Bitcoin: la Chine resserre son étau, les investisseurs amers

Bitcoin: la Chine resserre son étau, les investisseurs amers

Julien GIRAULT (avec les bureaux de l’AFP)
AFP

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Le logo du bitcoin dans un magasin à Hong Kong, le 28 février 2014

Pékin (AFP) – « Les autorités ne comprennent rien au bitcoin! », peste Zhang Yanhua, créateur d’un fonds d’investissement tué dans l’oeuf à mesure que Pékin resserrait l’étau sur les crypto-monnaies — sonnant le glas d’un vaste marché, alors que les nouveaux bitcoins sont majoritairement créés en Chine.

Entérinant un tour de vis engagé dès le début du mois par le régime communiste, la banque centrale chinoise (PBOC) a sommé mi-septembre les plateformes d’échanges de monnaies virtuelles basées à Pékin et Shanghai de cesser leurs opérations de marché.

Dans son viseur: le bitcoin ou l’ethereum, ces unités électroniques s’échangeant en ligne sans être régulées par aucun pays. Or, deux plateformes chinoises, Okcoin et BTC China, accaparaient fin août 22% du volume planétaire de bitcoins.

BTC China a confirmé qu’il mettrait fin samedi à toutes transactions, cessant les conversions de bitcoins en yuans. Okcoin et Huobi lui emboîteront le pas d’ici fin octobre.

Le coup de semonce a ébranlé les cours mondiaux et fait l’effet d’une douche froide pour la communauté très active des investisseurs locaux.

« Les chances d’un revirement sont minimes », soupire Zhang Yanhua, qui s’est empressé de céder ses bitcoins. Le quinquagénaire avait établi cet été un petit fonds d’investissement consacré aux crypto-monnaies, mort prématurément.

Pour acquérir des monnaies virtuelles, « les canaux d’investissement (en yuans) se raréfient » et l’accès aux plateformes en devises étrangères « va devenir trop compliqué », explique M. Zhang à l’AFP.

D’autres cherchent la parade: les transactions de bitcoins « de gré à gré » entre particuliers prennent leur essor sur les applications de messagerie, où s’aventurent les investisseurs expérimentés. « Trop risqué », tranche Zhang Yanhua.

Pour sa part, Sun Minjie, un investisseur affirmant avoir acheté plus d’une centaine de milliers d’euros de bitcoins, entend les « conserver sur le long terme »: « je n’attends rien du gouvernement (…) Mais la vivacité du marché mondial persiste! Le sort du bitcoin ne dépend pas des autorités chinoises ».

– ‘Instrument criminel’ –

Pourquoi ce durcissement? L’Association nationale de finance internet — émanation de la PBOC — a dressé mi-septembre un violent réquisitoire contre les monnaies virtuelles, accusées d’être « l’instrument d’activités criminelles » comme « le trafic de drogue ».

Par ailleurs, le bitcoin a séduit beaucoup de Chinois ordinaires attirés par l’envolée mirobolante du cours, une popularité qui a généré « des ventes pyramidales, des fraudes financières », regrette Dong Ximiao, économiste à l’Université de Pékin.

Mais la banque centrale, qui a interdit dès début septembre les nouvelles émissions de crypto-monnaies comme moyen de levée de fonds, assure surtout vouloir combattre une « spéculation » qui a « gravement perturbé le système financier ».

« La Chine ne bannit pas le bitcoin, mais les plateformes à fins spéculatives », confirme David Yermack, professeur de finance à l’Université de New York. Pékin s’efforcerait ainsi d’enrayer les « fuites de capitaux », une hémorragie qui pénalise la valeur du yuan.

Quant à l’impact sur les marchés, « on n’observe aucune contagion », assure M. Yermack.

Certes, le cours du bitcoin en dollars avait violemment plongé mi-septembre après l’ultimatum aux plateformes chinoises. Il avait alors glissé sous 3.300 dollars. Mais il s’est repris vigoureusement et avoisinait 4.100 dollars vendredi, selon le Bitcoin Price Index.

– Terrain miné –

Autre sujet d’inquiétude: l’avenir en Chine du « minage », dont les autorités n’ont encore rien dit.

L’expression désigne la création de bitcoins: la devise virtuelle fonctionne selon la technologie du blockchain (« chaînes de blocs »), un protocole informatique dans lequel s’agrègent des blocs de transactions codés et authentifiés.

Un processus long, onéreux, énergivore et exigeant des serveurs puissants. Or, entre 60% et 70% des nouveaux bitcoins sont minés en Chine, où le leader local Bitmain possède d’imposantes infrastructures.

Ces « mineurs » chinois sont dans l’expectative: si le gouvernement s’y attaquait officiellement, « cela réduirait les volumes produits » et déplacerait le minage ailleurs, renforçant le poids d’acteurs occidentaux comme BitFury, observe Greg Revenu, associé du cabinet Bryan, Garnier & Co.

 Mais « c’est un sujet distinct des plateformes d’échanges », tempère M. Revenu. « Et à mesure que le spectre des applications du blockchain s’élargit, la Chine aura peut-être un autre regard ».

De fait, le blockchain — une technologie très sécurisée et en principe infalsifiable — se décline déjà dans la sécurité alimentaire, la finance, le fret maritime…

Et Pékin n’entend pas se laisser distancer: le ministère chinois de l’Industrie a annoncé la semaine dernière le lancement d’un laboratoire de recherche… dédié au blockchain

 

https://fr.news.yahoo.com/bitcoin-chine-resserre-%C3%A9tau-investisseurs-amers-120324633–finance.html

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J-Coin : après le Bitcoin, le Japon va lancer une nouvelle monnaie virtuelle

J-Coin : après le Bitcoin, le Japon va lancer une nouvelle monnaie virtuelle

J-Coin : après le Bitcoin, le Japon va lancer une nouvelle monnaie virtuelle

À l’instar du Bitcoin, le Japon s’apprête à lancer sa propre « cybermonnaie ». Baptisée J-Coin, celle-ci a été imaginée pour inciter les Japonais à abandonner les transactions en liquide au profit d’un système « cashless ».

Comme le dévoile une information du Financial Times, le Japon s’apprête dans les années à venir à lancer sa propre monnaie dématérialisée. Baptisée « J-Coin »,celle-ci devrait permettre aux banques du pays d’injecter jusqu’à 10 milliards de yens (90 millions de dollars) supplémentaires dans l’économie nippone afin de l’aider à rattraper son retard.

Au Japon, la plupart des transactions financières se font encore en liquide

Car aussi moderne que se présente le Japon, il faut savoir que 70% des transactions financières y sont encore réalisées en espèces. Un état de fait qui coûte très cher aux banques, qui doivent gérer en permanence de grosses liquidités, ainsi que palier les pertes liées au blanchiment ou au détournement d’argent.

Imaginé en partenariat par Mizuho Financial Group et la Japan Post Bank, le J-Coin sera convertible en yens et fonctionnera avec une application mobile créée par les banques japonaises. Les clients qui s’en serviront pourront effectuer des transactions via des QR Codes et de codes-barres en deux dimensions où seront stockées des informations numériques.

Soutenue par la banque centrale du Japon (BOJ), cette cybermonnaie devrait être effective d’ici 2020 pour les J.O de Tokyo.

Publié par Guichaoua Virginie, le

Francophonie : quelles réalités, contradictions et perspectives ?

Francophonie : quelles réalités, contradictions et perspectives ?

