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Moscou donne son feu vert au projet russo-chinois d’exploitation d’or

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Moscou donne son feu vert au projet russo-chinois d’exploitation d’or

© Sputnik. Pavel Lisicin

Economie

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L’initiative commune de la Russie et de la Chine visant à exploiter la mine d’or de Klutchevskoïé, en Sibérie, a reçu l’approbation de Moscou.

La Russie a approuvé le projet de l’accord russo-chinois sur l’exploitation commune de la mine de Klutchevskoïé, dans la région de Transbaïkalie, en Sibérie orientale, a annoncé le Kremlin dans un communiqué publié samedi sur le site du cabinet des ministres.

Comme l’indique le document, l’accord énonce les conditions permettant à la société China National Gold Group Hong Kong Limited ou toute autre qu’elle contrôle à 100% d’acquérir entre 60 et 70% d’actions votantes de la SA Mine «Zapadnaïa Klutchi» en vue de créer un climat d’investissement favorable pendant la réalisation du projet d’exploitation.L’accord prévoit également que les métaux précieux seront produits sur le territoire russe et détermine les mesures destinées à soutenir les producteurs d’équipement minier et auxiliaire.

Fin 2016, les représentants des BRICS ont signé un mémorandum d’entente sur l’exploitation conjointe de la mine d’or de Klutchevskoïé. L’accord en question a été conclu entre SUN Gold, le Chine National Gold Group, le Fonds de développement de l’Extrême-Orient, Trans AFRICA Capital et l’investisseur brésilien Antonio Moraes Neto.

Ce projet vise à transformer le gisement de Klutchevskoïé en grande carrière ouverte, ainsi qu’à mettre en place une «production selon la technologie de lixiviation en tas avec une production attendue de 12 millions de tonnes de minerai chaque année et plus de 6,5 millions de tonnes de minerai d’or par an», selon le communiqué de presse de la compagnie indienne SUN Gold.Les parties devaient également recevoir l’approbation des autorités russes et chinoises pour créer une coentreprise. Ce projet devrait attirer entre 400 et 500 millions de dollars d’investissements.

 

https://fr.sputniknews.com/

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Dollar… moyant

Dollar… moyant

29 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Economie, #Pétrole, #Chine, #Russie

Sterling 1931, dollar 2018 ? C’est la question que se pose ouvertement le très sérieux Daily Reckoning, faisant écho à ce que nous avons expliqué à de nombreuses reprises, notamment début mai :

La vague de dédollarisation touche lentement mais sûrement la planète et met en péril l’empire américain. A ce titre, la lune de miel aurifère sino-russe est éclairante. Le mois dernier, nous écrivions :

Une nouvelle est passée à peu près inaperçue quelques semaines avant le false flag chimique de Khan Cheikhoun. La banque centrale russe a ouvert son premier bureau à l’étranger à Pékin le 14 mars, à un moment où la Russie va pour la première fois de son histoire lancer un emprunt en yuans chinois.

Fin mars, le dragon renvoyait la pareille en ouvrant une banque de compensation à Moscou afin gérer les transactions en yuans et de créer en Russie un pool de liquidités en RMB facilitant le commerce bilatéral en monnaies nationales. Ce centre pourrait devenir un important hub financier dans le cadre de l’Union Economique Eurasienne et les nouvelles routes de la Soie chinoises.

Mais surtout, les discussions avancent sur l’établissement d’un étalon-or commun aux deux pays au moment où les monnaies occidentales deviennent chaque jour un peu plus des monnaies de singe. Il est même évoqué l’éventualité de paiements commerciaux en or !

Cela fait un certain temps que l’ours et le dragon nous mijotent quelque chose avec le métal précieux.

De fait, le mariage aurifère est déjà assez poussé. La Chine paye en yuans le pétrole russe qu’elle importe. Avec ces yuans, Moscou se précipite… à Shanghai pour acheter de l’or ! Circuit autarcique dont le dollar est totalement absent.

Assistera-t-on bientôt à un échange direct pétrole contre or ? Pas impossible vu ce que nous évoquions précédemment. Mais alors pourquoi Pékin continue de pousser à l’acceptation de contrats à terme sur le pétrole en yuans dans l’optique de rendre la monnaie chinoise indispensable sur le marché de l’or noir – ce que d’aucuns nomment le pétroyuan ? Peut-être bien pour embarquer les Saoudiens dans l’aventure.

