Togo : un mort et des dizaines de blessés au premier jour des manifestations du pouvoir et de l’opposition

Togo : un mort et des dizaines de blessés au premier jour des manifestations du pouvoir et de l’opposition

Des milliers de personnes ont défilé mercredi dans les rues de plusieurs villes du Togo à l’appel de l’opposition et du parti au pouvoir. Si dans la capitale les différents cortèges ont pu évoluer sans incidents, le bilan a été lourd à Mango, dans le nord du pays.

De fait, le bilan officiel fait état de un mort et de plusieurs blessés à Mango, ville située à près de 550 km au nord de Lomé. « Alors que les manifestations de ce 20 septembre à l’intérieur du pays se sont globalement déroulées dans le respect des modalités fixées, la ville de Mango, où les manifestations n’avaient pas été prévues, a été le théâtre de violences provoquées par les partisans du Parti national panafricain » [PNP, opposition, dont les militants sont habillés en rouge, NDLR], a indiqué Yark Damehane, le ministre en charge de la Sécurité et de la Protection civile.

Selon ce dernier, les militants du parti de Tikpi Atchadam ont mis le feu à des voitures et des maisons appartenant aux militants du parti Unir (au pouvoir). « Plus grave encore, des tirs d’armes à feu ont été effectués à partir des rangs des manifestants du PNP et le bilan est lourd : un enfant de dix ans a été tué, dix personnes blessées dont quatre par fusils de chasse et six par armes de guerre », poursuit le ministre de la Sécurité. Les tireurs ont été identifiés et seraient activement recherchés par les autorités. Dans plusieurs villes du nord du pays, notamment Bafilo et Dapaong, le face à face entre les forces de l’ordre et les manifestants a donné lieu à des incidents qui n’auraient fait que des blessés. À Lomé, les manifestants des deux camps ont pu parcourir leurs itinéraires respectifs sans aucun débordement.

Pour ou contre le référendum

« Le peuple a demandé la limitation du mandat présidentiel, les députés Unir l’ont voté. Le peuple a demandé le scrutin uninominal majoritaire à deux tours, les députés Unir l’ont voté. Ainsi, le projet de loi a été adopté… concrétisant la volonté du parti d’aller au bout des réformes tant souhaitées par le peuple togolais », ont indiqué les soutiens de Faure Gnassingbé au point de chute de leur marche.

L’issue de cette stratégie reste incertaine pour l’un et l’autre des protagonistes de la crise togolaise

Les leaders de l’opposition qui se sont succédé à leurs tribunes ont réaffirmé l’exigence du retour à la Constitution de 1992 dans sa forme originelle et leur hostilité à l’idée d’un référendum. « Nous sommes opposés au référendum. Le Togo a fait un référendum et il a voté une Constitution à 97% [en 1992, NDLR]. Donc, nous voulons le retour de cette Constitution. La question est simple », a martelé Jean Kissi, député et secrétaire national du Comité d’action pour le renouveau (CAR).

Mercredi, la connexion internet était indisponible via la 3G dans le pays. « L’application de messagerie WhatsApp est bloquée depuis mardi soir et internet mobile a été coupé depuis ce matin. Cela constitue une violation du droit à la liberté d’expression et entrave le travail des journalistes et activistes des droits humains sur le terrain», a indiqué dans un communiqué la section française de l’ONG Amnesty internationale. Les deux camps seront de retour ce jeudi dans les rues. Une stratégie dont l’issue reste incertaine pour l’un et l’autre des protagonistes de la crise togolaise.

http://www.jeuneafrique.com/475902/politique/togo-un-mort-et-des-dizaines-de-blesses-au-premier-jour-des-manifestations-du-pouvoir-et-de-lopposition/?utm_source=Newsletter_JA_Actu&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter_JA_Actu_21_09_17

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ALERTE – La Corée du Sud ne veut pas l’effondrement de la Corée du Nord (Moon à l’ONU)

ALERTE – La Corée du Sud ne veut pas l’effondrement de la Corée du Nord (Moon à l’ONU)

(©AFP / 21 septembre 2017 16h03)

https://www.romandie.com/news/ALERTE-La-Coree-du-Sud-ne-veut-pas-l-effondrement-de-la-Coree-du-Nord-Moon-a-l-ONU/835100.rom

La NSA espionne les armes nucléaires indiennes depuis 1958

La NSA espionne les armes nucléaires indiennes depuis 1958

Des documents Top Secret récemment publiés, provenant des Archives d’Edward Snowden, révèlent comment l’Agence de sécurité nationale des États-Unis (NSA) a espionné les systèmes de missiles balistiques et les armes nucléaires de l’Inde en utilisant son programme d’interception Rainfall via ses bases en Australie et en Thaïlande. Ces documents renforcent les questions sur la mort prétendument accidentelle du père du nucléaire indien, Homi J. Bhabha, et sur celles de 11 scientifiques durant le premier mandat Obama.

| Bangalore (Inde)

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Homi J. Bhabha, le père du nucléaire indien, est mort « accidentellement » en 1966 lors d’un accident d’avion au Mont Blanc. En 2000, le défunt directeur adjoint des opérations de la CIA, Robert Crowley, faisait publier ses conversations posthumes avec le journaliste Gregory Douglas. Il y révélait que le scientifique avait été assassiné par ses services, ainsi que, treize jours plus tôt, le Premier ministre Lal Bahadur Shastri, qui venait de signer une déclaration de paix avec le Pakistan.