Par Marie-Laure POLETTI, Pierre VERLUISE, Roger PILHION, le 21 septembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Marie-Laure Poletti, a enseigné le français en France et au Québec. Responsable du Bureau pour l’enseignement des langues et des cultures (BELC) puis du département langue française du Centre international d’études pédagogiques (CIEP). Roger Pilhion a consacré la majeure partie de sa vie professionnelle au français et à la politique linguistique. Il a travaillé 18 ans à l’étranger, dans la coopération linguistique et éducative, puis 22 ans dans l’administration, au ministère des affaires étrangères en tant que sous-directeur chargé de la politique linguistique et éducative. Pierre Verluise, docteur en géopolitique, directeur des publications du Diploweb.co

La francophonie, figure imposée de tout propos sur la place de la France dans le monde reste pourtant un impensé chez beaucoup de Français, y compris dans le personnel politique. En dehors de quelques grandes messes et figures imposées, le plus grand flou entoure ce sujet. Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti ont le mérite de s’être coltinés aux réalités du terrain et d’avoir collecté d’abondantes données. Mieux, ils mettent les pieds dans le plat de certaines contradictions françaises à propos de la francophonie et osent même proposer des perspectives d’avenir.
Ils répondent de façon précise aux questions de Pierre Verluise, directeur des publications du Diploweb.com. Ils viennent de publier en version numérique et papier : Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, « … et le monde parlera français », iggybook.com, 2017.


Pierre Verluise (P. V.) : Au vu de votre expérience et des trois années passées à la rédaction de ce livre, quelles sont les principales idées fausses à propos de la francophonie ?

Roger Pilhion (R. P.) et Marie-Laure Poletti (M.-L. P) : La francophonie renvoie dans l’opinion publique française à des clichés tenaces.

Beaucoup considèrent la francophonie comme ringarde, comme dépassée, la modernité étant symbolisée par l’anglo-américain.
A ces détracteurs, objectons qu’il n’y a rien de ringard à lutter contre l’uniformisation qui est un des risques lié à la mondialisation. La mondialisation doit aller de pair avec l’affirmation de la diversité culturelle et linguistique, revendiquée par la plupart des États, comme l’a montré la Déclaration universelle sur la diversité culturelle adoptée à l’unanimité en 2002, lors de la 31e session de la Conférence générale de l’UNESCO. Les réseaux sociaux et Internet en apportent aujourd’hui une vivante illustration.

Francophonie : quelles réalités, contradictions et perspectives ?
Carte. Les francophones dans le monde
Cliquer sur la vignette pour agrandir cette carte des francophones dans le monde. Source : Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, « … et le monde parlera français », iggybook.com, 2017.

Beaucoup de Français ne se considèrent même pas comme francophones. A leurs yeux, les francophones, ce sont tous ceux qui parlent français hors de France, pas les Français.
Il faut évidemment renverser la perspective. Aujourd’hui les Français sont minoritaires parmi les francophones et le français est une langue en partage, comme toutes les langues de communication internationale.

D’aucuns voient dans la francophonie un instrument du néocolonialisme. A ceux-là, rappelons que la francophonie est née de la volonté de personnalités étrangères, telles que Léopold Sedar Senghor (Sénégal), Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger) et Norodom Sihanouk (Cambodge). Elle n’est donc pas, à l’origine, le fait d’hommes politiques français. En 2017, l’Organisation internationale de la Francophonie regroupe 84 États et gouvernements et ne saurait être réduite à un faux-nez de la diplomatie française. Au dernier Sommet de Madagascar (2016), le président Hollande s’est même fait voler la vedette par Justin Trudeau.

On ne compte plus les déclarations des hommes politiques français annonçant 500, voire 750 millions de francophones en 2050. Ces chiffres s’appuient sur la croissance démographique annoncée de l’Afrique dans les 30 à 50 prochaines années. La réalité est un peu plus complexe et incertaine. La croissance du français en Afrique va dépendre des évolutions du taux de francophones qui varie considérablement d’un pays à l’autre. Aujourd’hui, selon les données communiquées par l’OIF, ils se situent entre 6 % au Rwanda et 73 % de la population à Maurice, la moyenne se situant à 32,3 % pour les 21 pays concernés d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien. En outre, les positions du français en Afrique demeurent assez fragiles. Certaines élites africaines mondialisées sont tentées par l’anglais, à l’instar des élites françaises et le français ne va pas toujours de soi dans certains de ces pays. Le Rwanda a ainsi fait le choix de l’anglais.

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Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti
Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti viennent de publier « … et le monde parlera français », iggybook.com, 2017.

P. V. : Quels sont les principaux lieux, chiffres et faits à connaître pour appréhender de façon pertinente la situation en 2017 de la francophonie ?

R. P. et M.-L. P : Voici les chiffres clés pour situer la langue française dans le monde.

. La langue française est parlée par 130 millions de francophones réels et compte entre 70 et 100 millions de francophones occasionnels. L’OIF estimait même le nombre de francophones en 2014 à 274 millions.

. Le français se situerait au 9e rang des langues les plus parlées dans le monde et même au 5e selon l’Observatoire de la langue française de l’OIF.

. Le français est langue officielle ou co-officielle dans 29 pays.

. 7 autres pays comptent plus de 20 % de francophones dans leur population ce qui porte le nombre de pays majoritairement ou partiellement francophones à 36.

. Le français est langue officielle et de travail dans la plupart des organisations internationales.

. Le français est, après l’anglais, la seconde langue la plus traduite.

. Le français est la quatrième langue d’Internet.

. Plus d’un francophone sur deux vit dans un environnement plurilingue.

La francophonie peut faire valoir de nombreux atouts.

. L’enseignement de la langue française dans la quasi-totalité des systèmes éducatifs dans le monde.

. L’Organisation internationale de la Francophonie, seule organisation internationale reposant sur une langue en partage.

. L’image de la France dans le monde, perçue par beaucoup comme porteuse de valeurs universelles héritées des Lumières et de la Révolution française.

. Des centaines de milliers de professeurs étrangers de français, partout dans le monde, donnant à découvrir et à apprécier la langue française. Ils sont les premiers ambassadeurs de la France et de la francophonie auprès de la jeunesse.

. Une diplomatie culturelle parmi les plus développées, portée par un réseau d’ambassades, d’établissements d’enseignement, d’instituts français et d’alliances françaises. Son expertise en matière de coopération linguistique, en appui à l’enseignement et à la diffusion du français, est ancienne et reconnue.

. TV5MONDE, RFI, France 24 et bien d’autres médias à travers internet et les réseaux câblés qui font connaître la France et la francophonie, partout dans le monde.

. La mobilité internationale en pleine expansion qui concourt au rayonnement de la France et du français, qu’il s’agisse des quelque 2,5 millions Français vivant à l’étranger ou des populations étrangères et immigrées en France, au premier rang desquelles figurent près de 300 000 étudiants étrangers.

Voici les acteurs de la francophonie et du français.

. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) regroupe 84 États et gouvernements (dont 26 membres observateurs et cinq entités régionales).

. L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) compte 804 établissements membres dans 102 pays.

. L’Association internationale des maires francophones (AIMF) compte 265 villes et associations nationales de pouvoirs locaux dans 49 pays.

. TV5MONDE a une audience hebdomadaire de 55 millions de téléspectateurs.

. L’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) comprend des représentants de 78 parlements ou organisations parlementaires.

. Le dispositif diplomatique français comprend 162 ambassades, 17 représentations permanentes auprès des instances multilatérales et 92 consulats généraux et consulats.

. Le dispositif culturel français est constitué de 96 instituts français (totalisant 225 implantations) et de 812 alliances françaises dont 700 assurent des cours de français.

. De multiples acteurs publics belges, français, québécois et suisses, interviennent en appui à la promotion de la langue française et de la francophonie.

. Des réseaux associatifs multiples interviennent en appui à la promotion du français : les alliances françaises, la Mission laïque française, la Fédération internationale des professeurs de français…

L’apprentissage du et en français dans le monde peut s’appréhender avec les éléments suivants.

. Le français est la seconde langue vivante la plus enseignée comme langue étrangère.

. Le français est langue d’enseignement pour plus de 77 millions d’élèves et d’étudiants.

. 49 millions d’élèves et d’étudiants apprennent le français comme langue étrangère.

. Plus d’1,3 millions d’élèves suivent un enseignement bilingue francophone dans 51 pays.