L’article du Daily Reckoning par lequel nous avons commencé ne dit pas autre chose. 1971 : fin de la convertibilité du dollar en or. 1974 : « invention » du pétrodollar par Kissinger et la maison des Seoud, forçant peu ou prou le monde à acheter l’or noir avec le billet vert et permettant à l’empire US de vivre au-dessus de ses moyens.

Mais le système est maintenant en train de craquer et c’est évidemment le duo sino-russe que l’on retrouve derrière. La triade pétrole-yuan-or exclue totalement le dollar. Moscou a été la première à accepter le nouveau paradigme, suivie par les BRICS et maintenant le Venezuela. D’autres suivront, mettant fin au rôle prépondérant du dollar comme ce dernier avait mis fin à l’hégémonie de la livre sterling dans la première moitié du XXème siècle. Éternel cycle de la grandeur et de la décadence des empires…

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/09/dollar.moyant.html

Interview de Charles Gave : L’or, l’euro, les risques pour les épargnants et investisseurs

Interview de Charles Gave : L’or, l’euro, les risques pour les épargnants et investisseurs

Publié par Fabrice Drouin Ristori | 28 sept. 2017 | Articles

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “Des Lions menés par des ânes” où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal. Il est aussi le président du think tank libéral Institut des Libertés, qu’il a fondé en 2012.

 

Fabrice Drouin Ristori : Bonjour M. Gave, merci d’avoir accepté de répondre à cette interview.

Mes questions concernent principalement les risques que vous identifiez, à l’heure actuelle, comme pouvant impacter les épargnants et investisseurs, ainsi que vos recommandations pour s’en protéger.

Commençons par les risques ; quels sont ceux que vous identifiez comme majeurs pour les épargnants et investisseurs européens ?

Charles Gave : Ne nous voilons pas la face : nous sommes dans une période sans précédent historique. Si le taux d’intérêt est là pour nous protéger de « l’incertitude du futur », alors avoir des taux d’intérêt négatifs veut dire que le futur est plus « certain » que le présent, ce qui est philosophiquement idiot. Nous sommes dans une période où l’illogisme domine, et donc demander de prévoir ce qu’il va se passer et qui est en danger est logiquement impossible.

 

Fabrice Drouin Ristori : Que pensez-vous de la situation bancaire en Europe ? Doit-on se préoccuper de la solidité des banques et des différentes mesures prises par l’Europe pour éventuellement saisir les fonds des épargnants ? Pensez-vous que nos dirigeants iront au bout de cette logique en cas de crise ?

Charles Gave : Les banques européennes sont dans une situation désespérée et les gouvernements feront tout ce qui est en leur pouvoir pour les maintenir à flot. Il faut garder le minimum de cash dans les banques, car le cash sera saisi. Les titres et les OPVCM seront beaucoup plus difficiles à saisir. Et il vaut mieux avoir son cash en euro dans une banque à Londres ou à Genève qu’en France ou en Italie.

 

Fabrice Drouin Ristori : Les assurances-vie vous semblent-elles un placement sûr dans ce contexte ?

Charles Gave : Tout dépend du sous-jacent. Si le sous-jacent est constitué d’obligations françaises, italiennes ou espagnoles, on peut craindre le pire. Si le sous-jacent est constitué de belles actions internationales, rien à craindre.

 

Fabrice Drouin Ristori : Pensez-vous que l’euro puisse survivre encore longtemps sous sa forme actuelle, et quelles seraient les conséquences de son éclatement éventuel pour les épargnants ?

Charles Gave : Les économies européennes, et en particulier celles de la France et de l’Allemagne, ne cessent de diverger. Tout système qui diverge finit toujours par exploser. Le jour où l’euro disparaît, l’Allemagne fait faillite et ce, d’autant plus, que son industrie est totalement orientée vers les voitures, dont la demande va s’effondrer dans les 10 ans qui viennent. Par contre, l’Europe du sud connaîtra un boom sans précédent.

 

Fabrice Drouin Ristori : Dans un article publié par votre société de conseil Gavekal, disponible sur Zerohedge, vous recommandez désormais l’investissement dans l’or (entre autres). Pouvez-vous nous en expliquer la logique, notamment géopolitique au regard de ce que la Chine est en train de mettre en place ?

