faut aussi mettre l’accent sur le maintien ou le retour des commerces de centre-ville. Il y a trop de villes moyennes qui sont devenues des déserts et où tout se passe à l’extérieur dans des grandes surfaces qui tuent l’activité locale. Enfin, je propose que l’on prenne une mesure fiscale très simple, de type franchise pour inciter à investir localement dans ces bassins d’emploi pour que les investisseurs, notamment étrangers, aillent à Charleville-Mézières ou à La Souterraine dans la Creuse.

Vous voulez créer des zones franches dans toute la France ?

Oui, une franchise sur les impôts locaux ou sur l’IS, très lisible pour les étrangers. Il faut que cela soit simple à comprendre, simple à traduire en anglais, afin que les élus puissent en faire la promotion. Dans tous les pays du monde, quand vous investissez, vous regardez le taux d’IS et les impôts locaux. J’en parle sans filet, sans que nous ayons encore étudié le sujet en détail avec les pouvoirs publics, parce que je crois à cette idée et que cela peut être rapidement efficace.

Oui mais tel que vous le présentez, cela va plutôt coûter de l’argent public au départ. N’est-ce pas contradictoire avec votre demande de diminuer la dépense publique ?

Notre position n’a pas varié : il y a encore 100 milliards d’euros d’économies à faire sur les dépenses publiques, soit 20 milliards par an, pour rétablir notre situation par rapport à la moyenne européenne. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’investir dans l’avenir. Ce que nous observons, c’est qu’en réalité, il y a beaucoup d’aides ou de subventions qui se sont accumulées avec le temps au niveau national ou local, mais dans une logique de saupoudrage, illisible pour un investisseur qui regarde de nombreux dossiers dans différents pays. Plus personne n’y comprend rien, dans le millefeuille territorial : ce n’est pas transparent, et même pas « marketé », car rares sont les personnes qui ont accès à l’information. Regroupons toutes ces aides en un dispositif unique et fort, et communiquons dessus puissamment.

C’est un investissement public, je le conçois, mais il faut parfois sortir de la logique budgétaire comptable statique pour adopter une vision économique dynamique. Nous, entreprises, nous sommes dans une dynamique de croissance. Ce qu’il faut faire, c’est allumer tous les moteurs de la création d’emplois sur tout le territoire. Cela va de pair avec une vision à long terme : que faire pour relancer ces territoires à dix ou quinze ans ? C’est pour cela que je parle d’un investissement, comme Pompidou et de Gaulle ont eu une vision à trente ans du pays. C’est cela qui nous fait défaut aujourd’hui. Avec les mutations rapides que nous connaissons, technologiques notamment, il faut avoir une vision de la France en 2030, en regardant en particulier les territoires qui se sentent les plus abandonnés. Car sans vision, toutes ces mutations deviennent des menaces : l’Afrique, le numérique, les robots, ce ne sont pas des risques dont il faut se protéger en se barricadant, mais de formidables opportunités pour créer de l’activité et de l’emploi en France. C’est cela la bonne politique. Arrêtons d’être défensifs. La période que nous vivons est une formidable occasion de rebondir.

Ces mutations sont une bonne chose pour la France, mais aussi à l’échelon local parce qu’avec le numérique, tout le monde peut avoir accès au monde entier, où que l’on soit. Prenez Charleville-Mézières : juste à côté, vous avez la Flandre ou le Luxembourg qui ont à peine 3 % de chômage. Est-ce donc impossible ? Non. Ce qu’il faut, c’est définir une stratégie à quinze ou vingt ans, afin de redonner de l’espoir dans ces territoires et prendre cela en main bassin d’emploi par bassin d’emploi, avec les élus. Quand j’ai lancé cette réflexion en janvier avec les Medef territoriaux, j’ai reçu un accueil enthousiaste. Ils sont très motivés.