. On estime à 900 000 le nombre de professeurs de français dans le monde.

. Plus de 1 800 assistants français de langue sont envoyés dans une vingtaine de pays étrangers dans le cadre d’un des programmes de mobilité les plus importants en appui à l’enseignement du français à l’étranger.

. 320 000 élèves, dont 63 % d’élèves étrangers, étaient inscrits dans un des 494 établissements d’enseignement français à l’étranger et de la Mission laïque française, en 2014-2015.

. 620 000 étudiants ont suivi des cours dans les instituts français et les alliances françaises en 2015.

. 410 000 candidats se sont présentés au Diplôme approfondi de langue française (DELF) et au DALF en 2015 dans 173 pays.

. 151 000 candidats ont passé le Test de connaissance du français (TCF) ou le Test d’évaluation du français (TEF) en 2015.

. 132 000 étrangers ont suivi des cours de français en France en 2014.

La francophonie économique peut s’appréhender avec les éléments ci-après.

. Le français est la troisième langue des affaires dans le monde.

. L’espace des pays membres de l’OIF représente plus de 20 % des échanges commerciaux dans le monde.

. Le PIB des 37 pays majoritairement ou partiellement francophones représente 6 193 milliards d’euros, soit 8,5 % du PIB mondial (Source : rapport Attali, incluant la Moldavie, ce qui porte à 37 le nombre de pays concernés).

. La France est la 5e puissance économique mondiale avec un PIB de 2 154 milliards d’euros.

. La France est le premier pays d’accueil de touristes dans le monde avec 85 millions de personnes en 2015.

. L’exportation de biens culturels français a représenté 2,7 milliards d’euros en 2015.

. La France est la troisième destination pour les étudiants étrangers, avec 298 900 étudiants en 2014-2015.

. L’aide publique française au développement (APD) s’est établie à 8,3 milliards d’euros en 2015 (5e bailleur mondial).

En 2017, le rayonnement culturel et scientifique de la France s’exprime à travers ces chiffres.

. 15 prix Nobel de littérature (1er rang mondial).

. 13 prix Nobel de médecine.

. 13 prix Nobel d’économie.

. 3 médailles Field (2e rang mondial).

. Le livre est la 1e industrie culturelle française avec près de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. 25 % du chiffre d’affaires de l’édition française se réalise sur les marchés étrangers, ce qui constitue le 2e poste d’exportation de la France dans le domaine des biens culturels, après les objets d’art.

. Deezer, une plateforme musicale française, est présente dans 182 pays avec plus de 40 millions de titres.

. Pour la 3e fois en 4 ans, les films français ont franchi, en 2015, le seuil des 100 millions de spectateurs à l’international, avec 515 films français en exploitation dans les salles étrangères.

. L’institut français et le réseau culturel français à l’étranger ont organisé, en 2015, plus de 36 000 projections de films, plus de 2 000 projets culturels internationaux et plus de 100 débats d’idées.


P. V. : Quelles sont les grandes contradictions des politiques publiques françaises et de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ?

R. P. et M.-L. P : Première contradiction : Sur les 84 pays et gouvernements membres de plein droit, membres associés et membres observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie, seuls 36 pays sont majoritairement ou partiellement francophones. La majorité des pays membres ne le sont donc pas. Leur adhésion peut s’expliquer par l’attachement à des valeurs portées par la Francophonie, à l’histoire, à des contextes régionaux particuliers ou encore à une démarche francophile, voire à la recherche d’un contre-pouvoir face à l’anglo-américain.

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Carte des 84 Etats et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)
Cliquer sur la vignette pour agrandir cette carte des 84 Etats et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Source : Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, « … et le monde parlera français », iggybook.com, 2017.

Ces élargissements de l’OIF n’ont pas été conditionnés à des mesures en faveur de l’enseignement de la langue française, alors même que la raison d’être de l’OIF repose sur cette langue en partage. Une seule initiative en ce sens a été prise au Sommet de Québec d’octobre 2008 : l’adoption d’une ″Résolution sur la langue française″ créant des ″pactes linguistiques.″
Le pacte linguistique intervient, à la demande des États sur la base de leur volonté de renforcer chez eux la promotion de la langue française. Il scelle un partenariat qui définit les apports des deux parties, l’OIF et les opérateurs spécialisés de la Francophonie proposant des mesures d’accompagnement aux engagements pris par les États. Cette démarche n’a concerné, à ce jour, que très peu de pays, car elle n’est pas obligatoire et n’entraîne pas la mise en place de financements spécifiques qui seraient nécessaires pour les pays les plus pauvres. Elle implique un simple soutien technique de l’OIF et de ses opérateurs.

Deuxième contradiction : considérer que la promotion du français passe prioritairement par la présence d’un réseau culturel et scolaire extrêmement développé.
Le dispositif culturel se compose de deux ensembles : un réseau public de 96 instituts français totalisant 225 implantations (l’Institut français d’Allemagne fédère ainsi 11 instituts et 3 antennes culturelles dans différentes villes, telles que Berlin, Munich, Stuttgart et Hambourg) et environ 800 alliances françaises, au statut associatif, (dont 700 dispensent des cours de français). Au total, le dispositif culturel français compte plus de 1000 implantations. Il accueille environ 620 000 étudiants chaque année.
Rapprochons ces chiffres d’autres dispositifs culturels comparables : selon les dernières statistiques disponibles pour chacun de ces réseaux (de 2010-2011 à 2014), le British Council comptait 191 établissements culturels dans 110 pays et territoires ; l’Institut Goethe en comptait 149 dans 93 pays ; les instituts culturels italiens étaient au nombre de 89 dans 61 pays ; l’Institut Cervantès en comptait 70 dans 40 pays ; l’Institut Camoens 19 dans 15 pays. Quant à la République populaire de Chine, elle aurait ouvert environ 500 Instituts Confucius au cours des 10 dernières années, tous rattachés à des structures administratives du pays d’accueil.
Le dispositif scolaire compte 494 établissements d’enseignement dans 136 pays. 336 000 élèves y sont scolarisés, dont 211 000 élèves étrangers, des effectifs en augmentation régulière de 2 à 3 % chaque année.
Sur les 494 établissements recensés, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, établissement public, en gère 74 directement. 156 sont des associations et des fondations qui ont passé une convention avec elle et 264 sont des établissements partenaires de l’Agence. Parmi ceux-ci, 109 appartiennent au réseau de la Mission laïque française, association reconnue d’utilité publique qui gère, en outre, une vingtaine d’écoles d’entreprises.

Rapprochons ces chiffres de réseaux scolaires comparables d’autres pays. Il existe 60 écoles allemandes à l’étranger pour 3 millions d’Allemands expatriés. Prenons le cas des écoles américaines à l’étranger. Elles sont, pour l’essentiel, entièrement privées et ne bénéficient qu’indirectement d’aides publiques, et elles proposent le plus souvent une offre de services plus attrayante en termes d’installations et d’équipements que les écoles françaises, avec des droits de scolarité, il est vrai, sensiblement supérieurs. Où serait le problème si nous avions, au moins dans certains pays, une organisation comparable assortie d’un système d’attribution de bourses pour les élèves français, en fonction des revenus des familles ?

Au total, dans ce qu’il est convenu d’appeler dans le jargon du Quai d’Orsay, les ″emprises françaises″, on accueille donc environ un million d’élèves et d’apprenants de français, un chiffre à mettre en relation avec les quelque 43 millions d’élèves et d’étudiants de français langue étrangère dans le monde et les 77 millions d’élèves et d’étudiants ayant le français pour langue d’enseignement dans 33 pays et régions dans le monde.

Dans un contexte de pénurie budgétaire, le Quai d’Orsay est dans la nécessité de privilégier de plus en plus le dispositif culturel et scolaire, au détriment des crédits et des actions de coopération en faveur du français dans les systèmes éducatifs nationaux et des établissements d’enseignement supérieur étrangers.