Bien avant que l’Inde ait testé son dispositif nucléaire en mai 1974, la communauté du Renseignement états-unienne surveillait et analysait ses activités industrielles nucléaires, aussi bien civiles que militaires, ainsi que nous l’avons signalé précédemment [1]. Des documents Top Secret déclassifiés montrent que, dès 1958, la CIA étudiait la possibilité que New Dehli développe des armes nucléaires. Les rapports se concentrent sur un large éventail de questions liées au nucléaire — la stratégie nucléaire (y compris celle concernant le développement d’armes), la mise en place des réacteurs, l’assistance étrangère, les tests eux-mêmes et leur impact au plan national et international —.

Les documents de 1974-1975 et de 1998 analysent les raisons pour lesquelles la communauté du Renseignement états-unienne n’a pas su anticiper les tests de 1974 et de 1998 — des études qui sont remarquablement similaires. Ces documents incluent également des recommandations pour remédier aux carences que ces études ont constaté.

De nouveaux documents des archives de Snowden

Les journaux SIDtoday récemment publiés par The Intercept, donnent un aperçu du programme d’interception de la NSA. SIDtoday est le bulletin interne de la division la plus importante de la NSA, la Direction du Renseignement électromagnétique (SID — Signals Intelligence Directorate). Après examen, The Intercept a rendu publiques les publications les plus intéressantes de ces bulletins, durant neuf ans à partir de 2003 [2]. Les espions de l’agence donnent un grand nombre de détails sur ce qu’ils faisaient, comment ils le faisaient et pourquoi.

Une série de tests d’armes nucléaires effectués par l’Inde au printemps 1998 a surpris la communauté du Renseignement, provoquant une enquête interne aux États-Unis pour comprendre pourquoi ils n’avaient pas été anticipés ; un rapport du Congressional Research Service a critiqué sévèrement la NSA [3]. Une telle erreur ne s’est pas reproduite en 2005.

En octobre 2004, un programme de Renseignement, RainFall, « géolocalise avec succès des signaux d’une installation indienne suspectée d’être un entrepôt d’armes nucléaires ». En réponse, plusieurs divisions de la NSA collaborent pour confirmer que les signaux sont bien liés à des armes nucléaires indiennes. De nouvelles collectes de données révèlent une quantité « spectaculaire » d’information sur la capacité des armes nucléaires de l’Inde.

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La base Indra de la NSA en Thailande

Un site australien du programme RainFall, isole un signal qu’il soupçonne d’être associé à une installation nucléaire indienne, selon SIDtoday. La collaboration entre Rainfall et deux autres sites de la NSA en Thaïlande (Indra et LemonWood) confirme la source des signaux et permet d’intercepter des informations sur de nouveaux programmes de missiles indiens. Bien que ces systèmes de missiles ne soient pas venus à l’attention du public depuis plusieurs années (le missile balistique lancé par le sous-marin Sagarika a été testé pour la première fois en 2008 [4]), l’accès de ces signaux par la NSA leur permet de savoir ce que faisaient leurs partenaires en matière de Renseignement électromagnétique (SIGINT) [5].

Un récent succès en matière de Renseignement électromagnétique contre le Programme de développement des armes nucléaires de l’Inde illustre la nouvelle collaboration croisée des programmes de l’Agence pour répondre à ses attentes. C’est un excellent exemple des programmes SIGINT qui travaillent ensemble pour atteindre un objectif commun. En octobre 2004, RainFall a réussi à géolocaliser les signaux d’une installation suspectée d’être un entrepôt d’armes nucléaires indien. Cela pousse le « Satellite étranger » (FornSat), LemonWood et la Branche d’analyse des signaux non-identifiés de la NSA à collaborer pour isoler ces signaux, les analyser, et confirmer que leur contenu est en rapport avec les armes nucléaires indiennes. Cette avancée souligne la nécessité de déployer des équipements de démodulation supplémentaires à LemonWood afin d’étendre la collecte de données entreprise depuis que le signal a été découvert en octobre.

Immédiatement après avoir déployé ces équipements, la récupération des données de ce nouveau réseau commence à fournir une activité « spectaculaire ». L’exploitation de ces données révèle la présence du sous-marin Sagarika, le tout premier sous-marin lance-missiles indien (SLBM) ; de Dhanush, un lanceur de missile balistique à courte portée (SRBM) ; et d’un système d’avion sans pilote.