Bruno Le Maire a annoncé un plan pour doper les ETI en France, sujet cher au Medef et à Yvon Gattaz [père de Pierre et ancien président du CNPF, l’ancêtre du Medef, Ndlr]. Que lui recommandez-vous de faire pour réussir à faire grandir nos entreprises ?

Les entreprises de taille intermédiaire, c’est notre faiblesse, on le sait. Il n’y en a que 4 500 en France contre 9 000 à 10 000 en Grande-Bretagne ou en Italie et 12500 en Allemagne dont cela fait la force. C’est complètement lié au sujet précédent : ce sont des entreprises stables, qui innovent, qui font attention à leurs salariés et sont ancrées dans le bassin d’emploi. Il faut multiplier par deux le nombre des ETI en France d’ici dix ans. Cela veut dire que toutes les PME en dessous de 250 salariés doivent passer au-dessus. Il suffit de faire grandir nos PME en boostant la chaîne qui va de la startup à la grande entreprise. Et c’est possible. À ce propos, je regrette que l’on n’ait pas remis en cause les seuils sociaux de 9 et surtout celui de 49 salariés car cela bride la croissance des entreprises.

Pour grossir, il faut aussi un mouvement de concentration et que les grands groupes aient une attitude plus constructive avec leurs fournisseurs et sous-traitants. La France n’est pas toujours exemplaire sur ce point ?

Je suis d’accord. Au Medef, nous encourageons autant que possible la chasse en meute, sur le plan géographique, mais aussi sur le plan technologique, afin que des grands groupes accompagnent des PME sur les marchés étrangers et dans leurs projets innovants. Cela passe aussi par une amélioration de nos filières industrielles en suivant le bon exemple de l’industrie aéronautique et le GIFAS. Il y a un travail à faire pour remobiliser nos fédérations. C’est le bon moment.

Propos recueillis par Jean-Christophe Chanut et Philippe Mabille

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Sa succession : « Restons concentrés »

En juillet 2018, vous passez la main à la tête du Medef. Comment va s’organiser votre succession ? Nous tiendrons un Conseil exécutif en décembre pour préciser les modalités de l’élection. La campagne commencera le 1er janvier 2018. Six mois ça va être déjà long. Aussi je ne voudrais pas que l’on s’éparpille d’ici là. Restons concentrés sur les dossiers de fond, il faut bosser jusqu’au bout. J’ai instauré le mandat unique à la présidence du Medef et je ne le regrette pas. D’ailleurs, cela devrait être la règle partout. Un mandat unique n’a que des avantages : vous ne pensez pas à vous faire réélire, vous ne faites pas de petits calculs et de clientélisme. Ainsi, vous restez libre et concentré jusqu’au bout sur la mission pour laquelle vous avez été élu.

 

http://www.latribune.fr/economie/france/gattaz-depuis-l-arrivee-de-macron-ca-va-dans-le-bon-sens-750152.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20170915

 

DIRECT. Droit du travail : le gouvernement défend une réforme « ambitieuse, équilibrée et juste »

DIRECT. Droit du travail : le gouvernement défend une réforme « ambitieuse, équilibrée et juste »

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud détaillent les ordonnances réformant le Code du travail devant la presse jeudi midi.

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors d\'une conférence de presse présentant les ordonnances réformant le Code du travail, jeudi 31 août à Paris. 
Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors d’une conférence de presse présentant les ordonnances réformant le Code du travail, jeudi 31 août à Paris.  (ALAIN JOCARD / AFP)

Mis à jour le 31/08/2017 | 15:16
publié le 31/08/2017 | 06:21

Ce qu’il faut savoirC’est le jour J. Le gouvernement a dévoilé, jeudi 31 août, ses ordonnances réformant le Code du travail. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud les ont détaillées à la presse lors d’une conférence, après les avoir présentées aux partenaires sociaux au cours d’une réunion multilatérale, ce matin, à Matignon. Parmi les principales annonces, le délai de recours aux prud’hommes sera limité à un an pour tous les types de licenciements, et les indemnités de licenciement augmenteront elles de 25%.