Charles Gave : Les autorités chinoises se rendent compte que la situation actuelle est sans doute intenable et qu’une crise financière nous guette peut-être. Du coup, elles font monter en puissance aussi vite qu’elles le peuvent le yuan comme monnaie internationale de paiement. Si un pays comme l’Arabie Saoudite, par exemple, avait des excédents de yuan : comme le yuan n’est pas convertible directement, la Chine offrirait d’en échanger contre la valeur en or, dont la Chine est le plus gros producteur mondial.

En cas de crise, la zone asiatique sera la zone de stabilité, alors que le reste du monde connaîtra d’extraordinaires soubresauts.

C’est une façon fort habile de réintroduire l’or dans le système des paiements internationaux.

C’est potentiellement une bonne nouvelle pour l’or, mais surtout pour les mines d’or, qui bénéficieraient énormément d’une stabilité durable du prix du métal jaune.

 

Fabrice Drouin Ristori : Anticipez-vous un changement majeur de système monétaire dans les 5-10 années à venir ?

Charles Gave : Le vrai danger est sans doute qu’un certain nombre de pays, surtout en Europe, risquent d’avoir à réintroduire le contrôle des changes, voire des spoliations pures et simples.

Dans cet esprit, il faut privilégier les placements dans les pays où l’état de droit règne, c’est-à-dire dans des pays où la Reine d’Angleterre figure sur le billet de banque (GB, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande). Seuls ces pays sont juridiquement sûrs.

 

Fabrice Drouin Ristori : Quelles mesures doit prendre la France pour récupérer son indépendance monétaire, et économique et se préparer au mieux au changement de paradigme vers un monde multipolaire ?

Charles Gave : Une monnaie s’appuie sur une nation. L’Europe n’est pas une nation et, donc, l’euro n’est pas une monnaie.

La France, ayant perdu sa souveraineté monétaire, n’a plus ni souveraineté budgétaire ni souveraineté sur sa constitution, ni sur qui peut ou ne peut pas vivre en France.

Aucun progrès à espérer tant que l’euro sera présent. Perdre sa souveraineté monétaire, c’est perdre sa souveraineté partout.

 

https://www.goldbroker.fr/actualites/interview-charles-gave-or-euro-risques-epargnants-investisseurs-1198

Une solution en or pour la crise de la dette étasunienne

Une solution en or pour la crise de la dette étasunienne


Par Jim Rickards – Le 15 septembre 2017 – Source Daily Reckoning

À l’heure actuelle, les États-Unis détiennent une dette officielle de 20 000 milliards de dollars. Plus de la moitié de cette somme s’est accumulée au cours de la dernière décennie seulement.

Il semble que le déficit annuel sera autour de 1 000 milliards de dollars assez rapidement si les dépenses projetées sont effectivement faites.

Fondamentalement, les États-Unis sont en faillite.

Je ne dis pas cela pour dramatiser. Je ne cherche pas à effrayer les gens ou à attirer l’attention sur moi-même. C’est seulement une évaluation honnête, basée sur les chiffres.

Cela dit, une dette de 20 000 milliards de dollars serait acceptable si nous avions une économie de 50 000 milliards de dollars.

Dans ce cas, le ratio dette / PIB serait de 40%. Mais nous n’avons pas une économie de 50 000 milliards de dollars. Nous avons une économie d’environ 19 000 milliards de dollars, ce qui signifie que notre dette est plus importante que nos revenus.

Quand le ratio dette / PIB est-il trop élevé ? Quand un pays arrive-t-il au point où il faut changer les choses avant de se retrouver comme la Grèce ?

Les économistes Ken Rogoff et Carmen Reinhart ont réalisé une longue recherche historique étalée sur 800 ans, en étudiant des pays un à un, des empires dans certains cas, qui ont fait faillite ou se sont retrouvés en défaut de paiement.

Ils ont établi que la zone dangereuse se trouvait à un ratio dette / PIB de 90%. Une fois les 90% atteints, ils ont trouvé qu’un virage se faisait …

À ce moment-là, un dollar de dette récolte moins d’un dollar de rendement. La dette devient un véritable frein à la croissance.

Quel est le ratio dette / PIB américain actuel ?

105%.

Nous sommes donc profondément dans la zone rouge, c’est un fait. Et nous ne faisons que nous y enfoncer.

Les États-Unis ont un ratio dette / PIB de 105%, des milliers de milliards de dollars à rembourser, et encore plus de dépenses à prévoir.