La collecte de données à partir de ces nouveaux moyens fournit également des informations importantes sur deux différents types de bombes aériennes indiennes. On pense que l’une est la très puissante Fuel Air Explosive (FAE) d’un type non identifié. L’autre, pas encore reconnue par les services d’analyse, est peut-être une nouvelle génération d’armes nucléaires aériennes.

LemonWood établit un accès continu aux communications par satellite (informations censurées). La Division FornSat travaille avec cette base et le Trans-Asia Product Line (S2A4) pour étendre la récupération de données par rapport à ce réseau prioritaire.

Bien que la collecte de données résultant de la collaboration interagences ait été spectaculaire, ce qui est le plus impressionnant est la tendance croissante de la collaboration observée entre l’ensemble des divisions de l’Agence. Les défis technologiques d’autrefois sont maintenant des opportunités pour une collaboration qui offre la promesse d’une NSA harmonieuse, interopérable et réceptive.

Il convient également de rappeler que la NSA états-unienne a installé un puissant logiciel espion appelé « Apparition » à New Delhi, comme nous l’avons signalé plus tôt [6]. Ce programme détermine les lieux précis d’où des personnes accèdent à Internet. Ces informations peuvent être utilisées pour envoyer des drones Lethal Reaper et éliminer des cibles. Les rapports Top Secret évoquent une unité de surveillance du Special Collection Services (SCS, une unité commune de la NSA et de la CIA) installée dans le campus de l’ambassade des États-Unis à New Delhi qui fonctionnait sous le nom de code « Daisy ». Cependant, le gouvernement indien n’a pas répondu ou doit encore faire une déclaration concernant l’espionnage pratiqué par l’ambassade.

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Comme le montrent ces documents classifiés, la communauté du Renseignement états-unienne était très préoccupée par son incapacité à prévoir les tests nucléaires de l’Inde. La NSA, après avoir identifié et évalué les insuffisances qui ont mené à cet échec, a présenté des recommandations pour déterminer les mesures à prendre afin de réduire la possibilité de reproduire un échec similaire.

Quelles mesures ont été prises par la communauté du Renseignement états-unienne pour suivre le programme nucléaire de l’Inde ? Le cas ci-dessus n’est qu’un exemple de ce genre. Est-ce que le massacre actuel de scientifiques indien dans le pays depuis des décennies est le résultat d’une certaine stratégie [7] ? Est-ce que le crash du vol 101 d’Air India près du Mont-Blanc dans lequel se trouvait Homi J. Bhabha est directement lié à ces mesures ? Les services de Renseignement indiens sont-ils conscients de ces opérations ? Dans l’affirmative, ont-ils préparé une stratégie et pris les mesures appropriées pour contrer ces activités d’espionnage et les opérations secrètes ciblant le programme nucléaire de l’Inde ? Sinon, un bon moyen pour commencer serait d’ouvrir une nouvelle enquête sur l’assassinat du père de notre programme nucléaire – Homi J. Bhabha.

Traduction
Bruno

Source
Great Game India (Inde)

[1] “US Intelligence Spying On The Indian Bomb”, Great Game India News, July 20, 2017.

[2] “Snowden Archive — The SidToday”, The Intercept, September 13, 2017.

[3] “U.S. Intelligence and India’s Nuclear Tests : Lessons Learned”, Richard A. Best, Jr., Congressional Research Service, 1998.

[4] “Sagarika missile test-fired successfully”, T. S. Subramanian, The Hindu, February 27, 2008.

[5] “How Secret Partners Expand NSA’s Surveillance Dragnet”, Ryan Gallagher, The Intercept, June 19, 2014.

[6] “Embassy Espionage : Top Secret NSA Spy Hub In New Delhi”, Great Game India, May 8, 2017.

[7] La vague d’assassinat de scientifiques nucléaires indiens correspond à celle qui a éliminé leurs homologues libyens, syriens, irakiens et iraniens.

Oubliez notre amitié peu judicieuse avec l’Arabie saoudite : l’Iran est notre allié naturel, par John R. Bradley

Source : The Spectator, John R. Bradley, 02-09-2017

La ville saoudienne d’Awamiya — comme dans de nombreuses villes d’Irak, de Syrie et du Yémen où se libère la haine ancienne du sunnisme vis-à-vis du chiisme — n’existe plus que par son nom. Le mois dernier, quelques jours avant une attaque contre sa population chiite perpétrée par le régime saoudien, les Nations Unies l’ont élue comme un endroit d’importance culturelle et religieuse exceptionnelle. Mais sous le prétexte de combattre des cellules terroristes soutenues par l’Iran, les Saoudiens ont soumis de manière non discriminée l’ensemble de la population civile d’Awamiya à des bombardements aériens, des tirs de lance-grenades, des snipers, de l’artillerie lourde, des attaques de véhicules blindés et des exécutions de sang-froid.
Plus d’une douzaine de chiites, dont un garçon de trois ans, ont été tués. Des centaines de jeunes gens ont été rassemblés. Au moins 500 maisons ont été détruites, et 8000 habitants ont été expulsés de force de celles qui restaient. Les soldats saoudiens se sont filmés en train de danser et de chanter au milieu des décombres de ce qui faisait la beauté de la vieille ville. Ils ont piétiné le portrait d’un dignitaire religieux chiite originaire de la province de l’est, Nimr al-Nimr, qui fut décapité l’année dernière pour sédition. Et ils ont traité les chiites locaux « purifiés » de la ville de « renégats » et de « chiens » — termes identiques à ceux utilisés par leurs frères wahhabites fanatiques d’Irak et de Syrie, qui se sont délectés des massacres de chiites au nom de l’EI. La décapitation de masse de 14 activistes chiites locaux, dont un adolescent handicapé, serait imminente.

