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La Chine envisage un nouvel ordre mondial s’appuyant sur un marché du pétrole soutenu par l’or

La Chine envisage un nouvel ordre mondial s’appuyant sur un marché du pétrole soutenu par l’or


Par Damon Evans – Le 1er septembre 2017 –  Source Asia.Nikkei

DENPASAR, Indonésie – La Chine devrait prochainement lancer un contrat à terme sur le pétrole brut, évalué en yuan et convertible en or, une initiative que les analystes présentent comme pouvant transformer ce secteur.

Ce marché pourrait devenir le prix de référence du pétrole brut le plus important en Asie, étant donné que la Chine est le plus grand importateur de pétrole au monde. Le pétrole brut a généralement un prix basé sur les contrats à terme intermédiaires du Brent ou du West Texas, tous deux libellés en dollars américains.

Cette initiative chinoise permettra aux exportateurs comme la Russie et l’Iran de contourner les sanctions américaines en commerçant en yuan. Pour mieux favoriser ce commerce, la Chine déclare que le yuan sera entièrement convertible en or sur les marchés des changes de Shanghai et de Hong Kong.

« Les règles du jeu mondial concernant le pétrole pourraient commencer à changer énormément », a déclaré Luke Gromen, fondateur d’une société de recherche en macroéconomie basée aux États-Unis, la  FFTT.

Le Shanghai International Energy Exchange a commencé à former les utilisateurs potentiels et est en train d’effectuer un grand nombre de tests à la suite de sa mise en place qui s’est faite en juin et juillet. Ce sera le premier marché chinois de contrats à terme sur les matières premières ouvert aux fonds de pension, sociétés commerciales et sociétés pétrolières étrangères.

La plupart des importations de brut en Chine, en moyenne environ 7,6 millions de barils par jour en 2016, est achetée par des contrats à long terme entre les principales compagnies pétrolières chinoises et les compagnies pétrolières étrangères. Des transactions se déroulent également entre les grandes compagnies chinoises et les raffineurs chinois indépendants, et entre les grandes compagnies étrangères et les entreprises de trading internationales.

Alan Bannister, directeur pour l’Asie de S & P Global Platts, un fournisseur d’informations sur l’énergie, a déclaré que la participation active des raffineurs indépendants chinois au cours des dernières années « a créé un marché de participants domestiques plus diversifié, créant un environnement dans lequel un tel marché est plus susceptible de réussir ».

La Chine veut depuis longtemps réduire la domination du dollar américain sur les marchés des matières premières. Les contrats à terme sur l’or, libellés en yuan, sont négociés au marché du Shanghai Gold Exchange depuis avril 2016, et cette place boursière envisage de lancer ce produit à Budapest, plus tard dans l’année.

Des contrats en yuan sur l’or ont également été lancés à Hong Kong en juillet, après deux tentatives antérieures infructueuses, car la Chine cherche à internationaliser sa monnaie. Ces contrats ont été modérément couronnés de succès.

L’existence de contrats à terme en yuan sur le pétrole et l’or signifie que les utilisateurs auront l’option d’être payés en or physique, déclare Alasdair Macleod, responsable de la recherche chez Goldmoney, une société de services financiers basée sur l’or de Toronto. « C’est un mécanisme susceptible d’attirer les producteurs de pétrole qui préfèrent éviter d’utiliser des dollars mais qui n’étaient pas prêts à accepter des paiement en yuans pour la vente de pétrole à la Chine ».

Ces contrats sur l’or libellés en yuan auront des implications importantes, en particulier pour des pays comme la Russie et l’Iran, le Qatar et le Venezuela, a déclaré Louis-Vincent Gave, directeur général de Gavekal Research, une société de recherche financière basée à Hong Kong.