De nouvelles règles dans le dialogue social. « L’entreprise sera désormais le niveau essentiel du dialogue social », a affirmé Edouard Philippe lors de la présentation des ordonnances, jeudi. La réforme du Code du travail modifie l’articulation entre les accords de branches et d’entreprises, et le dialogue social dans ces dernières. La direction des TPE et PME pourra directement négocier avec un élu du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat. Les instances représentatives du personnel (délégués du personnel, CE et CHSCT) seront également fusionnées au sein d’un « comité social et économique ».

 Réforme des licenciements. Ces ordonnances prévoient aussi des mesures relatives aux licenciements. Le délai de recours aux prud’hommes est limité à un an pour tout type de licenciement, et les indemnités prud’homales seront plafonnées à trois mois de salaire jusqu’à deux ans d’ancienneté, et à vingt mois jusqu’à trente ans d’ancienneté. En parallèle, les indemnités légales de licenciement vont augmenter de 25%, pour atteindre un quart de mois de salaire par année d’ancienneté. La réforme prévoit également un passage à un périmètre national pour apprécier les difficultés économiques des multinationales qui licencient en France.

 « Faire baisser le chômage ». C’est « une réforme de transformation profonde » qui « doit être assez ambitieuse et efficace pour continuer à faire baisser le chômage de masse et permettre de ne pas revenir sur ce sujet durant le quinquennat », explique le président Emmanuel Macron dans un entretien fleuve accordé jeudi au Point. Le Premier ministre, quant à lui, a qualifié cette réforme d’« ambitieuse, équilibrée et juste ». La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a elle affirmé que sa réforme représentait « une ambition et un saut culturel et qualitatif importants ».

Des manifestations les 12 et 23 septembre. Les opposants dénoncent une « loi travail XXL » dans la droite ligne de la loi El Khomri. Contrairement à 2016, où CGT et FO manifestaient main dans la main, la première est, pour l’heure, la seule grande organisation syndicale à appeler à manifester le 12 septembre. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a déjà annoncé que son syndicat « ne sera pas dans la rue le 12 septembre » pour cette journée d’action. La France insoumise, elle, compte « déferler » sur Paris le 23 septembre contre ce qu’elle considère comme un « coup d’Etat social ».

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #TRAVAIL

15h16 : Voici les sujets les plus lus actuellement sur notre site :

Notre direct concernant l’enquête sur la disparition de la petite Maëlys, dans laquelle un homme est en garde à vue.

Notre article sur cette photo d’un jeune homme volage devenu le cliché le plus partagé et détourné de l’été.

Notre résumé des principales mesures annoncées ce midi dans le cadre de la réforme du droit du travail.

15h03 : « Pour nous, c’est une agression confirmée contre le code du travail, avec préméditation en plus », dénonce Alexis Corbière, député de La France insoumise, juste après la présentation des ordonnances réformant le code du travail présentées par le gouvernement. « C’est le basculement de l’ordre social dans une nouvelle étape, hélas, de régression ».

(FRANCEINFO)

14h31 : Si vous êtes perdus, nous résumons dans cet article les principales mesures contenues dans les ordonnances réformant le droit du travail, présentées tout à l’heure.

(ALAIN JOCARD / AFP)

14h35 : Raquel Garrido était présente en tant que chroniqueuse de C8, bien sûr, et non comme membre de la France insoumise. En revanche, je doute qu’elle ait sa carte de presse : il faudrait qu’elle tire la majorité de ses revenus du journalisme depuis au moins trois mois, alors qu’elle vient de débuter son nouveau rôle. Et que son travail soit considéré comme du journalisme. Quoi qu’il en soit, les organisateurs d’une conférence de presse ont le droit de ne pas exiger de carte de presse.

14h22 : Madame Garrido a-t-elle une carte de presse ? A quel titre était-elle présente à la conférence de presse ?