Evidemment, il ne s’agit pas d’abandonner les instituts et les alliances mais il faut concevoir une politique adaptée à nos moyens et à des objectifs stratégiques recherchant la meilleure efficacité. La promotion du français doit porter prioritairement sur le soutien à l’enseignement du et en français dans les systèmes éducatifs étrangers, dans le numérique et les réseaux sociaux.

Imaginerait-on un seul instant que la situation de l’allemand en France reposerait sur l’enseignement de cette langue dans les instituts Goethe en France et dans les écoles allemandes ? C’est pourtant ce que prône aujourd’hui très largement la politique mise en place par le Quai d’Orsay en faveur du français.

P. V. : Quels sont maintenant les véritables enjeux de la francophonie et de la promotion du français comme langue internationale ?

R. P. et M.-L. P : Les enjeux sont multiples.

. Le plurilinguisme et la diversité culturelle sont des enjeux fondamentaux dans la mondialisation. Ils touchent au cœur des identités.

. La Francophonie s’affirme comme un lieu de respect de la diversité linguistique et culturelle.

. Le plurilinguisme est au cœur de la construction européenne. Et la domination d’une seule langue dans les institutions européennes est un contre-sens qui éloigne l’Europe des peuples qui la constituent.

. La langue française et la francophonie constituent une des alternatives au modèle anglo-saxon dominant et un des contre-pouvoirs.

. La francophonie constitue un espace propice aux échanges économiques.

. Le français langue étrangère est un marché qui crée de l’activité et des emplois.

. La langue française est un vecteur d’influence pour la France dans le monde et un enjeu politique.

. La francophonie est un des atouts de la diplomatie française.

. L’exportation de produits culturels est un enjeu économique et politique.

P. V. : Dans ce contexte, quels atouts la francophone peut-elle faire valoir ?

R. P. et M.-L. P :
. La diffusion internationale du français, seule langue parlée, avec l’anglais, sur les cinq continents.

. L’existence d’une organisation internationale ayant la langue française comme pivot et comptant 84 pays et régions membres.

. L’existence de 36 pays sur les 5 continents ayant le français comme langue officielle ou co-officielle ou comme langue d’usage.

. Le statut du français, comme langue officielle et de travail, dans la plupart des organisations internationales.

. L’image de la France dans le monde.

. L’enseignement du français dans la quasi-totalité des systèmes éducatifs dans le monde.

. La présence de centaines de milliers de professeurs étrangers de français, partout dans le monde, qui donnent à découvrir et à apprécier la langue française. Ils sont les premiers ambassadeurs de la France et de la francophonie auprès de la jeunesse.

. La diplomatie culturelle française, parmi les plus développées, portée par un réseau d’ambassades, d’établissements d’enseignement, d’instituts français et d’alliances françaises.

. L’existence de médias internationaux, comme TV5MONDE, RFI, France 24 et bien d’autres à travers internet et les réseaux câblés qui font connaître la France et la francophonie, partout dans le monde.

. La mobilité internationale en pleine expansion qui concourt au rayonnement de la France et du français, qu’il s’agisse des quelque 2,5 millions de Français vivant à l’étranger ou des populations étrangères et immigrées en France, au premier rang desquelles figurent près de 300 000 étudiants étrangers.


P. V. : Le « Brexit » représente-t-il une opportunité pour la place du français dans les institutions européennes ?

R. P. et M.-L. P : Dans la mesure où les deux autres pays partiellement anglophones membres de l’Union européenne, l’Irlande et Malte ont fait le choix de leur langue nationale, le gaëlique et le maltais, comme langues officielles de l’Union européenne, la sortie du Royaume-Uni pose, d’un point de vue juridique, le problème du maintien de cette langue dans les instances de l’UE.

Dans les faits, il apparaît peu probable que le Brexit entraîne l’éviction de l’anglais dont l’usage prédomine largement.

Un rééquilibrage pourrait toutefois être progressivement engagé au profit du français et de l’allemand, les deux autres langues de travail de l’UE, par une politique volontariste conduite à l’instigation de la France et de l’Allemagne. Ces deux pays pourraient avoir intérêt à favoriser aussi la place de l’espagnol qui est l’une des grandes langues européennes les plus parlées dans le monde.

L’Union européenne pourrait ainsi projeter vers l’extérieur l’image de sa diversité.

P. V. : Quelles seraient les bonnes pratiques, les priorités géographiques et sectorielles à développer par une action politique enfin placée à la hauteur des enjeux ?

R. P. et M.-L. P : Il conviendrait d’abord d’organiser la politique de promotion du français sur la base de priorités géographiques

. En Europe
 : focaliser les moyens sur les pays d’Europe centrale membres de la Francophonie et les grands pays européens voisins de la France.

. Cibler prioritairement les pays membres ou membres observateurs de la Francophonie en suscitant la création de pactes linguistiques et en agissant sur la formation des professeurs de français et sur le développement d’un enseignement de qualité notamment l’enseignement bilingue francophone et les filières universitaires.

. Engager une action visant à rééquilibrer l’emploi des langues de travail dans les différentes instances de l’Union européenne, dans la perspective du Brexit, en lien étroit avec l’Allemagne et, le cas échéant l’Espagne.

. En Afrique : replacer l’éducation au cœur de la politique française d’aide au développement, en ciblant prioritairement, pour les pays ayant le français comme langue d’enseignement, la formation linguistique et pédagogique des enseignants.

. Dans le monde arabe, qui compte plus de la moitié des élèves suivant un enseignement du français, favoriser, partout où c’est possible, un enseignement en langue française et un environnement francophone.

. Ailleurs dans le monde : favoriser l’enseignement du français dans des établissements offrant des garanties de qualité et cibler, dans la formation aux adultes, des publics prioritaires dans des secteurs porteurs. Viser prioritairement les pays membres ou membres observateurs de la Francophonie, les grands pays émergents, notamment ceux où le français est en progression, comme l’Inde et la Chine et soutenir, partout ailleurs, les dispositifs ou les réseaux qui proposent un enseignement du français, comme aux Etats-Unis d’Amérique, en Russie, en Amérique latine, en Corée du sud, au Japon…

Il faudrait aussi organiser la politique de promotion du français sur la base de priorités sectorielles.

. Former les enseignants, qu’il s’agisse de formation initiale ou continue, dans les pays d’Afrique subsaharienne francophones, dans l’océan Indien, en Haïti…

. Promouvoir et soutenir l’enseignement du et en français dans les systèmes éducatifs et l’enseignement supérieur partout dans le monde.

. Favoriser partout où c’est possible l’enseignement en langue française, notamment dans les pays non francophones, par un soutien à la création d’établissements ou de classes bilingues francophones.

. Développer l’enseignement français à l’étranger en s’appuyant sur le savoir-faire de la Mission laïque française.

. Soutenir le marché de la formation linguistique des adultes dans le réseau des instituts français et des alliances françaises mais aussi dans les centres de langues publics et privés et cibler les publics porteurs. Favoriser, dans tous ces centres, une démarche d’assurance qualité conduisant au label « Qualité français langue étrangère ».

. Proposer un apprentissage du français en ligne.

Il faut encore mettre en œuvre des axes stratégiques qui répondent à des besoins spécifiques dans des contextes particuliers.

. Soutenir l’emploi du français dans les organisations internationales.

. Favoriser l’emploi du français des affaires et dans les affaires.

. Favoriser la mobilité des élèves, des étudiants et des enseignants.

. Favoriser la reconnaissance institutionnelle des apprentissages, des enseignements et des compétences professionnelles (tests, diplômes, labels).

. Favoriser un environnement francophone.

Il faudrait encore s’inspirer des bonnes pratiques et des réussites pour aller plus loin.

. Assumer sans renoncements la loi Toubon (1994) rendant obligatoire l’usage du français en France, sans exclure l’usage d’autres langues.

. Poursuivre les travaux d’enrichissement de la langue française qui constituent une force de proposition partagée entre les pays francophones.