Dans le sillage de ce carnage inter-religieux, il apparaît grotesque que Donald Trump se soit tenu debout à côté du roi Salman à Riyad en mai dernier à l’occasion du lancement d’un nouveau centre pour le combat contre l’extrémisme islamique. Dans un discours préliminaire, Trump avait tout aussi bizarrement distingué l’Iran et ses représentants chiites comme les instigateurs du terrorisme et du bain de sang inter-religieux dans la région. Par le passé, le double discours saoudien était tourné en dérision au nom des contrats de vente d’armes par milliards de dollars à des princes infantiles (et des rétrocommissions qui en découlent) et au nom de l’intensification de leur obsession à la limite de la folie de la prétendue menace existentielle posée par l’Iran à Israël et à ses alliés despotiques sunnites.

Cette plaisanterie n’est plus du tout risible. Le mois dernier, l’ex-responsable du MI5, Jonathan Evans, a averti que la Grande-Bretagne devra faire face à la la menace de la terreur islamiste pendant au moins 30 ans. Seul un observateur portant des œillères aurait des difficultés à comprendre son inquiétude. Car face à la défaite imminente de l’EI, des milliers de djihadistes imprégnés de l’idéologie wahhabite du califat sont sur le chemin du retour vers la Grande-Bretagne et l’Europe, déterminés à perpétuer le rêve du massacre d’infidèles. C’est notre propre civilisation qui fait face à cette réelle menace existentielle. La vague d’attaques terroristes en Espagne, Finlande, Grande-Bretagne et en Belgique s’est produite l’année pendant laquelle l’Europe a subi au moins un événement djihadiste significatif par semaine.

Un rapport récent, censuré par le gouvernement du Royaume-Uni, a révélé que la majorité des financements des mosquées du Royaume qui promeuvent l’extrémisme islamique, et qui jouent un rôle crucial dans la radicalisation des djihadistes locaux, proviennent d’Arabie saoudite et d’autres pays arabes du Golfe qui embrassent aussi l’odieuse idéologie wahhabite. Ces révélations concordent avec d’autres investigations détaillées sur l’expansion de l’extrémisme islamique, au Royaume-Uni comme en Europe, qui ont désigné l’expansion du wahabbisme sponsorisé par les Saoudiens comme la menace la plus grave contre notre sécurité et nos valeurs. Tous ces rapports ont été ignorés de la même manière par ceux qui gouvernent en notre nom.

Notre perfide élite politicienne a ainsi permis à l’Arabie saoudite de faire en sorte que, le rêve du califat au Moyen-Orient s’évanouissant, le djihad meurtrier en vienne à accroître l’intensité de sa rage à notre porte. L’argument comme quoi le renseignement en provenance d’Arabie saoudite aide à prévenir des attaques résonne de plus en plus comme un argument creux, compte tenu du nombre d’attaques terroristes perpétrées malgré tout. La rhétorique défaitiste qui consiste à dire que nous devons nous habituer à vivre avec les atrocités djihadistes, à l’instar des glissements de terrain et des ouragans, n’est pas moins rageante. Les attaques terroristes ne sont pas des phénomènes naturels ; elles sont le résultat de circonstances fomentées par les décisions des politiques. Si nous avons le moindre espoir de combattre la menace islamiste, alors les politiques doivent tout d’abord réaliser que l’immigration de masse, essentiellement composée de jeunes hommes musulmans dans une Europe où l’islam wahabbite financé par les Saoudiens est majoritaire dans les mosquées et les madrasa, est un suicide culturel. La compréhension politique du conflit sunno-chiite au Moyen-Orient, et sa relation avec la menace terroriste islamiste, doivent être également réévaluées. Les atrocités d’Awamiya n’auront prouvé rien d’autre que l’absurdité du fait que les Wahabbites soient nos amis dans la lutte contre l’extrémisme. Comme l’Arabie saoudite, l’Iran dominé par les Chiites est une théocratie rétrograde dirigée par des vieillards odieux qui endossent les habits de la religion afin de limiter la liberté de leurs citoyens et de confisquer à leur profit la prospérité de leur pays. Les deux pays sont de grossiers agresseurs des droits de l’homme. Là s’arrête cependant la comparaison. En Arabie saoudite, les non-musulmans ont l’interdiction de pratiquer leur religion en public, alors qu’en Iran la constitution protège les droits des chrétiens et des juifs (l’un de mes souvenirs forts de la région est de fréquenter les communautés juives de Téhéran et d’Ispahan).