14h10 : La porte-parole de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle, Raquel Garrido, est récemment devenue chroniqueuse de l’émission « Les Terriens du dimanche ». Elle a surpris en posant une question au Premier ministre pendant sa conférence de presse sur les ordonnances réformant le Code du travail. Voici la vidéo.

14h05 : « Lorsqu’on assume ses réformes et qu’on croit aux mesures que l’on présente, on a aucun problème, bien au contraire, a donner la parole à l’opposition », assure encore Matignon à franceinfo sur la présence l’Insoumise Raquel Garrido à la présentation des Ordonnances.

14h05 : Contacté par franceinfo sur la présence de l’Insoumise Raquel Garrido à la conférence de presse d’Edouard Philippe et de Muriel Pénicaud, Matignon assure n’avoir « vu aucun problème à l’accréditer » puisqu’elle travaille sur C8.

13h58 : Plafonnement des indemnités en cas de contentieux, réduction des délais de recours des salariés, possibilité de négocier sans syndicat… Après les nombreuses annonces du gouvernement qui a dévoilé le contenu des ordonnances réformant le Code du travail, n’hésitez à nous poser vos questions, nous y répondrons dans ce direct dans l’après-midi.

13h31 : J’ajoute que mon collègue Vincent Daniel répondra à vos interrogations sur la réforme du Code du travail dans l’après-midi dans ce direct. Je garde certaines de vos questions de côté pour tout à l’heure.

13h30 : Le discours d’Edouard Philippe et Muriel Pénicaud est terminé. Vous pouvez relire tout ce que nous avons écrit à son sujet dans ce direct, et nous préparons un article récapitulatif des annonces, qui arrivera vite.

13h28 : Le texte présenté aujourd’hui « peut être modifié à la marge (…) le cas échéant en fonction des avis des organismes appelés à formuler des avis », explique Edouard Philippe. Mais dans son ensemble il est « arrêté ».

13h23 : « Toutes les craintes que nous avions se confirment. » Voici la réaction à chaud du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, après la présentation par le gouvernement de ses ordonnances réformant le Code du Travail.

13h22 : Raquel Garrido a demandé à en savoir plus sur l’identité des auteurs de la réforme, et notamment des précisions sur le rôle de l’Elysée dans sa rédaction. Edouard Philippe assure qu’elle a été élaborée par les services du ministère du Travail, et que l’Elysée a « bien entendu » participé aux discussions sur son contenu.

13h18 : Surprise : parmi les journalistes présents s’est glissée Raquel Garrido, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle, et récemment devenue chroniqueuse dans une émission de C8. Le Premier ministre a semblé surpris de la voir dans la foule.

13h15 : « Notre objectif dans la concertation n’a pas été de faire plaisir à tel ou tel, de se dire que telle organisation syndicale avait plus ou moins de légitimité ».

13h12 : Edouard Philippe explique pourquoi la réforme ne touche pas au contrat de travail : « On a considéré que les mesures qui sont dans ce texte sont plus efficaces. Les réflexions sur la nature du contrat de travail, notamment du CDI, ne nous ont pas semblé opportunes ».

13h10 : Le Premier ministre explique que, selon lui, sa réforme clarifiera le droit du travail et permettra de lever les hésitations des investisseurs étrangers : « Si vos affaires ne vont pas bien, vous pourrez, en sachant quelles sont les règles, réduire un peu la taille de votre entreprise ».

13h09 : Edouard Philippe répond maintenant aux questions des journalistes. Vous pouvez toujours le regarder dans notre direct.

13h07 : « Il faut accompagner cette transformation du Code du travail d’autres mesures. C’est d’abord le cas sur le coût du travail », le Premier ministre évoquant la baisse des cotisations salariales dans cette optique. Un autre champ d’action qu’il évoque est celui de la formation.

13h06 : Edouard Philippe « insiste » sur le dialogue social dans les très petites et moyennes entreprises. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, il sera possible de négocier tout ce qui ne relève pas de la branche avec les employés, sans la participation d’un délégué syndical. Dans les entreprises de 20 à 50 salariés, le dialogue social sera possible avec un délégué du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat (comme c’est le cas actuellement).