. Favoriser le développement des filières offrant un enseignement du et en français de qualité, comme les sections bilingues francophones, les classes d’immersion et les filières universitaires francophones.

. Soutenir la coopération universitaire francophone mise en place sous l’égide de l’Agence universitaire de la Francophonie.

. Développer les certifications en langue française, diplômes et tests, implantées dans plus de 170 pays.

. Favoriser l’internationalisation du label Qualité français langue étrangère dans lequel sont engagés la plupart des centres de langue française en France.

. Poursuivre le programme d’échange d’assistants de langue intéressant plus de 60 pays et l’étendre aux pays membres de l’OIF, en favorisant la participation d’assistants de langue française originaires des pays francophones d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien.

. Accompagner de démarches politiques les programmes de formation linguistique de fonctionnaires étrangers, dans les organisations internationales, en lien avec la Francophonie.

. Poursuivre les actions de promotion du français et de la francophonie, comme la Journée de la Francophonie, en ciblant prioritairement les jeunes.

Il importe de faire de la promotion du français dans le monde et de la francophonie une véritable priorité politique.

D’abord, il convient de renforcer le pilotage politique.

. Créer un ministère délégué auprès du premier ministre, chargé de la langue française et de la francophonie.

. Substituer à l’actuelle Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) une administration rattachée à ce ministère et constituée de représentants des différentes administrations concernées.

. Simplifier et clarifier le dispositif administratif actuel.

. Redynamiser le dispositif de soutien et de promotion du français (coopération linguistique) : repenser les conditions de recrutement et de professionnalisation des personnels et ouvrir ce dispositif à des personnalités locales de haut niveau.

. Concevoir actions et projets en prenant appui sur des institutions telles que l’OIF, l’AUF, le CIEP, l’Institut français, la CCI-Paris Ile-de-France, les départements universitaires de Français langue étrangère (FLE), les éditeurs de FLE, TV5MONDE, France Médias Monde et des jeunes pousses (start up).

. Replacer l’éducation au cœur de la politique française d’aide au développement et apporter un soutien particulier aux pays dont le français est langue d’enseignement.

. Elargir le champ d’intervention de l’Agence française de développement (AFD) à la coopération linguistique et francophone.

. Mobiliser davantage l’expertise française dans les projets d’appui aux systèmes éducatifs des pays francophones en développement financés par des bailleurs internationaux, en s’appuyant sur Expertise France et le CIEP.

. Rééquilibrer les budgets de la diplomatie culturelle française au profit de la coopération linguistique, des alliances françaises et de la Mission laïque française, en réduisant le budget de l’AEFE.

Il faut aussi renforcer la Francophonie institutionnelle et faire de ce dossier un des axes prioritaires de la diplomatie française.

. Augmenter le budget de l’OIF en élevant le niveau des contributions obligatoires des Etats membres de plein droit et des membres observateurs.

. Abonder les contributions volontaires françaises à l’OIF pour financer des projets spécifiques.

. Redynamiser les pactes linguistiques et les accompagner techniquement et financièrement.

. Créer un programme ERASMUS francophone ouvert aux étudiants des pays proposant un enseignement en français et mandater l’AUF pour en assurer la gestion.

. Faire de l’Alliance française, partout où c’est possible, une alliance francophone.

. Renforcer l’articulation entre les actions engagées par les pays et régions francophones (France, Fédération Wallonie-Bruxelles, Québec, Suisse romande) pour la promotion du français.

. Renforcer l’articulation entre les coopérations bilatérales des pays et régions francophones et la coopération multilatérale francophone (OIF, AUF, TV5MONDE, AIMF, Université Senghor).


Il serait utile de repenser la politique d’enseignement des langues étrangères en France.

. Proposer dès le plus jeune âge un enseignement de type bilingue, fondé sur le principe de la diversité de l’offre de langues : anglais, allemand, espagnol, italien, portugais, chinois, russe, arabe … et en faisant appel à des enseignants étrangers.

. Proposer une offre de cours de langues étrangères diversifiée dans l’enseignement scolaire et dans l’enseignement supérieur français.

. Introduire dans certaines filières universitaires des cours sur la francophonie et sensibiliser les étudiants, notamment de sciences politiques, à ces enjeux.

Enfin, il serait pertinent d’agir auprès des médias pour sensibiliser davantage l’opinion publique française aux enjeux de la promotion du français comme langue internationale et à la francophonie.

Copyright 2017-Pilhion-Poletti-Verluise/Diploweb.com


Plus

. Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, «  … et le monde parlera français  », iggybook.com, 2017
Le livre peut être commandé en librairie et sur les principales plateformes numériques.
Livre en version papier : ISBN 9782363156365 – 18 € TTC
Livre en version numérique : ISBN 9782363156358 – 4,99 € TTC

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Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, « … et le monde parlera français », iggybook.com, 2017
Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti ont le mérite de s’être coltiné aux réalités et d’avoir collecté d’abondantes données. Mieux, ils mettent les pieds dans le plat de certaines contradictions françaises à propos de la francophonie et osent même proposer des perspectives d’avenir.

4e de couverture

Dans un contexte de repli et d’interrogations, ce livre dresse un état des lieux, décrit les acteurs et les enjeux liés à la diffusion internationale de la langue française et à la francophonie et esquisse des stratégies de remobilisation pragmatiques et concrètes.

Plus sur le site de l’éditeur


Principaux sigles utilisés dans cet article :
AEFE – Agence pour l’enseignement français à l’étranger
AFD – Agence française de développement
AUF- Agence universitaire de la francophonie
AIMF Association internationale des maires francophones
DGLFLF – Délégation générale à la langue française et aux langues de France
OIF – Organisation internationale de la Francophonie
CIEP – Centre international d’études pédagogiques
CCI – Chambre de commerce et d’industrie
FLE – français langue étrangère
TCF –Test de connaissance du français
TEF – Test d’évaluation du français
DELF – Diplôme approfondi de langue française

 

https://www.diploweb.com/Francophonie-quelles-realites-contradictions-et-perspectives.html

Ouvrir l’horizon : un objectif clé de la deuxième décennie dorée du BRICS

Ouvrir l’horizon : un objectif clé de la deuxième décennie dorée du BRICS

Passé inaperçu en Occident, le sommet du BRICS de Xianmen marque une nouvelle étape dans le développement de cette institution internationale. Zhao Minghao rapporte les trois principaux objectifs du sommet et le concept de « BRICS Plus ».

| Beijing (Chine)

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Le BRICS rassemble depuis 2009 le Brésil, la Russie l’Inde, la Chine —et deux ans plus tard— l’Afrique du Sud (Brazil, Russia, India, China, South Africa), soit plus de 40 % de la population mondiale.

Après plusieurs mois, le conflit à propos de la frontière du Doklam opposant la Chine et l’Inde s’est résolu de manière pacifique. Les deux parties sont des membres fondateurs du BRICS et espèrent toutes deux maintenir leur unité avec les autres économies émergentes. Comme a dit le président Xi Jingping : « La coopération du BRICS est une innovation, qui transcende le vieux schéma d’alliance politique et militaire et qui préfère les partenariats aux alliances. » De plus, les pays du BRICS tentent les uns les autres de dépasser les différences entre leurs idéologies et systèmes politiques respectifs pour chercher des ententes « gagnant-gagnant » plutôt que de jouer à somme nulle.

La première réunion des ministres des Affaires étrangères du BRICS fut convoquée en septembre 2006, marquant alors la fondation du mécanisme du BRICS. Dix ans plus tard, le BRICS était devenu un bloc économique international majeur représentant quelques-uns des plus importants pays en développement et économies émergentes.

Depuis, les États membres du BRICS ont accru leur part de l’économie globale, passant de 12 % à 23 %, leur commerce a augmenté de 11 % à 16 % et l’investissement est passé de 7 % à 12 %. Plus important encore, la contribution des économies du BRICS à la croissance de l’économie mondiale a maintenant dépassé les 50 %.