Nous devenons de plus en plus comme la Grèce. Nous nous dirigeons vers une crise de la dette souveraine. Ce n’est pas une opinion ; c’est basé sur les chiffres.

Alors, comment s’en sortir ?

Pour les élites, il n’y a en réalité qu’une seule issue, l’inflation.

Et ils ont raison sur un seul point. Les réductions d’impôt n’y feront rien, les changements structurels dans l’économie non plus. Les deux en même temps pourraient aider si c’était fait correctement, mais le problème est tout simplement trop important.

Il ne reste qu’une seule solution, l’inflation.

Maintenant, la Fed a imprimé environ 4 000 milliards de dollars au cours des dernières années et nous n’avons toujours aucune inflation.

Mais la plus grande partie de ce nouvel argent a été donné par la Fed aux banques, qui ont tourné autour et l’ont mis en dépôt à la Fed pour en gagner les intérêts. L’argent n’a jamais pénétré l’économie, où il aurait créé de l’inflation.

En fin de compte, même la création d’argent n’a pas permis d’influer sur l’inflation.

Reste-t-il quelque chose dans le sac à malice ?

Oui, il en reste un. La Fed pourrait effectivement créer de l’inflation en environ 15 minutes si elle voulait le faire.

Comment ?

La Fed peut réunir le conseil d’administration, voter une nouvelle politique, se percher sur le balcon et annoncer au monde que, dès maintenant, le prix de l’or est de 5 000 dollars l’once.

Ils pourraient faire adopter ce nouveau prix en utilisant l’or du Trésor, stocké à Fort Knox et chez les principaux courtiers en or étasuniens pour mener des « opérations financières ouvertes » sur l’or.

Il y aura des acheteurs si le prix atteint 4 950 dollars l’once ou moins et des vendeurs si le prix atteint 5 050 dollars l’once ou plus. Ils imprimeront de l’argent pour l’acheter et réduiront la masse monétaire lorsqu’il sera revendu, via les banques.

La Fed ciblerait le prix de l’or plutôt que les taux d’intérêt.

Le but est de provoquer une augmentation généralisée du niveau de prix. Une hausse du prix de l’or de 1 350 dollars l’once à 5 000 dollars l’once revient à une dévaluation massive du dollar lorsque celui-ci est mesuré dans la quantité d’or qu’un dollar peut acheter.

Et voilà, une inflation massive en 15 minutes : le temps nécessaire pour voter la nouvelle politique.

Vous pensez que cela n’est pas possible ? C’est déjà arrivé aux États-Unis, deux fois au cours des 80 dernières années.

La première fois en 1933, lorsque le président Franklin Roosevelt a ordonné une augmentation du prix de l’or de 20,67 dollars l’once à 35,00 dollars l’once, soit une hausse de près de 75% du prix de l’or en dollars.

Il a fait cela pour briser la déflation due à la Grande Dépression, et cela a fonctionné. L’économie a fortement progressé de 1934 à 1936.

La deuxième fois dans les années 1970, lorsque Nixon a mis fin à la conversion du dollar en or pour les partenaires commerciaux des États-Unis. Nixon ne voulait pas d’inflation, mais il en a eu.

L’or est passé de 35 à 800 dollars l’once en moins de neuf ans, soit une augmentation de 2 200 %. L’inflation en dollars américains a été supérieure à 50% de 1977 à 1981. La valeur du dollar a été réduite de moitié pendant ces cinq années.

L’histoire montre qu’augmenter le prix de l’or en dollar est le moyen le plus rapide pour provoquer une inflation générale. Si les marchés ne le font pas, le gouvernement le peut. Cela fonctionne à chaque fois.

Mais ce que les gens ne réalisent pas, c’est qu’il existe une façon d’utiliser l’or pour contourner une crise du plafond de la dette si un accord n’est pas atteint dans les mois à venir.

Je l’appelle le truc étrange sur l’or, et on en parle rarement en dehors de certains cercles académiques très techniques.

Cela peut sembler étrange, mais ça marche vraiment. Voici comment…

Lorsque le Trésor a pris le contrôle de l’or de tout le pays pendant la Dépression en vertu de la Loi sur la réserve d’or de 1934, il a également pris le contrôle de l’or de la Réserve fédérale.