13h05 : Edouard Philippe explique qu’entre temps, « au moins cinq organismes » dans lesquels les syndicats sont représentés pourront examiner et donner leur avis sur le contenu des ordonnances.

13h03 : Les ordonnances seront présentées en Conseil des ministres le 22 septembre (soit, exceptionnellement, un vendredi), annonce Edouard Philippe, qui estime que l’engagement de les présenter avant la fin de l’été est tenu.

13h02 : Muriel Pénicaud conclut en affirmant que sa réforme représente « un ambition et un saut culturel et qualitatif importants ».

13h01 : Muriel Pénicaud promet que des critère d’évaluation de l’impact de cette réforme du Code du travail seront définis avec les partenaires sociaux.

13h00 : Le patron de FO, Jean-Claude Mailly, lui se garde de tout jugement définitif sur la réforme du Code du travail, même si « tout n’est pas parfait », reconnaît-il.

12h59 : Pour limiter la peur d’être condamné aux prud’hommes pour une erreur de forme, les entreprises ne seront sanctionnées que par un mois de dommages et intérêts, mais un employeur ne pourra plus être condamné sur la forme si les prud’hommes lui donnent raison sur le fond.

12h58 : Les TPE et PME sont au cœur du discours du Muriel Pénicaud et Edouard Philippe. Sans surprise, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises salue la réforme : son président, François Asselin, la juge « particulièrement pragmatique ».

12h56 : Les indemnités de licenciement vont augmenter de 25%, affirme Muriel Pénicaud, ce qu’elle présente comme une compensation du plafonnement des dommages et intérêts aux prud’hommes.

12h56 : Ce délai de recours aux prud’hommes était d’un an pour les licenciements économiques, deux ans pour tous les autres types de licenciements.

12h55 : Le salarié aura un délai de 12 mois pour avoir recours aux prud’hommes quel que soit le type de licenciements, confirme Muriel Pénicaud.

12h54 : Les CDD et CDI de chantier sont un dispositif à mi-chemin entre le CDI et l’intérim. Pour en savoir plus, découvrez notre article consacré à la question. Si les branches le souhaitent, elles pourront y avoir recours. Actuellement, seul le bâtiment pouvait les utiliser.

12h52 : Muriel Pénicaud annonce que les branches pourront négocier sur les CDD et CDI de chantier, mais pas sur les modalités de recours à ces contrats dont la durée correspond à celle de la mission effectuée.

12h49 : La réforme présentée aujourd’hui vise à « changer l’état d’esprit » du Code du travail, a expliqué la ministre du Travail.

12h48 : Muriel Pénicaud évoque le CSE, conseil qui réunira trois des quatre instances représentatives du personnel (délégués du personnel, CE et CHSCT). Elle explique qu’il reprendra toutes les compétences de ces trois instances.

12h49 : Si l’entreprise (quelle que soit sa taille) trouve un accord majoritaire sur le temps de travail ou sur les rémunérations (primes de garde, 13e mois…), cet accord remplacera l’accord de branche (par secteur économique) en vigueur actuellement.

12h48 : Le patron de la CGT Philippe Martinez réagit également au contenu de ces ordonnances : « Toutes les craintes que nous avions se confirment. (…) C’est la fin du contrat de travail ». Son syndicat a appelé à manifester le 12 septembre.

12h45 : Si vous l’avez manquée, voici l’intégralité de l’intervention d’Edouard Philippe, en préambule de la présentation des ordonnances par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

12h44 : Muriel Pénicaud affirme que quatre des dix critères de pénibilité prévus pas le compte pénibilité sont « inapplicables », question qui sera abordée par une des cinq ordonnances.

12h43 : La CFDT « est déçue » par les ordonnances sur le Code du travail présentées par le gouvernement aux partenaires sociaux. Son secrétaire général, Laurent Berger, vient de le déclarer à sa sortie de Matignon. Il juge que « cette réforme n’est pas à la hauteur ».