Face à la politique de Donald Trump, « L’Amérique d’abord », l’économie mondiale court un risque de diminution du multilatéralisme. Si les pays développés et émergents continuent de se tourner vers eux-mêmes et de reculer en matière de coopération dans les politiques macro-économiques, la flamme vacillante de la guérison économique mondiale pourrait être soufflée.

Dans les derniers mois, plusieurs économistes dont la directrice du Fond monétaire internationale (FMI), Christine Lagarde, a déclaré que l’économie mondiale montre finalement des signes d’un nouvel élan, dix ans après la crise financière. Les États-Unis, l’Europe et le Japon ont connu une croissance constante pendante que la Russie, le Brésil et l’Afrique du Sud ont également rapporté des chiffres en hausse. La Chine et l’Inde, de leur côté, ont maintenu leur croissance à des niveaux moyens à élevés.

Le sommet du BRICS de Xiamen entend faire entrer le mécanisme dans sa seconde décennie dorée.

Premièrement, les pays du BRICS ont été diligents à mettre en place de nouvelles mesures afin de stimuler les échanges dans les services, l’investissement et le commerce électronique. En 2015, les exportations des membres du BRICS en termes de services ont atteint 540 milliards de dollars, soit seulement 11,3 % du total mondial. Avec l’expansion de la classe moyenne dans les pays du BRICS, les opportunités de coopération foisonnent de toute part, en santé, en tourisme, en éducation ainsi que dans plusieurs autres secteurs.

De plus, les pays du BRICS ont travaillé à implanter des schémas afin de faciliter l’investissement, incluant des mesures pour améliorer l’efficacité de l’approbation administrative et l’ouverture des diverses industries. Le groupe de travail sur le commerce électronique du BRICS a été établi en août afin d’aider le développement des petites et moyennes entreprises de commerce électronique et en faire une force dynamique soutenant, pour le futur, la coopération et l’échange du groupe.

Deuxièmement, les pays du BRICS cherchent à promouvoir activement l’amélioration de la gouvernance globale. Mis à part les réformes déjà prévues émanant des institutions internationales telles que le Conseil de Sécurité de l’ONU et du FMI, le pays du BRICS ont déjà établi des mécanismes de coopération dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la gestion spatiale, la cyber-sécurité et de la sécurité énergétique. Comme ils sont parmi les plus grands consommateurs et exportateurs d’énergie au monde, les pays du BRICS vont mettre en place des mécanismes de coopération afin d’augmenter les réserves stratégiques d’énergie, de développer les énergies renouvelables et d’améliorer l’efficacité énergétique.

Troisièmement, les membres du BRICS visent à améliorer la coopération sur les questions de sécurité nationale et régionale relatives à certains points stratégiques. Pendant la septième rencontre des hauts représentants sur les questions de sécurité en juillet, il a été décidé qu’une coopération plus en profondeur, autant au niveau politique que sur les questions de sécurité, serait la clé du renforcement du mécanisme du BRICS. La situation politique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord fut au centre de l’attention et des questions relatives à la situation en Afghanistan furent évoquées à plusieurs reprises dans la déclaration conjointe [1].

Plus important encore, le sommet de Xiamen entend pousser le concept de « BRICS Plus ». Celui-ci encourage les membres du BRICS à approfondir les relations avec les autres pays en voie de développement pour soutenir et garantir leurs intérêts, avec comme objectif final d’étendre leur influence internationale. Des négociations entre le BRICS et les dirigeants des États africains furent arrangées pendant le sommet du BRICS de 2013 à Durban, en Afrique du Sud, alors que l’Inde invitait les dirigeants de pays riverains du Golfe du Bengale au Sommet de Goa l’an passé. Cette année, les dirigeants de pays tels que le Mexique, l’Égypte et le Tajikistan ont participé au sommet de Xiamen grâce à l’initiative du BRICS Plus.

Il n’y a aucun doute que la coopération à l’intérieur du BRICS fait face à de nombreux défis. La Chine, la Russie et l’Inde doivent mieux gérer les effets négatifs des relations géopolitiques entre leur pays et contribuer à construire une identité collective plus forte pour leur bloc. Le BRICS doit aussi travailler à transformer les documents promettant la coopération en des actions concrètes plutôt qu’à s’enliser dans des discussions futiles.

On estime qu’en 2021, la Nouvelle banque de Développement du BRICS aura prêté un total de 32 milliards de dollars. Le bureau africain de la banque vient également de lancer ses opérations en Afrique du Sud en août dernier.

Il est clair que de tels mécanismes internationaux sous la bannière du BRICS doivent jouer un rôle complémentaire bien plus grand dans la gouvernance mondiale qu’ils ne le font aujourd’hui.

Traduction
Olivier Perreault-Bouffard

Source
Global Times (Chine)

[1] “BRICS Leaders Xiamen Declaration”, Voltaire Network, 4 September 2017.

 

http://www.voltairenet.org/article198111.html

Après la séquence sociale, le fiscal. Emmanuel Macron est de plus en plus prévisible, il suffit de relire le Rapport Attali pour savoir ce qu’il va faire

 

Macron Jacques Attali Nttw Influenceur Trend Innovation

Après la séquence sociale, le fiscal. Emmanuel Macron est de plus en plus prévisible, il suffit de relire le Rapport Attali pour savoir ce qu’il va faire

♦ Jean-Marc Sylvestre, éditorialiste à Atlantico.fr, et Aude Kersulec, Essec, spécialiste de la banque et des questions monétaires, chroniqueuse et blogueuse.

La hausse de la CSG pour baisser le coût du travail y était écrite, le grand chantier de la réforme par points des retraites aussi. Et s’il suffisait de relire le Rapport Attali pour savoir ce que nous réserve le gouvernement ?


Les noms de Macron et Attali ont d’ailleurs souvent été liés. L’économiste a longtemps été considéré comme un des maîtres spirituels du jeune prodige. Derrière la politique Macron, celle du conseiller du premier président socialiste ?

Le Rapport Attali est sorti en 2010, mais il n’a pas pris une ride. Nicolas Sarkozy, qui avait commandé ce rapport à Jacques Attali, l’a partiellement laissé de côté. Faut dire que l’explosion des subprimes et la gigantesque crise mondiale ont tout bouleversé.

Mais Emmanuel Macron s’en souvient : il était rapporteur général adjoint de la 1re version et membre de la seconde ; il les a gardées dans le coin de sa tête et certaines de ses propositions se sont retrouvées dans le programme du candidat à la présidentielle.

Ressortir ce rapport du placard, vieux de bientôt dix ans, pour son premier opus, Emmanuel Macron l’a donc fait pour concocter son programme économique. La Commission Attali avait pour vocation de libérer la croissance française et s’articulait autour d’une ambition à 10 ans : l’ambition de tout homme de pouvoir qui veut faire réussir son pays et s’inscrire dans la longévité d’une politique à deux quinquennats.

Alors, à l’époque, Jacques Attali avait nommé là le jeune Macron un peu par hasard ; il ne connaissait pas encore le jeune homme, mais son CV correspondait au profil recherché. Jeune énarque, inspecteur des finances, Macron est donc devenu rapporteur adjoint de la Commission. En 2010, ce fut plus facile. Emmanuel Macron était gérant chez Rothschild et il avait déjà usé de son entregent pour se lier avec les membres de la Commission et s’imposer comme un des leurs.

« Une occasion historique de changer la France », avait déclaré Jacques Attali au moment de la sortie du rapport, mais surtout un ensemble, une vision globale à avoir. Impensable que l’on puisse sélectionner uniquement certaines de ses mesures. Il s’agissait « d’un ensemble cohérent dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clef et la réussite de tout ». Aucune des mesures qui sont là ne peut s’appliquer sans être faite dans un ensemble. On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d’une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite ». Trouver un équilibre : c’était la méthode Attali ; la méthode Macron n’en est pas si éloignée. Lors de la présentation des ordonnances, Edouard Philippe avait en effet insisté sur la nécessité de prendre cette réforme dans sa globalité, chaque arbitrage ayant été décidé avec le soin d’une dentellière.