Comme les juifs, et à la grande différence des wahabbites, les chiites ne tiennent pas à convertir tous les autres à leur religion, et les Iraniens ont même la décence — si c’est le mot approprié — de faire la différence entre Israël et les juifs dans la rhétorique anti-sioniste gouvernementale. L’Arabie saoudite promeut un antisémitisme dont les nazis auraient été fiers, en condamnant en même temps les chiites en tant qu’incarnation collective du Mal. L’Iran a une démocratie et une presse vivante, quoique difficilement comparable avec ce que nous tenons pour acquis en Occident, et sans commune mesure avec tout se qui se fait en Arabie saoudite. L’Iran n’a jamais envahi un autre pays ; l’Arabie saoudite est en train de détruire le Yémen.

De plus, quand le pragmatisme géopolitique s’est imposé, l’Iran a proposé de collaborer étroitement avec l’Occident, alors qu’à chaque occasion, par le biais des financements de ses relais djihadistes, les Saoudiens et leurs alliés dans la communauté du renseignement occidental ont travaillé contre nous. Après les attaques du 11 septembre, perpétrées en majorité par des ressortissants saoudiens, l’Iran — qui naturellement n’a aucune sympathie pour al-Qaïda — a recensé des centaines de terroristes arabes et a fourni des renseignements à Washington dans la lutte contre le terrorisme. En 2009, Téhéran a publiquement proposé son aide à Washington pour rebâtir et stabiliser l’Afghanistan ; deux années plus tôt, les deux pays ont tenu des pourparlers (sans succès à terme) sur l’Irak.

Rien de tout cela ne mentionne l’évidence : sans les sacrifices héroïques des forces armées de l’Iran et de son allié chiite, le Hezbollah, sur les lignes de front du califat en ruine, l’EI, aujourd’hui,ne serait pas en phase d’agonie finale là-bas, et les djihadistes d’al-Qaïda (que nous avons financés, entraînés et armés) ne seraient pas en train de lutter pour leurs vies. Les États-Unis ont également travaillé aux côtés des généraux iraniens en Irak dans la lutte commune contre l’EI. Même aujourd’hui, les Forces spéciales américaines travaillent avec l’armée libanaise qui lance une offensive simultanément avec le Hezbollah contre les terroristes islamistes créés par les Saoudiens et d’autres pays sunnites qui continuent à causer du chaos de l’autre côté de la frontière syrienne.

Pourquoi n’entendons-nous jamais cette autre version du récit ? L’une des raisons est que la plupart des « experts » de la région, qui contribuent sans limite aux éditoriaux des journaux américains, informent les officiels des services de renseignement et apparaissent comme des experts à la télévision, travaillent en fait pour des think-tanks financés par les monarchies arabes ou par Israël. Les ex-diplomates anglais et américains qui étaient en poste à Riyad et Jedda sont connus pour prendre leur retraite en bénéficiant des largesses saoudiennes. Et notre ministère des Affaires étrangères, suivant comme d’habitude les ordres venant de Washington, continue de se ranger aveuglément aux côtés d’Israël qui craint que les mollahs de Téhéran ne développent un arsenal nucléaire afin de concrétiser leurs souhaits répétés de rayer l’État d’Israël de la carte.

Mais sur ce point encore, une réévaluation pragmatique s’impose. Israël, après tout, est une puissance nucléaire, et possède l’armée la mieux entraînée et équipée de la région. S’il ne peut se défendre par ses propres moyens maintenant, il ne sera jamais capable de le faire. Et pour dire la vérité, la seule chose qui importe aux mollahs est de conserver leur mainmise rouillée sur le pouvoir. Même la Maison-Blanche, qui hait l’Iran et adore Israël, admet à contre-cœur que Téhéran respecte le traité nucléaire négocié à l’internationale. En fin de compte, l’Iran ne constitue aucunement une menace pour nous.

En fait, les seules personnes que la piétaille de l’EI est plus que jamais déterminée à massacrer, ce sont les chiites. En sachant cela, nous devrions faire nôtre cette maxime : « Les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Faisons savoir aux Saoudiens que nous sommes las de leur financement terroriste en lançant une répression féroce contre toutes les formes de wahabbisme. Simultanément, levons les sanctions imposées à l’Iran. De cette manière, nous pourrons compter sur un partage exhaustif du renseignement iranien et sur une coopération militaire étroite avec les États-Unis — c’est la manière la plus efficace de convaincre le pays d’abandonner toute ambition nucléaire persistante. Laissons pour finir la Grande-Bretagne rompre avec les désastreuses interventions militaires américaines au Moyen-Orient et avec les alliances douteuses avec l’Arabie saoudite et ses relais wahhabites. C’est seulement an agissant ainsi que nous pourrons braver les causes réelles de la terreur islamiste. Nous pourrons également nous retrouver en première position pour bénéficier du potentiel de 600 milliards de dollars d’investissements étrangers en Iran, consécutifs à la levée des sanctions.