Ces pays seraient moins vulnérables à l’utilisation du dollar comme « arme économique » par Washington quand ils subissent la politique étrangère des États-Unis, a-t-il déclaré : «En créant un marché de l’or réglé en renminbi [un nom alternatif pour le yuan], la Russie peut maintenant vendre du pétrole à la Chine contre du renminbi, puis utiliser l’excédent de monnaie qu’elle gagne pour acheter de l’or à Hong Kong. En conséquence, la Russie n’a pas besoin d’acheter des actifs chinois ou de l’échanger en dollars. »

Grant Williams, un conseiller de Vulpes Investment Management, un sponsor de hedge funds basé à Singapour, a déclaré qu’il s’attendait à ce que la plupart des producteurs de pétrole se réjouissent d’échanger leurs réserves de pétrole contre de l’or. « C’est un moyen de transformer le liquide noir en métal jaune. C’est un mouvement stratégique que d’échanger du pétrole pour de l’or, plutôt que pour des bons du Trésor des États-Unis, qui peuvent être imprimés sans garantie », nous dit-il.

Parts de marché

La Chine a indiqué aux producteurs que ceux qui sont heureux de lui vendre en yuans bénéficieront de plus d’opportunités commerciales. Les producteurs qui ne vendront pas en yuan à la Chine perdront leur part de marché.

L’Arabie saoudite, un allié américain, en est un exemple. La Chine lui  a proposé de lui payer son pétrole en yuan, fin juillet, selon les médias chinois. Nous ne savons pas encore si l’Arabie saoudite va céder à son plus grand client, mais Pékin a déjà réduit la part de l’Arabie saoudite dans ses importations totales, qui est passée de 25% en 2008 à 15% en 2016.

Les importations chinoises de pétrole ont augmenté de 13,8% en glissement annuel au premier semestre de 2017, mais les approvisionnements venant d’Arabie saoudite ont progressé de 1% en glissement annuel. Dans le même délai, les envois de pétrole russes ont bondi de 11%, faisant de la Russie le premier fournisseur de pétrole à la Chine. L’Angola, qui a fait du yuan sa deuxième monnaie légale en 2015, a dépassé l’Arabie saoudite avec une augmentation de 22% des exportations de pétrole vers la Chine au cours de la même période.

Si l’Arabie saoudite accepte les yuans pour payer le pétrole, déclare Gave, «Washington aura du mal à l’avaler et le Trésor américain verra cela comme une menace pour l’hégémonie du dollar (…) et il est peu probable que les États-Unis continueront à approuver les ventes d’armes modernes à l’Arabie saoudite et la protection intégrée de la Maison des Saoud [la famille dirigeante du royaume] qui les accompagne. »

L’alternative pour l’Arabie saoudite est aussi peu appétissante. « Le fait d’être expulsé du marché chinois voudra dire être obligé de déverser des stocks de pétrole excédentaires sur la scène mondiale, assurant ainsi un faible prix qui continue pour le pétrole », nous fait remarquer Gave.

Mais le royaume trouve d’autres façons de rester en contact avec la Chine. Le 24 août, le ministre saoudien de l’Économie et de la Planification, Mohammed al-Tuwaijri, a déclaré à Jeddah que le gouvernement envisageait la possibilité d’émettre des bons du trésor libellés en yuan. L’Arabie saoudite et la Chine ont également convenu d’établir un fonds commun d’investissement de 20 milliards de dollars.

En outre, les deux pays pourraient cimenter leur relation si la Chine devait investir dans l’offre publique initiale prévue de 5% des parts dans Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale de l’Arabie saoudite. Cette vente devrait être la plus grande jamais faite, même si les détails sur le lieu d’inscription et l’évaluation sont encore insuffisants.

Si la Chine devait investir dans Saudi Aramco, le prix du pétrole saoudien pourrait passer du dollar américain au yuan, remarque Macleod. Sur le plan crucial, « si la Chine peut se lier Aramco, avec la Russie, l’Iran et autres, ils auront une influence sur près de 40% de la production mondiale et pourront progresser dans leur désir de virer le dollar pour le remplacer par le yuan », nous dit-il.

La Chine s’efforce également d’établir d’autres marchés de référence, sur le gaz et le cuivre, car Pékin cherche à transformer le yuan en la monnaie commerciale naturelle pour l’Asie et les marchés émergents.

Les contrats à terme en Yuan devraient attirer les intérêts des investisseurs et des fonds, tandis que les majors pétroliers étatiques, tels que PetroChina et China Petroleum & Chemical (Sinopec), fourniront des liquidités pour assurer le commerce. Les entités enregistrées localement de JPMorgan, une banque étasunienne, et UBS, une banque suisse, sont parmi les premières à obtenir l’approbation pour négocier le contrat. Mais il est entendu que le marché sera également ouvert aux investisseurs particuliers.