Parmi une suite de poncifs, liés à la reprise de la croissance, à une meilleure éducation, ou à la préservation de l’environnement mais sans réalisation concrètement applicable, certaines propositions sont au contraire des recommandations directes et ciblées.

Les propositions que le président a déjà mises en œuvre

Le premier gros chantier a été celui de la fiscalité. Du Rapport Attali, on peut lire : « Réduire le coût du travail pour toutes les entreprises en transférant une partie des cotisations sociales vers la Contribution sociale généralisée (CSG) ». Le basculement du financement de la protection sociale vers l’impôt, c’est effectivement ce qu’avait promis Macron et qui sera effectif dans la loi de finances de fin septembre : une hausse de 1,7 point de la CSG destinée à contrecarrer la baisse de cotisations maladie et famille. Objectif : l’allégement du coût du travail pour favoriser l’emploi.

La réduction des niches fiscales, afin de ne pas grever les ressources fiscales, est aussi toujours un sujet touchy. Cela reste en général discret, mais certaines niches fiscales ont donc disparu. Fini le crédit d’impôt pour la transition énergétique lors du changement de portes et fenêtres ou encore la réduction de l’ISF pour l’investissement dans les PME. Là encore, le Rapport Attali était bien l’instigateur de la mesure, préconisant « la réduction et l’élimination de niches fiscales, notamment celles ayant des effets non redistributifs ».

Enfin, si le Rapport Attali omettait totalement de se prononcer sur l’avenir de l’impôt sur la fortune, Jacques Attali s’est rattrapé en 2016 dans son ouvrage Cent jours pour que la France réussisse, où dans le chantier fiscal est apparue, pour la première fois, la proposition de transformer l’ISF en impôt sur la fortune immobilière.

Les propositions en cours de réalisation

La réforme des retraites sera un des piliers de la politique d’Emmanuel Macron et c’est aussi le chantier qui risque d’occuper une bonne partie de l’année 2018. Est préconisé le lissage des systèmes de retraite en un système unique qui comportait un régime par points, annoncé dans le programme du candidat. Là encore, le Rapport Attali évoquait déjà la mise en place d’un système de comptes individuels où les droits à la retraite sont regroupés, pour « laisser à tout salarié le libre choix de poursuivre une activité sans aucune limite d’âge – une fois acquise la durée minimale de cotisation – en bénéficiant, à compter de 65 ans, d’une augmentation proportionnelle de sa retraite et en supprimant tous les obstacles aux cumuls emploi-retraite et tous les dispositifs de préretraite ». La réforme Macron respectera l’esprit de la proposition du Rapport Attali, même si les cotisations seront probablement converties en points. Celui qui sera chargé de la mener a déjà été nommé ; il s’agit de Jean-Paul Delevoye, un fidèle d’En Marche.

En dehors du côté purement national, on sait qu’Emmanuel Macron est un Européen convaincu. Renforcer la gouvernance européenne, en particulier avec l’Allemagne, est donc clairement un des objectifs de son mandat : une gouvernance dictée à la fois sur le front des dépenses avec, comme le suggérait le Rapport Attali, des investissements européens d’avenir et la mise en place de projets à dimension européenne, mais aussi sur le plan budgétaire où la volonté est d’aller – enfin – vers une mutualisation d’une partie des dettes des Etats. Là, il faudra pourtant convaincre les Allemands.

Ce que le président pourrait nous réserver pendant son mandat

En parcourant le rapport, on peut alors se dire que d’autres propositions, dans le même esprit, seront sans doute reprises et mises en route.

Parmi elles, notamment, la fin du numerus clausus pour des professions réglementées comme les taxis, les pharmaciens et les médecins. En tant que ministre de l’économie, Macron avait ouvert certaines zones pour que les notaires puissent s’installer librement. Créer de la concurrence dans des secteurs où il y en avait traditionnellement peu, exactement comme les cars de tourisme, est un credo de la politique Macron ; il pourrait donc aller plus loin sur de nouvelles professions.

Ou alors la TVA sociale, qui avait eu une courte vie, mise en place par Sarkozy et supprimée par Hollande. Celle-ci pourrait être remise sur le tapis pour financer, tout comme la CSG, la baisse des cotisations salariales.

Enfin, dans le domaine de l’emploi, on pouvait trouver dans le rapport quelques idées novatrices. Une des idées phares : le « contrat d’évolution » comme statut de droit commun pour les demandeurs d’emploi qui verrait leur période de recherche d’emploi rémunérée et qui deviendrait à terme universel, remplaçant tout dispositif existant. Il était stipulé dans le rapport de 2010 que « ce contrat proposerait une rémunération et un accompagnement dans l’orientation professionnelle, la formation et la recherche d’emploi du demandeur ».

Il serait signé avec Pôle Emploi, le dernier employeur du demandeur d’emploi, ou les Conseils généraux et possiblement financé par une réduction du plafond de l’assurance chômage.

Quant aux cotisations chômage, il était proposé qu’elles puissent voir leur montant évoluer en fonction de la stabilité de l’emploi et du comportement de licenciement de l’entreprise, ainsi que de sa politique de formation.

Si Jacques Attali se dit éloigné des coulisses du pouvoir, ses idées – et celles de la Commission qu’il a présidée, n’en restent pas moins présentes. Autant de pistes donc, qui pourraient donner des idées au gouvernement. Un des chapitres était intitulé « Réussir 2020 », mais il y aura sans doute un léger retard…

Jean-Marc Sylvestre et Aude Kersulec
25/09/2017

Source : Atlantico.fr

Correspondance Polémia – 25/09/2017

Image : Jacques Attali et Emmanuel Macron

 

https://www.polemia.com/apres-la-sequence-sociale-le-fiscal-emmanuel-macron-est-de-plus-en-plus-previsible-il-suffit-de-relire-le-rapport-attali-pour-savoir-ce-quil-va-faire/

L’Émission politique. Ce qu’il faut retenir de la prestation d’Edouard Philippe

L’Émission politique. Ce qu’il faut retenir de la prestation d’Edouard Philippe

  • Seule l'opposition avec Jean-Luc Mélenchon a apporté un peu de peps à une émission plutôt terne dans l'ensemble.
    Seule l’opposition avec Jean-Luc Mélenchon a apporté un peu de peps à une émission plutôt terne dans l’ensemble. | Capture d’écran – France 2

François GRÉGOIRE – Ouest-France

Édouard Philippe était hier soir l’invité de l’Émission politique. Alstom et STX, budget, ISF, contrats aidés : le Premier ministre y a fait, comme prévu, œuvre de beaucoup de pédagogie. Un cours magistral quelque peu soporifique en première partie. Seules les oppositions en plateau ont apporté un peu de peps. Mais même le face-à-face avec Jean-Luc Mélenchon est resté relativement convenu. A la limite du pschitt.

Mélenchon et « la France qui souffre »

France 2 en avait fait la pierre angulaire de cette émission de rentrée. Mais le duel annoncé cinglant entre Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe est resté apaisé.

Jean-Luc Mélenchon s’est d’entrée fait le porte-parole d’« une France qui souffre ». Le leader de la France insoumise a certes sonné la charge, mais sans la virulence qui l’habite parfois : « La souffrance se répand partout. Vous venez de bricoler le code du Travail, en France il y a 9 millions de pauvres, vous allez baisser le budget de 4 milliards ».

« On a obtenu un mandat du peuple » a du tac-au-tac répondu Edouard Philippe. Avant d’ajouter : « Nous partons d’une situation où la France va mal. Ça fait longtemps qu’il y a un chômage de masse en France. Notre objectif c’est de réparer le pays, le faire repartir. Créer de la croissance, augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui sont des actifs ».