Mais nous avons le cinquième amendement dans ce pays qui dit que le gouvernement ne peut saisir une propriété privée sans une compensation équitable. Et malgré son nom, la Réserve fédérale n’est techniquement pas une institution gouvernementale.

Le Trésor a donc donné à la Réserve fédérale un certificat basé sur l’or en compensation, au titre du cinquième amendement (à ce jour, ce certificat est toujours au bilan de la Fed).

Maintenant, avançons jusqu’en 1953.

L’administration Eisenhower avait le même problème de plafond de la dette que nous avons aujourd’hui. Et le Congrès n’a pas augmenté le plafond de la dette à temps. Eisenhower et son secrétaire du Trésor se sont rendus compte qu’ils ne pouvaient pas payer les factures.

Qu’est-il arrivé ?

Ils ont utilisé le truc étrange sur l’or pour obtenir de l’argent. Il s’est avéré que le certificat basé sur l’or que le Trésor avait donné à la Fed en 1934 ne représentait pas tout l’or que le Trésor possédait. Il n’était pas basé sur tout l’or en possession du Trésor.

Le Trésor a donc calculé la différence, a envoyé à la Fed un nouveau certificat pour cette différence et a déclaré: « Fed, donnez-moi l’argent. » Elle l’a fait. Ainsi, le gouvernement a obtenu l’argent dont il avait besoin jusqu’à ce que le Congrès augmente le plafond de la dette.

Cette capacité existe aujourd’hui. En fait, elle existe sous une forme beaucoup plus grande, et voici pourquoi…

À l’heure actuelle, le certificat d’or de la Fed évalue l’or à 42,22 dollars l’once. Ce qui est très éloigné du prix de l’or sur le marché qui est d’environ 1 330 dollars l’once.

Le Trésor pourrait donc émettre à la Fed un nouveau certificat sur l’or en évaluant les 8 000 tonnes d’or du Trésor à 1 330 dollars l’once. Ils pourraient prendre le prix de marché actuel de 1 330 dollars, soustraire le prix officiel de 42,22 dollars et multiplier la différence par 8 000 tonnes.

J’ai fait le calcul, et ce chiffre est proche de 400 milliards de dollars.

En d’autres termes, demain matin, le Trésor pourrait délivrer à la Fed un certificat sur l’or pour les 8 000 tonnes de Fort Knox à 1 330 dollars l’once et dire à la Fed : « Donnez-nous la différence avec les 42 dollars l’once. »

Le Trésor obtiendrait près de 400 milliards de dollars sans dette supplémentaire. Cela n’ajoute pas à la dette parce que le Trésor a déjà l’or. C’est juste utiliser un capital et le valoriser sur le marché.

Si le plafond de la dette n’est pas levé, ce truc étrange sur l’or pourrait financer le gouvernement pendant presque une année entière, car nous avons un déficit d’environ 400 milliards de dollars.

Ce n’est pas un délire. Cela a déjà été fait deux fois. En 1934 et de nouveau en 1953 par l’administration Eisenhower. Cela pourrait être fait à nouveau et ne nécessite aucune législation.

Est-ce que le gouvernement travaille sur ce truc sur l’or que je viens de décrire ? Je ne sais pas.

Mais il est suspect que le secrétaire du Trésor, Mnuchin, ait récemment inspecté l’or de Fort Knox. C’est le troisième secrétaire du Trésor de l’histoire à visiter Fort Knox, et le premier depuis 1948. Cette visite est très, très inhabituelle.

Je vais garder un œil sur cette histoire, mais le message réel est que les solutions aux niveaux actuels de la dette sont inflationnistes.

Elles impliquent une réinitialisation du dollar. Cela signifie réévaluer le dollar soit grâce à un prix de l’or plus élevé, soit en valorisant l’or au prix du marché et en donnant l’argent au gouvernement.

Les choses bougent beaucoup ici, mais elles indiquent toutes une direction, une inflation plus forte. C’est le seul moyen d’empêcher une panne pour les États-Unis. Malheureusement, votre argent vaudra moins cher.

Jim Rickards

Note du Saker Francophone

Si Mnuchin est allé voir l'or à Fort Knox, c'est peut être qu'il a un doute 

... Espérons pour lui qu'il n'a pas vu un entrepôt vide ou rempli de fausses barres peintes en jaune ..