John Bradley collabore également avec le Daily Mail et Jewish Chronicle, il est l’auteur de quatre ouvrages sur le Moyen-Orient.

Source : The Spectator, John R. Bradley, 02-09-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Dans le noir

Dans le noir


Par James Howard Kunstler – Le 11 septembre 2017 – kunstler.com

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Le marché boursier augmente ce matin au son des informations, seulement 5,7 millions de personnes en Floride devront se passer de l’air conditionné, des douches chaudes et des Korig Mochachinos alors que l’aube se lève en ce lundi 11 septembre 2017. Je suis conscient que le cycle des informations juste après un ouragan est un peu vide pendant un jour ou deux, alors que les citoyens étourdis et confus s’aventurent sur les lieux pour évaluer les dégâts. Pour l’instant, il existe très peu d’informations sur les ondes du Web. Est-ce que Key West existe toujours ? Dur à dire. Nous en saurons plus ce soir.

La double frappe de Harvey et Irma a permis aux gens, chargés des affaires de la nation, d’avoir une chance incroyable de se débarrasser de ce problème de plafond de la dette. C’est la loi qui fixait une limite sur le montant de la dette du gouvernement national que la Réserve fédérale pouvait « acheter ». Certains d’entre vous pensent peut-être : acheter une dette ? Pourquoi quelqu’un voudrait-il acheter la dette de quelqu’un ? Eh bien, vous voyez, c’est une dette titrisée, c’est-à-dire des obligations émises par le Trésor des États-Unis, qui paient des intérêts, et il y a donc une incitation à l’acheter. Quoi qu’il en soit, par le passé, le taux d’intérêt réel était positif après avoir déduit le pourcentage d’inflation courante. C’est là que la situation devient intéressante.

La loi sur le plafond de la dette était supposée fixer des limites quant à la dette sous forme de bons que le gouvernement pouvait émettre (combien il pouvait emprunter), de sorte qu’il ne pouvait pas brûler de l’argent qu’il n’avait pas. Ce qui est exactement ce qui s’est passé malgré la limite de cette dette parce que le « plafond » a été augmenté environ cent fois entre le XXe et le XXIe siècle, de sorte que la dette accumulée s’élève à environ 20 000 milliards de dollars.

Les personnes rationnelles reconnaissent ces 20 000 milliards de dollars pour ce qu’ils sont, un volume surnaturel d’obligations et comprennent qu’elles ne seront jamais remboursées, alors, pourquoi ces artifices ? Pourquoi ne pas simplement laisser tomber ce prétexte, et continuer à faire tourner ce racket du gouvernement empruntant autant d’argent qu’il le veut, avec la Réserve fédérale créant cet argent (ou ce « quasi-argent ») sur ses ordinateurs jusqu’à l’infini. Cela semble fonctionner jusqu’à présent.

Les gens rationnels soupçonneraient également qu’à un moment donné, quelque chose pourrait lâcher. Par exemple, la valeur des dollars dans lesquels la dette est émise. Si la valeur des dollars diminue, la valeur réelle des obligations émises en dollars diminue et, quand cela va se produire, les nombreux détenteurs d’obligations déjà émises − les particuliers , les fonds de pension, les compagnies d’assurance, les fonds souverains des pays étrangers − auront une forte incitation à se débarrasser de ces bons le plus rapidement possible. Surtout si les magiciens de la Fed en coulisses et ses servantes, les banques, « les dealers de terrains », continuent à réduire les taux d’intérêt de ces obligations à tout prix.

La Réserve fédérale va-t-elle alors racheter tous les bons que d’autres déverseraient sur le marché ? Elle va essayer certainement. La Banque du Japon a fait exactement cela avec les bons de son propre gouvernement sans aucun effet néfaste apparent, même si vous vous demandez ce qui se passe quand un serpent mangeant sa propre queue atteint sa tête. Que reste-t-il, exactement, après l’avoir aussi mangé ? Ma propre estimation tient en trois mots : vous gagnez un aller-simple pour le moyen-âge. Je veux dire littéralement. Plus de moteurs, de lumières électriques, de chauffage central …

Dans ce pays, nous sommes confrontés à une situation dans laquelle, à la fois, la valeur de l’argent et le coût de l’emprunt seront en fin de course complètement détachés de la réalité, la réalité étant le coût et la valeur réelle de tous les biens et services échangés contre de l’argent. Voila : une crise monétaire royale nous plongeant vers l’enfer et la perturbation du commerce au niveau le plus macro imaginable. En outre, sûrement, il y aurait une perturbation massive des services gouvernementaux, y compris la sécurité sociale et l’assurance-maladie, mais s’étendant bien au-delà avant … le moyen-âge. Le mulet remplacera le Ford F-150. Mais The New York Times trouvera bien quelque chose à écrire de plus sur la Russie et les trans.

