Archives pour la catégorie ART et CULTURE

Lettre d’Albert Camus à René Char

Lettre d’Albert Camus à René Char

2

min

camus

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent.

Albert Camus restera comme une figure singulière dans la culture et l’histoire : immense écrivain, penseur à la fois engagé et en rupture avec son époque et, fait rare, homme d’exception, à la hauteur d’une œuvre lumineuse et nécessaire. Son chemin aura croisé l’aventure d’un autre homme d’exception, René Char, poète sibyllin et résistant.

17 septembre 1957

Cher René,

Je suis en Normandie avec mes enfants, près de Paris en somme, et encore plus près de vous par le cœur. Le temps ne sépare, il n’est lâche que pour les séparés — Sinon, il est fleuve, qui porte, du même mouvement. Nous nous ressemblons beaucoup et je sais qu’il arrive qu’on ait envie de « disparaître », de n’être rien en somme. Mais vous disparaîtriez pendant dix ans que vous retrouveriez en moi la même amitié, aussi jeune qu’il y a des années quand je vous ai découvert en même temps que votre œuvre. Et je ne sais pourquoi, j’ai le sentiment qu’il en est de même pour vous, à mon égard. Quoi qu’il en soit, je voudrais que vous vous sentiez toujours libre et d’une liberté confiante, avec moi.

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante, pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. À la fin, on mourrait de chagrin, littéralement. Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion qui fondent une joie, la joie. Mais c’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont on est sûr, toujours.

Je rentre dans une semaine. Je n’ai rien fait pendant cet été, sur lequel je comptais, beaucoup, pourtant. Et cette stérilité, cette insensibilité subite et durable m’affectent beaucoup. Si vous êtes libre à la fin de la semaine prochaine (jeudi ou vendredi, le temps de me retourner) déjeunons ou dînons. Un mot dans ma boîte et ce sera convenu. Je me réjouis du fond du cœur, de vous revoir.

Votre ami

Albert Camus

couverture

 

http://www.deslettres.fr/lettre-dalbertcamus-a-rene-char-voudrais-etre-compagnon-dont-on/

Publicités

Cameroun : ouverture de la 1ère galerie d’art contemporain à Yaoundé

Cameroun : ouverture de la 1ère galerie d’art contemporain à Yaoundé
L’exposition inaugurale de la galerie d’art contemporain de Yaoundé, financée par l’Agence française de Développement (AFD) et l’Institut Français du Cameroun (IFC) dans le cadre du volet Culture du C2D, s’est clôturée fin juillet. Succès indéniable pour cette première.

Le 30 mai, la Galerie d’Art Contemporain de Yaoundé (GACY) a été inaugurée par Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Arts et de la Culture camerounais et Gilles Thibault, ambassadeur de France au Cameroun.

Le temps de l’exposition, elle a accueilli plus de 1150 visiteurs d’après les chiffres de l’IFC. Le public, majoritairement jeune et yaoundéen est surtout composé de passants, attirés par l’imposante sculpture du « notable » de Joesph Francis Sumegne postée à l’entrée du bâtiment. Par ailleurs, les classes et le jeune public venus avec des associations ont particulièrement favorisé le bouche-à-oreille auprès des adultes.

L’exposition inaugurale « Cheminement, art contemporain au Cameroun » présente une sélection d’œuvres d’artistes plasticiens camerounais, artistes confirmés ou jeunes talents. Le commissaire d’exposition, Landry Mbassi, a voulu représenter la richesse culturelle et plastique du Cameroun à travers une quarantaine d’œuvres : peinture, sculpture, photographie, dessin, vidéo, performance… Tous les médias sont mis à l’honneur.

L’art au service du développement

Cette galerie représente donc un excellent « outil de promotion et de rayonnement de l’art contemporain » : espace d’expression et de partage, la galerie permet de faire connaître des artistes locaux qui ne disposaient pas de lieu d’exposition adéquat jusqu’à présent, mais également des artistes camerounais en vogue à l’international, qui ont peu de visibilité dans leur pays. Certaines œuvres ont d’ailleurs déjà été vendues.

Lionel Manga a dit que « le développement était une question d’esthétique ». En intégrant une composante culture au deuxième Contrat de désendettement et de développement (C2D) entre le Cameroun et la France, le gouvernement a ainsi montré l’intérêt qu’il porte à la culture et à son potentiel de développement et de création d’emplois.

Ce volet culturel du C2D comprend également des projections de films africains, des formations aux métiers techniques du cinéma ou encore la création d’un ouvrage sur l’architecture de Yaoundé. Toutes ces actions visent à développer les différentes industries culturelles et le tourisme culturel mais également à apporter des valeurs et des repères, formateurs d’une identité et d’une mobilisation collective. Le développement social via la culture n’est donc pas à sous-estimer.

 

http://www.afrik.com/cameroun-ouverture-de-la-1ere-galerie-d-art-contemporain-a-yaounde