Mélenchon le « conservateur ! »

Opposé à Jean-Luc Mélenchon sur la façon de réformer la France, Edouard Philippe a taxé son adversaire de la France insoumise, ironie du sort, de « conservateur ». « Je ne m’en cache pas. Je suis pour que les gens vivent dignement, pour conserver la sécurité sociale, a rétorqué le leader de la France insoumise. La France est en train de se défaire sous nos yeux. » Phillippe, en retour : « Nous faisons le constat ensemble que la France va mal. mais nos méthodes ne sont pas les mêmes ».

L’entre-deux tours : « Vous m’avez déçu »

Le Premier ministre est revenu sur le positionnement ambiguë du candidat Mélenchon au soir du premier tour de l’élection présidentielle. « Je suis déçu quand un républicain comme vous ne fait pas le choix explicite (d’appeler à voter pour Emmanuel Macron, NDLR) » a lancé Edouard Philippe.

« Le soir du premier tour, j’ai dit qu’il ne fallait pas qu’il y ait une seule voix pour Marine Le PenVous ne me prendrez pas en défaut de lutte face à Mme Le Pen » a répondu Jean-Luc Mélenchon, visiblement agacé.

La « situation critique » des militaires

Mercédes Crépin, représentante de « Femmes de militaires en colère » a interpellé en plateau le Premier ministre sur « la situation critique » des armées et des militaires qui la composent. Évoquant le système de paie Louvois, dont les bugs se répètent depuis six ans maintenant, elle a, visiblement émue, dénoncé : « nos hommes ne reçoivent pas leurs soldes. Nous ne pouvons plus remplir notre réfrigérateur ». Elle a aussi déploré « les conditions de vie déplorables des soldats de l’opération Sentinelle qui dorment encore dans des hangars, sur des lits de camps ».

Sur le système Louvois ? « Ce système est un échec et évidemment il faut le corriger » a convenu le Premier ministre. « Une armée qui fonctionne, ce n’est pas seulement une armée opérationnelle. C’est une armée qui sait, que si les choses se passent mal, personne n’est oublié sur le bord du chemin et que les familles ne sont pas oubliées. »

L’extension de la PMA à toutes femmes

Jacques Testar, biologiste et pionnier de la fécondation in vitro a questionné le Premier ministre sur l’extension de la PMA à toutes les femmes. Il y a trois ans, dans une tribune signée avec Nathalie Kosciusko-Morizet, le Premier ministre s’était prononcé contre cette extension. Il dit aujourd’hui avoir évolué sur cette question alors qu’Emmanuel Macron s’est engagé à en débattre en 2018.

« Je pense que comme toute la société française, il m’arrive d’évoluer sur ces questions, a concédé le Premier ministre. Parce que je rencontre des couples féminins ou des femmes célibataires qui ont eu recours à ces techniques en Belgique ou en Espagne. Je vois ce que ça suscite, ce que ça permet, et je ne vois pas ce que ça enlève. »

Le shampoing, stratégique pour les chauves

Instant d’humour lorsque le journaliste économique François Lenglet, une bouteille de shampoing à la main, a questionné le Premier ministre sur L’Oréal. « Je ne suis pas un grand spécialiste » plaisante le journaliste au crâne chauve. « Je vous suis de près M. Lenglet », ironise alors Edouard Philippe à la calvitie naissante. Lenglet : « Je vous vois arriver sur cette route ».  Philippe : « Oui, vous avez pris un peu d’avance ».

Le poids de la dette

Thierry Breton était l’invité surprise de l’émission. Le patron d’Atos, ancien ministre de l’Économie, a interrogé le Premier ministre sur la dette et ses conséquences sur l’emploi et la croissance. Se lançant dans une discussion très technique, Edouard Philippe a répondu : « Nous avons été, en France, extrêmement enthousiastes avec l’endettement. Dans cet enthousiasme, il faut voir le fruit d’un certain laxisme budgétaire et probablement le fait que, dans toute cette période, s’endetter n’a quasiment jamais été aussi peu cher car les taux d’intérêt diminuaient. Le stock de dette grossissait mais les taux d’intérêt baissaient. »

Au final, Premier ministre demande du temps. « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Édouard Philippe propose de « diminuer les déficits chaque année, diminuer la dépense publique et préserver l’investissement ». À la fin du quinquennat, « on aura cinq points de PIB en moins sur la dette », assure-t-il.

 

https://www.ouest-france.fr/politique/edouard-philippe/edouard-philippe-dans-l-emission-politique-six-temps-forts-retenir-5277976?utm_source=neolane_of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20170929&vid=1752223&mediego_euid=1752223

Le Pentagone (5/10) – Les preuves physiques 1

Plan de l’étude sur le Pentagone :

    1. L’incroyable bêtise
    2. Le crash – L’incendie

  1. Les dégâts
  2. Les témoignages et les preuves visuelles
  3. Les preuves physiques 1
  4. Les preuves physiques 2
  5. Les débris 1
  6. Les débris 2
  7. Le pilotage
  8. Les victimes

7. Les preuves physiques

On dispose par chance aussi de preuves physiques du passage de l’avion..

7-1. Les lampadaires

L’avion a sectionné avec ses ailes 5 lampadaires en arrivant :

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Les lampadaires heurtés, en jaune – les autres, en bleu

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Les 5 lampadaires heurtés

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Derniers hectomètres de la trajectoire de l’avion

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Altitudes. En bleu foncé, le sol ; en rouge les lampadaires heurtés ; en bleu clair, la trajectoire de l’avion

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Mais qui a bien pu casser le haut du lampadaire… ?

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C’est ici plus discutable, mais certains voient ici le haut de l’arbre abimé par l’avion…

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Un bout de lampadaire s’est même planté dans le pare-prise d’un taxi :

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Des marioles ont même enquêté sur le taxi…

P.S. merci de ne pas intervenir en commentaire sur des points qui seront traités dans les prochains billets, il y a assez de quoi dire avec ceux-ci… (merci donc d’éviter de faire des affirmations péremptoires si vous n’avez pas étudié à fond ce dossier, posez alors simplement des questions…)

Je rappelle aussi que je partage avec vous les résultats d’un gros travail de synthèse, à mon sens parfaitement convainquant (sur un sujet qui n’a donc du coup aucun intérêt, et nous fait perdre beaucoup de temps qui serait tellement utile pour analyser ce qui se passe sous nos yeux ; mais ce n’est pas inutile de faire un tel travail une fois).

Après, vous avez bien le droit de ne pas être convaincu par le très très très large faisceau de preuves (que vous n’aurez totalement que vendredi, certes). Mais vous m’accorderez alors en retour le droit de ne pas vouloir entamer de débat avec vous sur ce point. Rassurez-vous, il y a de nombreux sites internet où vous pourrez vous adonner au plaisir des joutes sur ce sujet… Et nous parlerons d’autre chose lundi 🙂

Suite de la série ici.

N.B. : les séries sur le 11 Septembre sont évidemment lourdes à modérer. Comme vous le voyez dans le plan au début du billet, ce billet s’insère dans une longue série. Merci donc de ne pas commenter sur de sujets qui seront clairement traités par la suite, cela fait perdre du temps à tout le monde. Vous pouvez commenter la série dans ce billet dédié.

Les commentaires sont fermés.

 

http://www.les-crises.fr/911-1-pentagone-5/

[Vidéo] Interview de Vladimir Poutine par le Figaro

Source : Le Figaro, Youtube, 30-05-2017

Après sa première rencontre avec Emmanuel Macron à Versailles, le président russe a accordé un entretien exclusif au Figaro. Il donne sa vision de la défiance qui sépare Russes et Occidentaux, parle de l’Ukraine et de la Syrie, et qualifie de «fiction» les soupçons d’ingérence dans les élections américaine ou française.

Source : Le Figaro, Youtube, 30-05-2017

 

http://www.les-crises.fr/video-interview-de-vladimir-poutine-par-le-figaro/

Revue de presse nationale et internationale.

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