 

http://lesakerfrancophone.fr/une-solution-en-or-pour-la-crise-de-la-dette-etasunienne

La Chine envisage un nouvel ordre mondial s’appuyant sur un marché du pétrole soutenu par l’or

La Chine envisage un nouvel ordre mondial s’appuyant sur un marché du pétrole soutenu par l’or


Par Damon Evans – Le 1er septembre 2017 –  Source Asia.Nikkei

DENPASAR, Indonésie – La Chine devrait prochainement lancer un contrat à terme sur le pétrole brut, évalué en yuan et convertible en or, une initiative que les analystes présentent comme pouvant transformer ce secteur.

Ce marché pourrait devenir le prix de référence du pétrole brut le plus important en Asie, étant donné que la Chine est le plus grand importateur de pétrole au monde. Le pétrole brut a généralement un prix basé sur les contrats à terme intermédiaires du Brent ou du West Texas, tous deux libellés en dollars américains.

Cette initiative chinoise permettra aux exportateurs comme la Russie et l’Iran de contourner les sanctions américaines en commerçant en yuan. Pour mieux favoriser ce commerce, la Chine déclare que le yuan sera entièrement convertible en or sur les marchés des changes de Shanghai et de Hong Kong.

« Les règles du jeu mondial concernant le pétrole pourraient commencer à changer énormément », a déclaré Luke Gromen, fondateur d’une société de recherche en macroéconomie basée aux États-Unis, la  FFTT.

Le Shanghai International Energy Exchange a commencé à former les utilisateurs potentiels et est en train d’effectuer un grand nombre de tests à la suite de sa mise en place qui s’est faite en juin et juillet. Ce sera le premier marché chinois de contrats à terme sur les matières premières ouvert aux fonds de pension, sociétés commerciales et sociétés pétrolières étrangères.

La plupart des importations de brut en Chine, en moyenne environ 7,6 millions de barils par jour en 2016, est achetée par des contrats à long terme entre les principales compagnies pétrolières chinoises et les compagnies pétrolières étrangères. Des transactions se déroulent également entre les grandes compagnies chinoises et les raffineurs chinois indépendants, et entre les grandes compagnies étrangères et les entreprises de trading internationales.

Alan Bannister, directeur pour l’Asie de S & P Global Platts, un fournisseur d’informations sur l’énergie, a déclaré que la participation active des raffineurs indépendants chinois au cours des dernières années « a créé un marché de participants domestiques plus diversifié, créant un environnement dans lequel un tel marché est plus susceptible de réussir ».

La Chine veut depuis longtemps réduire la domination du dollar américain sur les marchés des matières premières. Les contrats à terme sur l’or, libellés en yuan, sont négociés au marché du Shanghai Gold Exchange depuis avril 2016, et cette place boursière envisage de lancer ce produit à Budapest, plus tard dans l’année.

Des contrats en yuan sur l’or ont également été lancés à Hong Kong en juillet, après deux tentatives antérieures infructueuses, car la Chine cherche à internationaliser sa monnaie. Ces contrats ont été modérément couronnés de succès.

L’existence de contrats à terme en yuan sur le pétrole et l’or signifie que les utilisateurs auront l’option d’être payés en or physique, déclare Alasdair Macleod, responsable de la recherche chez Goldmoney, une société de services financiers basée sur l’or de Toronto. « C’est un mécanisme susceptible d’attirer les producteurs de pétrole qui préfèrent éviter d’utiliser des dollars mais qui n’étaient pas prêts à accepter des paiement en yuans pour la vente de pétrole à la Chine ».

Ces contrats sur l’or libellés en yuan auront des implications importantes, en particulier pour des pays comme la Russie et l’Iran, le Qatar et le Venezuela, a déclaré Louis-Vincent Gave, directeur général de Gavekal Research, une société de recherche financière basée à Hong Kong.

Ces pays seraient moins vulnérables à l’utilisation du dollar comme « arme économique » par Washington quand ils subissent la politique étrangère des États-Unis, a-t-il déclaré : «En créant un marché de l’or réglé en renminbi [un nom alternatif pour le yuan], la Russie peut maintenant vendre du pétrole à la Chine contre du renminbi, puis utiliser l’excédent de monnaie qu’elle gagne pour acheter de l’or à Hong Kong. En conséquence, la Russie n’a pas besoin d’acheter des actifs chinois ou de l’échanger en dollars. »

Grant Williams, un conseiller de Vulpes Investment Management, un sponsor de hedge funds basé à Singapour, a déclaré qu’il s’attendait à ce que la plupart des producteurs de pétrole se réjouissent d’échanger leurs réserves de pétrole contre de l’or. « C’est un moyen de transformer le liquide noir en métal jaune. C’est un mouvement stratégique que d’échanger du pétrole pour de l’or, plutôt que pour des bons du Trésor des États-Unis, qui peuvent être imprimés sans garantie », nous dit-il.

