Arc chiite, An I

Arc chiite, An I

16 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Il y a de ces coïncidences parfois… Nous avons vu dans le dernier billet que l’explosive jonction de l’armée syrienne et des SDF kurdisées sur Deir ez-Zoor pouvait signifier un futur affrontement ou une entente en amont concoctée par le Donald et Vladimirovitch, ce dernier assurant d’ailleurs ses arrières en envoyant des tonnes d’équipement militaire supplémentaire en Syrie.

Ce clair-obscur présageait en tout cas moultes tensions et surprises, et ça n’a pas raté. Depuis hier, on parle beaucoup d’un bombardement russe (peu probable) ou syrien sur des positions SDF avancées, sans que l’on sache bien encore s’il s’agit d’une énième intox :

C’est dans ce contexte que l’on apprend, et c’est tout sauf un hasard, que le 4+1 a décidé de passer la vitesse supérieure le long de la frontière syro-irakienne, pierre angulaire de l’arc chiite potentiellement (re)constitué.

Du côté syrien, l’armée et le Hezbollah ont, avec le précieux soutien de l’aviation russe, relancé les opérations vers Al Bukamal / Al Qaïm, point nodal crucial de la recomposition moyen-orientale. Dans le même temps et en parallèle, de l’autre côté de la frontière, l’armée irakienne et les UMP chiites ont libéré la zone d’Akashat.

La coordination avec Damas semble évidente. Difficile également de ne pas y voir une conséquence directe de l’avancée kurde sur Deir Ez-Zoor…

Toujours est-il que, à ce rythme et au vu de l’effondrement daéchique, l’alliance chiite ne devrait pas tarder à arriver en vue d’Al Bukamal / Al Qaïm. La prise de ce dernier bastion califal ne sera certes pas chose aisée, mais c’est la grande image qu’il faut prendre en compte : suppression définitive du corridor sunnite nord-sud et mise en place de l’arc chiite est-ouest. Au grand dam de qui vous savez.

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

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Emmanuel Todd : « La crétinisation des mieux éduqués est extraordinaire », par Sonya Faure et Cécile Daumas

Source : Libération, Sonya Faure et Cécile Daumas, 06-09-2017

Pour l’historien Emmanuel Todd, la vraie fracture n’est aujourd’hui plus sociale, mais éducative. Et la démocratie est vouée à disparaître en Europe.

Il dit avoir voulu «revenir au plaisir de l’observation historique». Mais avec Où en sommes-nous ? (Seuil), l’historien et démographe Emmanuel Todd se fait aussi le chroniqueur – pessimiste – de notre actualité, qu’il entend replacer dans le temps long. «Notre modernité, écrit-il, ressemble fort à une marche vers la servitude.»

Trump, Brexit, Macron. Vous analysez les bouleversements au sein des démocraties moins comme les résultats d’une fracture sociale que d’une fracture éducative…

Nous vivons une phase décisive : l’émergence pleine et entière d’une nouvelle confrontation fondée sur les différences d’éducation. Jusqu’ici, la vieille démocratie reposait sur un système social fondé sur l’alphabétisation de masse mais très peu de gens avaient fait des études supérieures. Cela impliquait que les gens d’en haut s’adressaient aux gens simples pour exister socialement – même les dominants et même la droite. On a cru que la propagation de l’éducation supérieure était un pas en avant dans l’émancipation, l’esprit de Mai 68 finalement. Mais on n’a pas vu venir le fait que tout le monde n’allait pas faire des études supérieures : selon les pays, entre 25 % et 50 % des jeunes générations font des études supérieures, et dans la plupart d’entre eux leur nombre commence à stagner. Les sociétés ont ainsi adopté une structure éducative stratifiée. «En haut»,une élite de masse (en gros, un tiers de la population) qui s’est repliée sur elle-même : les diplômés du supérieur sont assez nombreux pour vivre entre eux. Symétriquement, les gens restés calés au niveau de l’instruction primaire se sont aussi repliés. Ce processus de fragmentation sociale s’est généralisé au point de faire émerger un affrontement des élites et du peuple. La première occurrence de cet affrontement a eu lieu en France en 1992 lors du débat sur Maastricht. Les élites «savaient», et le peuple, lequel ne comprenait pas, avait voté «non». Ce phénomène de fracture éducative arrive à maturité.

La lutte des classes sociales est remplacée par la lutte entre les classes éducatives ?