12h43 : C’est déjà le cas avec le CODIT disponible en ligne sur le site du gouvernement.

12h43 : Muriel Pénicaud annonce la mise en ligne du Code du travail, mais on peut déjà le trouver en intégralité sur Légifrance.

12h45 : La ministre du Travail estime qu’au-delà de son contenu, la méconnaissance du droit du travail est un obstacle à l’emploi. Elle explique que le contenu du Code du travail sera accessible sous forme numérique.

12h46 : La direction des TPE et PME pourra négocier directement avec un élu du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat, annonce Muriel Pénicaud.

12h39 : « Dans les entreprises de moins de 50 salariés, il y a 4% de délégués syndicaux », estime Muriel Pénicaud, pour qui cela prive leurs salariés d’un droit à la négociation.

12h34 : Edouard Philippe laisse la parole à la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Celle-ci se vante d’avoir fait plus de 300 heures de réunion avec les partenaires sociaux. Regardez son intervention dans notre direct.

12h33 : Le dernier axe cité est « le renforcement de l’attractivité économique de notre territoire ».

12h33 : Le troisième axe est d’« apporter des solutions concrètes aux TPE et PME », explique Edouard Philippe, qui estime que les réformes sont trop souvent « pensées pour les grandes entreprises ».

12h33 : Le deuxième axe selon Edouard Philippe est « la construction de vrai garanties pour tous ». Il cite notamment la réforme du barème des prud’hommes.

 

[Analyse] Pourquoi Macron va en Autriche, en Roumanie et en Bulgarie

[Analyse] Pourquoi Macron va en Autriche, en Roumanie et en Bulgarie

  • En trois jours, Emmanuel Macron va rencontrer les dirigeants de cinq pays d’Europe centrale et orientale, pour sa première grande tournée européenne
    En trois jours, Emmanuel Macron va rencontrer les dirigeants de cinq pays d’Europe centrale et orientale, pour sa première grande tournée européenne | AFP

Laurent Marchand.

Le président de la République, Emmanuel Macron, lance mercredi 23 août en Autriche une mini-tournée en Europe centrale et orientale. Occasion pour lui de plaider pour un durcissement de la directive sur les travailleurs détachés.

Mercredi à Salzbourg, jeudi à Bucarest, vendredi à Varna, sur les rives de la Mer Noire. En trois jours, Emmanuel Macron va rencontrer les dirigeants de cinq pays d’Europe centrale et orientale, pour sa première grande tournée européenne. Certes, le Président a déclaré vouloir rendre visite à tous les Etats de l’Union d’ici le début de l’année 2018. Mais au-delà de cette intention, la visite qu’il entame aujourd’hui revêt une importance particulière à trois niveaux.

Les travailleurs détachés, enjeu sensible

Le premier sujet, c’est le fameux statut des travailleurs détachés qui sillonnent l’Europe en raison d’une directive adoptée en 1996. L’urgence est dictée par le calendrier. Normalement, un accord aurait dû intervenir en juin, au Conseil européen. Mais, à peine élu, l’administration Macron a bloqué cet accord et a cru bon de renvoyer le consensus à plus tard en avançant de nouvelles exigences ressenties à l’Elysée comme fondamentales.

Le dossier des travailleurs détachés « est quelque chose qui peut véritablement empoisonner l’idée européenne », estime-t-on dans l’entourage du Président, où l’on insiste sur « l’Europe protection » que défend le nouveau président. Sans un accord qui protège les entreprises françaises du dumping social pratiqué par des entreprises venues de l’Est avec des salariés à bas coût, c’est l’une des promesses de campagne qui s’effondre. Et un viatique pour le retour en force des thèses eurosceptiques.

De quoi s’agit-il ?