La valeur de l’argent et le coût de l’emprunt est d’une importance plus fondamentale qu’il n’y parait dans une économie dite avancée. Vous pouvez vous moquer de beaucoup de choses qui font tourner une société, mais quand cela dérape, vous flirtez sérieusement avec l’anarchie. En attendant, nous verrons comment la colle sociale maintient les choses ensemble dans les parties de la Floride qui vont avoir un aperçu des attractions médiévales dans les jours sans électricités à venir.

James Howard Kunstler

 

http://lesakerfrancophone.fr/dans-le-noir

 

Labyrinthe du simulacre, de l’ONU à Freeman

Labyrinthe du simulacre, de l’ONU à Freeman

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Labyrinthe du simulacre, de l’ONU à Freeman

21 septembre 2017 – La première image qui me vient et me reste à l’esprit est celle, largement reprise, du général Kelly, le directeur de cabinet de Trump, tête baissée, le menton dans ses mains croisées, puis une main se cachant le visage pourtant toujours baissé, au moment où Trump commence son discours. On l’imagine complètement catastrophé, découragé, se répétant “Mais qu’est-ce qu’il est encore en train nous de sortir ?” A côté de lui, Melania Trump, le visage fermé, impénétrable, regardant elle aussi son mari, ou bien peut-être, – oui, à bien la regarder et pour peu que l’on ait l’imagination vagabonde, on pourrait voir se peindre sur ce même visage une question assez proche, du genre : “Mais qu’est-ce qu’il raconte, ce type ?” A la tribune, lui, il nucléarise la Corée du Sud avant de passer à l’Iran. Netanyahou bondit de joie !

Il y a aussi cet article de RT qui cite ce jugement de Lavrov à propos de l’intervention de Trump (« Un discours remarquable »), en évoquant une perspective idyllique où les USA et la Russie rétabliraient des relations normales parce que Trump a affirmé la nécessité du respect de toutes les souverainetés (de toutes les nations souveraines) dans les relations internationales ; puis martelant des réserves colossales et très inquiètes, Lavrov, implicitement très critique sur les interventions dévastatrices de Trump dans les passages de son discours sur les crises nord-coréenne et iranienne. (Désormais, il semble bien qu’il y ait une crise iranienne.) L’attitude de Trump est complètement incohérente à maints égards, et cela ne peut nous surprendre puisque sa “diplomatie” est de l’ordre de la télé-réalité : d’un côté, affirmant le principe intangible de la souveraineté des nations dans les relations internationales, de l’autre jugeant des comportements nationaux d’une manière distordue et complètement intrusive, voire en faisant la promotion du regime change dans le cas du Venezuela (et implicitement de la Corée du Nord, et sans doute l’Iran), sans le moindre souci de la souveraineté nationale.

Du coup, Macron paraît excellent lorsqu’il prononce son jugement sévère sur l’attitude de Trump vis-à-vis de l’Iran, – “excellent” lui, c’est dire ! Et aussi lors de sa conférence de presse, lorsqu’il rapporta des détails de son entretien avec Trump, justement à propos de l’Iran. Il expose à Trump l’argument qu’il est dangereux sinon absurde de mettre en cause l’accord actuel sous prétexte qu’il n’est pas parfait, sans prévoir une option de remplacement ; Trump a-t-il une telle option ? interroge Macron ; Trump répond que oui et lui expose son option de remplacement. Et Macron de commenter avec une franchise qui lui fait honneur dans cet instant : « Je ne l’ai pas comprise », ouvrant par là la voie à l’hypothèse pas si incohérente que Trump est un esprit incohérent et donc incompréhensible.

…Mais moi-même, qualifiant Macron d’“excellent” alors qu’il y a deux jours le site appuyait de commentaires approbateurs un portrait incendiaire et furieux de ce même Macron, est-ce que je n’alimente pas ce constat irrésistible de l’incohérence, qui vaut d’ailleurs dans la relativité extraordinaire qu’il expose pour tous les avatars de cette session de l’ONU résumant si bien le climat et la psychologie folle de cette époque catastrophique ? Qui peut encore prétendre être capable de ranger les choses et les actes des hommes, et par conséquent émettre un jugement durable et solide sur les hommes, d’une façon cohérente et soutenue, dans ce formidable tourbillon crisique ?

Tous les commentateurs commentent et tous les éditorialistes éditorialisent depuis deux jours sur ces interventions à la tribune de l’ONU et sur la situation ainsi créée, et moi je reste, bouche bée, la plume suspendue. Certes, la faute essentielle, sinon exclusive du point de vue de l’opérationnalité, en revient à Trump, qui a exposé d’une façon symbolique et tonitruante du point de vue de la communication le trouble et le désordre qu’il introduit dans les relations internationales, exactement à l’image de ceux qu’ils développent dans la politique intérieure de Washington D.C. depuis bientôt deux ans.