Damon Evans

 

: http://lesakerfrancophone.fr/la-chine-envisage-un-nouvel-ordre-mondial-sappuyant-sur-un-marche-du-petrole-soutenu-par-lor

 

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La Russie et la Chine contre l’empire du dollar

« L’art de la guerre »

La Russie et la Chine contre l’empire du dollar

C’est à tort que nous considérons chaque conflit armé dans le monde comme distinct des autres. La presque totalité d’entre eux s’insère dans un rapport plus général entre d’un côté « l’empire américain d’Occident » et, de l’autre, les Brics qui tentent de lui opposer « un ordre international alternatif ». Ce rapport de force se joue aussi bien au plan militaire qu’au plan financier.

| Rome (Italie)

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Un vaste arc de tensions et de conflits s’étend de l’Asie orientale à l’Asie centrale, du Moyen-Orient à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique latine. Les « points chauds » le long de cet arc intercontinental —Péninsule coréenne, mer de Chine méridionale, Afghanistan, Syrie, Irak, Iran, Ukraine, Libye, Venezuela et autres— ont des histoires et des caractéristiques géopolitiques différentes, mais en même temps sont reliés à un unique facteur : la stratégie avec laquelle « l’empire américain d’Occident », en déclin, essaie d’empêcher l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux. Ce que redoute Washington se comprend par le Sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui s’est tenu du 3 au 5 septembre à Xiamen en Chine.

Exprimant « les préoccupations des Brics sur l’injuste architecture économique et financière mondiale, qui ne prend pas en considération le poids croissant des économies émergentes », le président russe Poutine a souligné la nécessité de « dépasser la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve ». Référence claire au dollar US, qui constitue presque les deux tiers des réserves monétaires mondiales et la monnaie par laquelle se détermine le prix du pétrole, de l’or et d’autres matières premières stratégiques. Ce qui permet aux USA de conserver un rôle dominant, en imprimant des dollars dont la valeur se base non pas sur la réelle capacité économique états-unienne mais sur le fait qu’ils sont utilisés comme monnaie mondiale. Le yuan chinois est cependant entré il y a un an dans le panier des monnaies de réserve du Fonds monétaire international (avec le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling) et Pékin est sur le point de lancer des contrats d’achat du pétrole en yuan, convertibles en or.

Les Brics demandent en outre la révision des quotas et donc des votes attribués à chaque pays à l’intérieur du Fonds monétaire : les USA, à eux seuls, détiennent plus du double du total des votes de 24 pays de l’Amérique latine (Mexique compris) et le G7 détient le triple des votes du groupe des Brics. Washington observe avec une préoccupation croissante le partenariat russo-chinois : les échanges entre les deux pays, qui en 2017 devraient atteindre les 80 milliards de dollars, sont en forte augmentation ; en même temps augmentent les accords de coopération russo-chinoise dans le domaine énergétique, agricole, aéronautique, spatial et dans celui des infrastructures. L’achat annoncé de 14 % de la compagnie pétrolifère russe Rosneft par une compagnie chinoise et la fourniture de gaz russe à la Chine pour 38 milliards de m3 annuels à travers le nouveau gazoduc Sila Sibiri qui entrera en fonction en 2019, ouvrent à l’export énergétique russe la voie à l’Est tandis que les USA essaient de lui bloquer la voie à l’Ouest vers l’Europe.

Perdant du terrain sur le plan économique, les USA jettent sur le plateau de la balance l’épée de leur force militaire et de leur influence politique. La pression militaire US en mer de Chine méridionale et dans la péninsule coréenne, les guerres des USA et de l’Otan en Afghanistan, les guerres au Moyen-Orient et en Afrique, le coup d’épaule des USA et de l’Otan en Ukraine et la confrontation consécutive avec la Russie, entrent dans la même stratégie de confrontation mondiale contre le partenariat russo-chinois, qui n’est pas seulement économique mais géopolitique. Y entre aussi le plan de miner les Brics de l’intérieur, en ramenant les droites au pouvoir au Brésil et dans toute l’Amérique latine. C’est ce que confirmait le commandant du U.S. Southern Command, Kurt Tidd, qui prépare contre le Venezuela l’« option militaire » brandie par Trump : dans une audition au Sénat, il accusait la Russie et la Chine d’exercer une « influence maligne » en Amérique latine, pour faire avancer là aussi « leur vision d’un ordre international alternatif ».