Oui, même si revenus et éducation sont fortement corrélés. La meilleure variable pour observer les différences entre les groupes est aujourd’hui le niveau éducatif. Les électeurs du Brexit, du FN ou de Trump sont les gens d’en bas (même si le vote Trump a été plus fort qu’on ne l’a dit dans les classes supérieures), qui ont leur rationalité : la mortalité des Américains est en hausse, et même si les économistes répètent que le libre-échange, c’est formidable, les électeurs pensent le contraire et votent pour le protectionnisme.

Les trois grandes démocraties occidentales ont réagi différemment à cet affrontement entre élite et peuple…

En Grande-Bretagne, il s’est passé un petit miracle : le Brexit a été accepté par les élites, et le Parti conservateur applique le vote des milieux populaires. C’est pour moi le signe d’une démocratie qui fonctionne : les élites prennent en charge les décisions du peuple. Ce n’est pas du populisme car le populisme, c’est un peuple qui n’a plus d’élites. David Goodhart, le fondateur de la revue libérale de gauche Prospect, parle de «populisme décent», une magnifique expression. Les Etats-Unis sont, eux, dans une situation de schizophrénie dynamique. Les milieux populaires, furibards et peu éduqués, ont gagné l’élection, une partie des élites l’a acceptée (Trump lui-même fait partie de l’élite économique et le Parti républicain n’a pas explosé) mais l’autre moitié de l’Amérique avec l’establishmentla refuse. C’est un pays où règne donc un système de double pouvoir : on ne sait plus qui gouverne. En France, nous sommes dans une situation maximale de représentation zéro des milieux populaires. Le FN reste un parti paria, un parti sans élites. Le débat du second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron en a été la parfaite mise en scène. A son insu, Marine Le Pen a exprimé l’état de domination intellectuelle et symbolique de son électorat qui est, de plus en plus, peu éduqué, populaire, ouvrier. La dissociation entre les classes sociales est à son maximum. L’absence de solidarité entre les groupes sociaux est typique de la dissociation d’une nation.

La France insoumise est-elle une tentative de renouer le contact entre élite et peuple ?

Elle est le phénomène électoral intéressant de cette dernière élection. Il m’intéresse d’autant plus que je n’y croyais pas du tout ! Les électeurs de Mélenchon sont jeunes comme ceux du FN. Mais ce qui est vraiment original dans l’électorat de Mélenchon, c’est son caractère transclassiciste. Ouvriers, employés, professions intermédiaires, diplômés du supérieur : toutes les catégories sociales y sont représentées. En ce sens, les progrès de La France insoumise ne seraient pas une nouvelle forme de gauchisme, mais exactement l’inverse : une certaine forme de réconciliation des catégories sociales et éducatives françaises. Reste à savoir si Mélenchon […]

Lire la suite sur : Libération, Sonya Faure et Cécile Daumas, 06-09-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

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DIRECT. A la tribune de l’ONU, Trump menace de « détruire totalement la Corée du Nord » si les Etats-Unis sont « obligés de se défendre »

DIRECT. A la tribune de l’ONU, Trump menace de « détruire totalement la Corée du Nord » si les Etats-Unis sont « obligés de se défendre »

Le président américain développe sa vision du monde sur fond d’anxiété générale sur les dossiers iranien ou nord-coréen.

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Louis SanKocila MakdecheFrance Télévisions

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Ce qu’il faut savoirDonald Trump montre les muscles. Devant les dirigeants du monde réunis mardi 19 septembre à New York lors de l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a vivement critiqué le régime nord-coréen, qui multiplie les essais de missiles. Dans une allusion à Kim Jong-un, il a dénoncé « la mission-suicide de monsieur Missile », et a menacé de « détruire totalement la Corée du Nord » si les Etats-Unis ou un de ses alliés était visé par Pyongyang. Suivez l’Assemblée générale en direct avec franceinfo.

« America first ». A la tribune, le chef d’Etat américain a continué à assurer qu’il ferait « toujours passer l’Amérique d’abord ». Il a également dénoncé l’accord nucléaire avec l’Iran, qualifié de « honte », et la situation au Venezuela.

Discours attendu d’Emmanuel Macron. Pour sa part, le chef de l’Etat français devrait défendre quelques heures plus tard, à midi (18 heures heure de Paris), une approche multilatérale des crises mondiales dans un discours d’une quinzaine de minutes.