La directive de 1996 doit être révisée, et la Commission européenne a proposé, l’an passé, un texte avançant des propositions sur tous les sujets qui fâchent : la durée des missions, la rémunération des travailleurs détachés, la nature des conventions collectives. Paris souhaite que la durée du travail détaché soit limitée à 12 mois, et non 24 mois comme le propose la Commission.

Elle souhaite aussi que le morcellement en périodes inférieures à trois mois soit également comptabilisé, alors qu’il passe actuellement sous le radar. Elle souhaite enfin que la collaboration en matière de contrôle, entre pays d’origine et pays d’accueil des travailleurs détachés, soit effective.

Pourquoi le temps presse ?

La législation en matière de travail détaché relève du processus dit de la « codécision », c’est-à-dire d’une décision prise à la fois par le Conseil européen (les Etats) et par le Parlement européen. Le texte doit être voté en commission parlementaire le 28 septembre prochain, et en session plénière le 24 octobre, soit trois jours après le prochain Conseil européen. Actuellement, c’est l’Estonie qui assure la présidence du Conseil. Elle est plutôt favorable aux thèses françaises. En janvier, c’est la Bulgarie qui prendra la relève.

Or, à Sofia comme à Varsovie ou à Bucarest, les exigences françaises sont ressenties comme dommageables pour les entreprises et les emplois de ces pays. En allant parler directement aux dirigeants autrichiens, slovaques et tchèques (qu’il rencontre aujourd’hui à Salzbourg), roumains et bulgares, Emmanuel Macron veut accélérer la négociation. Obtenir une promesse d’accord afin de rendre possible un vote en Octobre.

Les autres thèmes du voyage

Immigration, défense, relance du projet européen. Durant ses rencontres, le président Macron va également évoquer les grands thèmes du moment. L’agenda, là aussi, exige un certain dynamisme. Alors que l’Allemagne est en campagne électorale (Angela Merkel devrait selon tous les sondages être réélues le 24 septembre prochain), la France se veut active dans une partie de l’Europe souvent délaissée par les prédécesseurs d’Emmanuel Macron.

Mercredi 23 août, Emmanuel Macron se rendra d'abord à Salzbourg en Autriche où il rencontrera le chancelier autrichien, mais aussi les Premiers ministres tchèque et slovaque.
Mercredi 23 août, Emmanuel Macron se rendra d’abord à Salzbourg en Autriche où il rencontrera le chancelier autrichien, mais aussi les Premiers ministres tchèque et slovaque. | Visactu

Aucun président français ne s’est rendu en Bulgarie depuis dix ans. C’est pourtant l’un des membres de l’UE. Avec la Roumanie, les liens culturels et économiques sont anciens et ne demandent qu’à connaître un nouvel élan. Avec l’Autriche (alignée sur Paris sur la question des travailleurs détachés et de l’immigration) idem.

Austerlitz ou Visegrad ?

L’étape salzbourgeoise du voyage a également un autre objectif. Rompre la logique anti-européenne qui anime le groupe de Visegrad (qui réunit la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la Tchéquie). En rencontrant aujourd’hui les Premiers ministres tchèque et slovaque (qui forment avec Vienne le groupe dit d’Austerlitz), Emmanuel Macron envoie un message à Varsovie et  à Budapest. La dérive anti-libérale en cours dans ces deux pays n’est pas une fatalité.

La preuve, le premier ministre slovaque vient de déclarer très clairement qu’entre Bruxelles et Visegrad il choisissait l’Europe. Une occasion à saisir pour éviter que ne se constitue un bloc, un sous-ensemble d’Europe centrale. A l’heure où Paris et Berlin veulent mettre à l’agenda un renforcement de l’Europe de la défense, du marché unique et de la zone euro, le voyage de Macron se veut un acte diplomatique de cohésion. L’état de grâce antipopuliste, déclenché par sa victoire à la présidentielle, exige un changement de rythme rapide

 

http://www.ouest-france.fr/europe/ue/analyse-pourquoi-macron-va-en-autriche-en-roumanie-et-en-bulgarie-5200244?ut

Revue de presse nationale et internationale.

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