Mais encore une fois, Trump ne fait que mettre dans une lumière aveuglante, celle des spots de la télé-réalité, une situation qui se développe depuis des années et qu’on feint d’ignorer, ou qu’on n’a pas le courage de relever, ou qu’on est trop aveugle et d’une psychologie trop affaiblie pour s’en aviser. Comme l’on disait “le fou du roi”, Trump est “le fou du monde” qui nous fait accepter l’évidence que le monde est comme ce roi dont un enfant s’exclamait “Le roi est nu !”.

C’est pour cette raison que je crois inutile de proposer une appréciation acceptable et raisonnable de la situation du monde, impliquant que cette situation répond elle-même à des critères identifiables et compréhensibles par la raison comme acceptables et raisonnables. C’est impossible, tout simplement parce qu’il n’y a rien qui soit acceptable et raisonnable, selon l’entendement de notre raison courante et selon la logique des dynamiques en cours, dans la situation du monde de notre époque catastrophique. On comprend alors le choix, fait d’une façon tout à fait rationnelle, qui me conduit à cette analyse s’exprimant dans ces termes du refus d’une démarche intellectuelle appuyée sur une mesure du rangement des choses et des actes et un jugement durable sur les hommes, tout cela avec l’instrument de la raison qui se révèle dans ce cas impuissante et paralysée ; on comprend alors ce choix qui fait que ce texte ne figure pas dans une des rubriques du site comme il serait logique qu’il soit, mais dans ce Journal.dde-crisis qui est d’abord comptable de l’humeur de celui qui l’écrit.

Enfin, comment mieux ouvrir la perspective comme elle doit l’être pour terminer justement cette observation sur la folie de l’époque qu’avec ces quelques phrases à propos de cette invraisemblable initiative de la création d’un “comité”, – le Committee To Investigate Russia, ou disons le CTR pour rendre compte du sérieux de l’entreprise, – organisé par une association entre people d’Hollywood et neocons recyclés et plus ou moins officiels. ZeroHedge.com nous donne un bon résumé de l’affaire lancée par l’acteur et metteur en scène Rob Reiner, avec les neocons David Frum et Max Boot, l’ancien directeur du renseignement national (DNI) James Clapper, fameux pour ses dépositions mensongères mais sous serment au Congrès, et surtout, pour la sensation et la grotesquerie, la participation très active de la voie sentencieuse et mélodieuse, accompagnée du visage de vieux sage un peu retors et évidemment black, de l’acteur Norman Freeman.

Cet assortiment abracadabrant préside à l’encouragement d’une “chasse aux sorcières” très hollywoodiennes, sans sorcières mais avec des proclamations bombastiques sur l’agression russe et les activités guerrières russes (« We are at war with Russia », révélation centrale de Freeman), et tout cela dans une atmosphère prompte à la dénonciation rocambolesque. Hollywood parvenant à se rejouer le MacCarthysme complètement inverti, – ou la victime de l’Inquisition des années 1940 et 1950 devenue l’inquisiteur sexy et arrosé de millions de dollars.

Je ne sais toujours pas si Freeman est dans cette aventure pour la beauté de la cause ou pour son pesant de dollars, mais l’avis émis aux premières nouvelles de l’intervention (il n’était pas encore apparu qu’il s’agissait d’une association bel et bien organisée) reste complètement valable : « […L]’hystérie comme sagesse, présentée par le visage vénérable et rayonnant de Freeman, marqué des sillons d’une si rude expérience de la vie enfin arrivée à la libération du progressisme-sociétal (et antiraciste) en vogue à Hollywood (“Freeman” le bien-nommé : “homme libre”)… Le déterminisme-narrativiste à ce point nous conduit à déambuler dans un univers hallucinant. »

Eh bien à l’ONU c’était pareil, univers hallucinant, lorsque Trump prit d’assaut le pupitre, puis ce qui s’ensuivit, et tout cela n’étant en rien accidentel mais comme une description baroque et assez juste de l’époque où nous nous débattons, emprisonnés dans l’univers accouché par cette époque. Rien à faire, cette pensée lancinante ne cesse de me revenir : il est impossible, dans ces conditions, de faire œuvre de commentaire politique comme s’il s’agissait d’une situation objectivement observable pour ce que la raison voudrait y voir. Il y a, dans ce fouillis et dans ce fatras, des forces d’une puissance considérable qui sont à l’œuvre, qui brouillent tous les rangements qu’on pourrait concevoir, qui trompent les logiques, qui attirent les jugements dans des simulacres qui sont des labyrinthes. Le premier écueil qui attend le regard de l’honnête homme, c’est de comprendre et de mesurer cette forme insaisissable du simulacre dans le labyrinthe, pour tenter de l’écarter, pour tenter de saisir l’une ou l’autre vérité-de-situation qu’elle dissimulerait.

 

http://www.dedefensa.org/article/labyrinthe-du-simulacre-de-lonu-a-freeman