Accord de Paris. Lors de leur entretien bilatéral d’une heure dans un hôtel new-yorkais, Emmanuel Macron a une nouvelle fois tenté de convaincre son homologue de revenir sur sa décision de sortir de l’accord de Paris sur le climat. En vain, pour l’instant.

Le live

Suivez le live et réagissez en direct
#ONU

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #ONU

16h47 : Un discours qui rappelle à cette journaliste de Libération la thèse de « l’axe du mal » de George W. Bush.

16h44 :

« Les Etats-Unis sont parmi les principales forces du bien de l’humanité. »

16h42 : Autre phrase importante du discours de Donald Trump : « C’est le peuple qui gouverne. Je donnerai toujours la priorité à l’Amérique ». Voici la séquence :

(ONU / FRANCEINFO)

16h39 : « Le problème au Venezuela, ce n’est pas que le socialisme a été mal mis en œuvre, mais qu’il a été mis en œuvre. « 

16h40 : Donald Trump s’en prend maintenant au régime de Nicolas Maduro au Venezuela, qu’il a qualifié de « dictature socialiste ». « Nous avons, et les autres pays ont, un devoir : aider les Vénézueliens à retrouver leur liberté et à rétablir la démocratie », a-t-il lancé.

16h36 : « Le succès des Nations unies dépend de la force indépendante de chaque membre », a affirmé Donald Trump au début de son discours. Voici la séquence :

(ONU / FRANCEINFO)

16h32 : « Le régime de Bachar Al-Assad est criminel. Il a eu recours à des armes chimiques contre sa population et contre des enfants (…). C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont mené une opération militaire contre une base militaire. »

16h32 : « Nous allons mettre un terme à l’islamisme radical. Nous devons empêcher les terroristes d’avoir des sanctuaires et des ressources. Nous devons les chasser de nos pays. Faire en sorte que les pays qui sont des suppôts du terrorisme rendent des comptes. »

16h26 : « L’heure est venue pour le monde entier de faire que le gouvernement iranien cesse de semer la mort et la destruction (…), de faire qu’il cesse de promouvoir le terrorisme. »

16h32 : Donald Trump s’en prend désormais à l’Iran. « L’accord sur l’Iran est une honte, l’un des pires (…) de l’histoire des Etats-Unis », lance-t-il.

16h31 : « Il est temps que toutes les nations du monde travaillent ensemble pour isoler le régime de Kim. »

16h22 : « Si nous sommes forcés de nous défendre, ou de défendre nos alliés, nous n’aurons pas d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. »

16h21 : « Nous devons tenir compte du bien-être de nos populations. Je pense au régime de Corée du Nord qui a affamé son peuple et opprimé de millions de personnes. Nous nous attaquerons toujours aux violations des droits de l’homme. »

16h23 : « Nous devons protéger nos nations, nos intérêts et leurs avenirs. Nous devons rejeter les menaces à nos souverainetés, de l’Ukraine à la mer de Chine. »

16h16 : « Nous sommes pilotés par les résultats et non par les idéologies. Nous avons une politique de réalisme avec des objectifs partagés et des valeurs partagées. »

16h14 : « En tant que président des Etats-Unis, je ferai toujours de mon pays une priorité. Comme vous, dirigeants du monde, vous devriez faire de vos pays une priorité. »

16h15 : « La promesse de notre pays repose en trois mots : ‘Nous le peuple’ (…). J’ai été élu, non pas pour avoir le pouvoir, mais pour le rendre au peuple. »

16h12 : « En Amérique, nous ne voulons pas imposer notre modèle, mais le laisser briller partout dans le monde pour qu’il soit vu comme un exemple. »

16h10 : Les « Etats voyous » sont une menace pour le monde.

16h12 : « Nous allons dépenser 700 milliards de dollars dans notre défense. Nous aurons l’armée la plus puissante que nous ayons jamais eue. »

16h09 :

« Les terroristes, les extrémistes sont plus puissants partout sur la planète. »

16h09 : « C’est un honneur de vous retrouver ici dans ma ville natale ».

16h05 : Donald Trump s’apprête à monter sur la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Son discours est à suivre en direct ici.

15h53 : Avant le passage d’Emmanuel Macron à la tribune de l’Assemblée des Nations unies, à 18 heures, le président français s’est réuni en session avec sa délégation. Ils se sont entretenus avec des dirigeants d’ONG. Voici les images :

(FRANCEINFO)

13h57 : Bonjour . Vous pourrez suivre dans notre direct les discours de Donald Trump (à 15h30) et d’Emmanuel Macron (à 18 heures), à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.