Parts de marché

La Chine a indiqué aux producteurs que ceux qui sont heureux de lui vendre en yuans bénéficieront de plus d’opportunités commerciales. Les producteurs qui ne vendront pas en yuan à la Chine perdront leur part de marché.

L’Arabie saoudite, un allié américain, en est un exemple. La Chine lui  a proposé de lui payer son pétrole en yuan, fin juillet, selon les médias chinois. Nous ne savons pas encore si l’Arabie saoudite va céder à son plus grand client, mais Pékin a déjà réduit la part de l’Arabie saoudite dans ses importations totales, qui est passée de 25% en 2008 à 15% en 2016.

Les importations chinoises de pétrole ont augmenté de 13,8% en glissement annuel au premier semestre de 2017, mais les approvisionnements venant d’Arabie saoudite ont progressé de 1% en glissement annuel. Dans le même délai, les envois de pétrole russes ont bondi de 11%, faisant de la Russie le premier fournisseur de pétrole à la Chine. L’Angola, qui a fait du yuan sa deuxième monnaie légale en 2015, a dépassé l’Arabie saoudite avec une augmentation de 22% des exportations de pétrole vers la Chine au cours de la même période.

Si l’Arabie saoudite accepte les yuans pour payer le pétrole, déclare Gave, «Washington aura du mal à l’avaler et le Trésor américain verra cela comme une menace pour l’hégémonie du dollar (…) et il est peu probable que les États-Unis continueront à approuver les ventes d’armes modernes à l’Arabie saoudite et la protection intégrée de la Maison des Saoud [la famille dirigeante du royaume] qui les accompagne. »

L’alternative pour l’Arabie saoudite est aussi peu appétissante. « Le fait d’être expulsé du marché chinois voudra dire être obligé de déverser des stocks de pétrole excédentaires sur la scène mondiale, assurant ainsi un faible prix qui continue pour le pétrole », nous fait remarquer Gave.

Mais le royaume trouve d’autres façons de rester en contact avec la Chine. Le 24 août, le ministre saoudien de l’Économie et de la Planification, Mohammed al-Tuwaijri, a déclaré à Jeddah que le gouvernement envisageait la possibilité d’émettre des bons du trésor libellés en yuan. L’Arabie saoudite et la Chine ont également convenu d’établir un fonds commun d’investissement de 20 milliards de dollars.

En outre, les deux pays pourraient cimenter leur relation si la Chine devait investir dans l’offre publique initiale prévue de 5% des parts dans Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale de l’Arabie saoudite. Cette vente devrait être la plus grande jamais faite, même si les détails sur le lieu d’inscription et l’évaluation sont encore insuffisants.

Si la Chine devait investir dans Saudi Aramco, le prix du pétrole saoudien pourrait passer du dollar américain au yuan, remarque Macleod. Sur le plan crucial, « si la Chine peut se lier Aramco, avec la Russie, l’Iran et autres, ils auront une influence sur près de 40% de la production mondiale et pourront progresser dans leur désir de virer le dollar pour le remplacer par le yuan », nous dit-il.

La Chine s’efforce également d’établir d’autres marchés de référence, sur le gaz et le cuivre, car Pékin cherche à transformer le yuan en la monnaie commerciale naturelle pour l’Asie et les marchés émergents.

Les contrats à terme en Yuan devraient attirer les intérêts des investisseurs et des fonds, tandis que les majors pétroliers étatiques, tels que PetroChina et China Petroleum & Chemical (Sinopec), fourniront des liquidités pour assurer le commerce. Les entités enregistrées localement de JPMorgan, une banque étasunienne, et UBS, une banque suisse, sont parmi les premières à obtenir l’approbation pour négocier le contrat. Mais il est entendu que le marché sera également ouvert aux investisseurs particuliers.

Damon Evans

 

: http://lesakerfrancophone.fr/la-chine-envisage-un-nouvel-ordre-mondial-sappuyant-sur-un-marche-du-petrole-soutenu-par-lor