Manlio Dinucci

Traduction

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016.

Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

http://www.voltairenet.org/article197861.html

La Chine est la mauvaise cible des sanctions contre la RPDC (ambassadeur de Chine à Washington)

La Chine est la mauvaise cible des sanctions contre la RPDC (ambassadeur de Chine à Washington)

© Chine Nouvelle (Xinhua)Shang Xu, le 16/09/2017 12:11

 

La Chine est la mauvaise cible des sanctions contre le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), a déclaré vendredi l’ambassadeur de Chine aux Etats-Unis, Cui Tiankai.

« La Chine et les Etats-Unis tirent des bénéfices du commerce bilatéral. Par conséquent, les tentatives de saborder le commerce sino-américain, ou même d’infliger des sanctions à la Chine, n’atteignent pas le but recherché », a déclaré M. Cui lors d’une réception organisée pour célébrer la Fête nationale chinoise.

« Si quelqu’un cherche à faire pression sur la Chine ou à imposer des sanctions à la Chine à cause de la situation en RPDC, peu d’Américains soutiendront cette initiative », a estimé M. Cui.

« Les travailleurs des usines américaines de construction d’avion, les cultivateurs de soja, les entreprises qui vendent des smartphones en Chine, les fabricants qui détiennent des parts de marché importantes en Chine, les entreprises du secteur des services qui ont un excédent commercial en Chine et les Etats américains qui font beaucoup de commerce avec la Chine s’y opposeront tous », a souligné M. Cui.

L’ambassadeur de Chine faisait référence à une remarque du président américain Donald Trump, qui avait écrit au début du mois sur son compte Twitter que les Etats-Unis pourraient « cesser toutes leurs activités commerciales avec les pays qui entretiennent des relations commerciales avec la RPDC« .

M. Cui s’est toutefois dit confiant en l’avenir des relations bilatérales, malgré les différends entre la Chine et les Etats-Unis.

Les deux pays collaborent étroitement pour préparer la visite d’Etat de M. Trump en Chine ainsi qu’une série de dialogues de haut niveau sur des questions telles que la cybersécurité et les échanges entre les peuples, qui ont été lancés au début de l’année.

« Les dialogues auront un effet positif sur les relations sino-américaines à long terme », a estimé M. Cui.

 

https://chine.in/actualite/cn/est-mauvaise-cible-des-sanctions-contre_102249.html

La Banque mondiale va financer la lutte contre la pollution des terres agricoles de la Chine

La Banque mondiale va financer la lutte contre la pollution des terres agricoles de la Chine

© Chine Nouvelle (Xinhua)Xiao Jiuyang, le 23/08/2017 16:20

La Banque mondiale prêtera 100 millions de dollars à un programme pour réduire la pollution aux métaux lourds dans la plus grande province productrice de riz de la Chine.

« Il s’agit du premier programme de ce type soutenu par la Banque mondiale en Chine, et il sera innovant dans la lutte contre la pollution aux métaux lourds dans les terres agricoles », a déclaré Cao Wendao, économiste agricole supérieur de la banque.

Le programme couvrira environ 8.000 hectares de terres arables dans la province chinoise du Hunan (centre) et développera une base de données de surveillance et des outils de gestion des risques.

Le prêt couvrira la plus grande partie du budget de 112 millions de dollars nécessaire, et le reste sera fourni par le gouvernement provincial du Hunan et les districts où le programme se déroulera de 2017 à 2023.

Le programme comprendra également des études sur le financement durable, qui seront communiquées à d’autres parties de la Chine.

La province du Hunan produit un dixième de la production du riz du pays, mais possède aussi de nombreux industries polluantes. Les terres agricoles ont été polluées il y a longtemps par les déchets industriels et les résidus miniers.

 

https://chine.in/actualite/cn/banque-mondiale-financer-lutte-contre_101521.htm