13h55 : Bonjour. Pourra-t-on suivre les discours à l’ONU en direct quelque part?

La Chine envisage un nouvel ordre mondial s’appuyant sur un marché du pétrole soutenu par l’or

La Chine envisage un nouvel ordre mondial s’appuyant sur un marché du pétrole soutenu par l’or


Par Damon Evans – Le 1er septembre 2017 –  Source Asia.Nikkei

DENPASAR, Indonésie – La Chine devrait prochainement lancer un contrat à terme sur le pétrole brut, évalué en yuan et convertible en or, une initiative que les analystes présentent comme pouvant transformer ce secteur.

Ce marché pourrait devenir le prix de référence du pétrole brut le plus important en Asie, étant donné que la Chine est le plus grand importateur de pétrole au monde. Le pétrole brut a généralement un prix basé sur les contrats à terme intermédiaires du Brent ou du West Texas, tous deux libellés en dollars américains.

Cette initiative chinoise permettra aux exportateurs comme la Russie et l’Iran de contourner les sanctions américaines en commerçant en yuan. Pour mieux favoriser ce commerce, la Chine déclare que le yuan sera entièrement convertible en or sur les marchés des changes de Shanghai et de Hong Kong.

« Les règles du jeu mondial concernant le pétrole pourraient commencer à changer énormément », a déclaré Luke Gromen, fondateur d’une société de recherche en macroéconomie basée aux États-Unis, la  FFTT.

Le Shanghai International Energy Exchange a commencé à former les utilisateurs potentiels et est en train d’effectuer un grand nombre de tests à la suite de sa mise en place qui s’est faite en juin et juillet. Ce sera le premier marché chinois de contrats à terme sur les matières premières ouvert aux fonds de pension, sociétés commerciales et sociétés pétrolières étrangères.

La plupart des importations de brut en Chine, en moyenne environ 7,6 millions de barils par jour en 2016, est achetée par des contrats à long terme entre les principales compagnies pétrolières chinoises et les compagnies pétrolières étrangères. Des transactions se déroulent également entre les grandes compagnies chinoises et les raffineurs chinois indépendants, et entre les grandes compagnies étrangères et les entreprises de trading internationales.

Alan Bannister, directeur pour l’Asie de S & P Global Platts, un fournisseur d’informations sur l’énergie, a déclaré que la participation active des raffineurs indépendants chinois au cours des dernières années « a créé un marché de participants domestiques plus diversifié, créant un environnement dans lequel un tel marché est plus susceptible de réussir ».

La Chine veut depuis longtemps réduire la domination du dollar américain sur les marchés des matières premières. Les contrats à terme sur l’or, libellés en yuan, sont négociés au marché du Shanghai Gold Exchange depuis avril 2016, et cette place boursière envisage de lancer ce produit à Budapest, plus tard dans l’année.

Des contrats en yuan sur l’or ont également été lancés à Hong Kong en juillet, après deux tentatives antérieures infructueuses, car la Chine cherche à internationaliser sa monnaie. Ces contrats ont été modérément couronnés de succès.

L’existence de contrats à terme en yuan sur le pétrole et l’or signifie que les utilisateurs auront l’option d’être payés en or physique, déclare Alasdair Macleod, responsable de la recherche chez Goldmoney, une société de services financiers basée sur l’or de Toronto. « C’est un mécanisme susceptible d’attirer les producteurs de pétrole qui préfèrent éviter d’utiliser des dollars mais qui n’étaient pas prêts à accepter des paiement en yuans pour la vente de pétrole à la Chine ».

Ces contrats sur l’or libellés en yuan auront des implications importantes, en particulier pour des pays comme la Russie et l’Iran, le Qatar et le Venezuela, a déclaré Louis-Vincent Gave, directeur général de Gavekal Research, une société de recherche financière basée à Hong Kong.

Ces pays seraient moins vulnérables à l’utilisation du dollar comme « arme économique » par Washington quand ils subissent la politique étrangère des États-Unis, a-t-il déclaré : «En créant un marché de l’or réglé en renminbi [un nom alternatif pour le yuan], la Russie peut maintenant vendre du pétrole à la Chine contre du renminbi, puis utiliser l’excédent de monnaie qu’elle gagne pour acheter de l’or à Hong Kong. En conséquence, la Russie n’a pas besoin d’acheter des actifs chinois ou de l’échanger en dollars. »

Grant Williams, un conseiller de Vulpes Investment Management, un sponsor de hedge funds basé à Singapour, a déclaré qu’il s’attendait à ce que la plupart des producteurs de pétrole se réjouissent d’échanger leurs réserves de pétrole contre de l’or. « C’est un moyen de transformer le liquide noir en métal jaune. C’est un mouvement stratégique que d’échanger du pétrole pour de l’or, plutôt que pour des bons du Trésor des États-Unis, qui peuvent être imprimés sans garantie », nous dit-il.

Parts de marché

La Chine a indiqué aux producteurs que ceux qui sont heureux de lui vendre en yuans bénéficieront de plus d’opportunités commerciales. Les producteurs qui ne vendront pas en yuan à la Chine perdront leur part de marché.

L’Arabie saoudite, un allié américain, en est un exemple. La Chine lui  a proposé de lui payer son pétrole en yuan, fin juillet, selon les médias chinois. Nous ne savons pas encore si l’Arabie saoudite va céder à son plus grand client, mais Pékin a déjà réduit la part de l’Arabie saoudite dans ses importations totales, qui est passée de 25% en 2008 à 15% en 2016.

Les importations chinoises de pétrole ont augmenté de 13,8% en glissement annuel au premier semestre de 2017, mais les approvisionnements venant d’Arabie saoudite ont progressé de 1% en glissement annuel. Dans le même délai, les envois de pétrole russes ont bondi de 11%, faisant de la Russie le premier fournisseur de pétrole à la Chine. L’Angola, qui a fait du yuan sa deuxième monnaie légale en 2015, a dépassé l’Arabie saoudite avec une augmentation de 22% des exportations de pétrole vers la Chine au cours de la même période.

Si l’Arabie saoudite accepte les yuans pour payer le pétrole, déclare Gave, «Washington aura du mal à l’avaler et le Trésor américain verra cela comme une menace pour l’hégémonie du dollar (…) et il est peu probable que les États-Unis continueront à approuver les ventes d’armes modernes à l’Arabie saoudite et la protection intégrée de la Maison des Saoud [la famille dirigeante du royaume] qui les accompagne. »

L’alternative pour l’Arabie saoudite est aussi peu appétissante. « Le fait d’être expulsé du marché chinois voudra dire être obligé de déverser des stocks de pétrole excédentaires sur la scène mondiale, assurant ainsi un faible prix qui continue pour le pétrole », nous fait remarquer Gave.

Mais le royaume trouve d’autres façons de rester en contact avec la Chine. Le 24 août, le ministre saoudien de l’Économie et de la Planification, Mohammed al-Tuwaijri, a déclaré à Jeddah que le gouvernement envisageait la possibilité d’émettre des bons du trésor libellés en yuan. L’Arabie saoudite et la Chine ont également convenu d’établir un fonds commun d’investissement de 20 milliards de dollars.

En outre, les deux pays pourraient cimenter leur relation si la Chine devait investir dans l’offre publique initiale prévue de 5% des parts dans Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale de l’Arabie saoudite. Cette vente devrait être la plus grande jamais faite, même si les détails sur le lieu d’inscription et l’évaluation sont encore insuffisants.

Si la Chine devait investir dans Saudi Aramco, le prix du pétrole saoudien pourrait passer du dollar américain au yuan, remarque Macleod. Sur le plan crucial, « si la Chine peut se lier Aramco, avec la Russie, l’Iran et autres, ils auront une influence sur près de 40% de la production mondiale et pourront progresser dans leur désir de virer le dollar pour le remplacer par le yuan », nous dit-il.

La Chine s’efforce également d’établir d’autres marchés de référence, sur le gaz et le cuivre, car Pékin cherche à transformer le yuan en la monnaie commerciale naturelle pour l’Asie et les marchés émergents.

Les contrats à terme en Yuan devraient attirer les intérêts des investisseurs et des fonds, tandis que les majors pétroliers étatiques, tels que PetroChina et China Petroleum & Chemical (Sinopec), fourniront des liquidités pour assurer le commerce. Les entités enregistrées localement de JPMorgan, une banque étasunienne, et UBS, une banque suisse, sont parmi les premières à obtenir l’approbation pour négocier le contrat. Mais il est entendu que le marché sera également ouvert aux investisseurs particuliers.

Damon Evans

 

: http://lesakerfrancophone.fr/la-chine-envisage-un-nouvel-ordre-mondial-sappuyant-sur-un-marche-du-petrole-soutenu-par-lor

 

Revue de presse nationale et internationale.

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