Juncker attaque la règle de l’unanimité sur les questions fiscales

Juncker attaque la règle de l’unanimité sur les questions fiscales

epaselect epa05934995 General view during special European Summit in Brussels, Belgium, 29 April 2017. EU leaders at the special European Council meeting of the 27 remaining member countries unanimously adopted the guidelines for negotiations with the United Kingdom following their so-called ‘Brexit’ referendum and triggering the Article 50 in March to leave the European Union. EPA/OLIVIER HOSLET

Pour sortir du carcan de la majorité absolue sur les questions fiscales, Juncker a exhumé une clause du traité de Lisbonne permettant de passer à la majorité qualifiée.

La délicate question de la taxation des GAFA va revenir ce week-end sur la table des ministres européens des Finances. Rassemblés à Tallin, Bruno Lemaire et ses homologues européens vont s’attaquer à la question de la taxation des grandes entreprises du numérique en Europe.

L’idée récurrente en Europe d’une législation spécifique à la fiscalité numérique permettant de s’assurer que Google, Amazon, Facebook, Apple payent leurs impôts là où ils réalisent leurs profits pourrait alors aboutir, à condition que les 28 États membres s’entendent sans dissonance.

Car sur les sujets fiscaux, l’Union européenne applique la règle de l’unanimité. Tous les États membres doivent approuver une proposition lorsqu’elle touche à la délicate question fiscale, chasse gardée des États membres.

« La règle de l’unanimité, c’est 27 vetos » résume une source à la Commission. Une situation qui entrave l’harmonisation fiscale au sein de l’Union. Et que le président de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, voudrait bien déverrouiller avant la fin de son mandat en 2019.

Pas de changement des traités nécessaires

« Je voudrais que sur les questions importantes concernant ce marché les décisions puissent être plus souvent et plus facilement prises au Conseil à la majorité qualifiée avec une participation égale du Parlement européen. » a-t-il expliqué lors de son discours sur l’état de l’Union.

Ce passage à la majorité qualifiée dans le domaine fiscal permettrait d’assouplir le processus décisionnel, mais aussi d’associer le Parlement européen, aujourd’hui cantonné à un rôle consultatif dans le domaine de la fiscalité.

Ce changement pourrait s’opérer sans révision des traités européens, grâce à l’utilisation  des clauses « passerelles » prévues par le traité de Lisbonne. Des dispositions «  qui permettent de passer au vote à la majorité qualifiée au lieu de l’unanimité dans certains domaines, à condition que le Conseil européen le décide à l’unanimité » a détaillé Juncker.

Créées par le traité des Lisbonne, les clauses passerelles donnent aux chefs d’États et de gouvernement le droit d’autoriser l’adoption de certains actes « conformément à la procédure législative ordinaire. »

Pour Juncker, « l’assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés, la TVA, une fiscalité juste pour l’industrie numérique et la taxe sur les transactions financières » devraient profiter de cette procédure.

Un effet collatéral du Brexit

La clause passerelle n’a pourtant jamais été utilisée depuis sa création. Et pour cause. « Cette clause a été introduite dans le nouveau traité, à défaut d’avoir eu l’accord de l’ensemble des États membres pour abandonner la règle de l’unanimité » se rappelle l’eurodéputé  Alain Lamassoure, qui a participé à la convention européenne chargée d’élaborer le nouveau traité.

Mais dans la foulée de l’adoption du traité de Lisbonne, « les Britanniques ont adopté  au niveau national une loi interdisant à leurs dirigeants d’autoriser l’utilisation de la clause passerelle au niveau européen » explique le français. Une décision rendant impossible l’activation de cette clause.

Mais avec le Brexit, le veto anglais n’est plus d’actualité. « Je pense que Juncker était désireux de rappeler aux dirigeants européens l’existence de cette clause. Leur dire de cesser de parler de nouveaux traités, exploitez les possibilités de celui-ci » poursuit Lamassoure.

Une efficacité à prouver

L’appel du pied politique de Juncker aux dirigeants européens pourrait cependant avoir un effet limité. En effet, pour activer la clause passerelle, il faut l’unanimité des chefs d’État et de gouvernement… Une étape qui repose plus ou moins le même problème que la difficulté de l’unanimité au sein du Conseil des ministres.

« Ce qui me parait évident c’est que le Conseil européen ne va pas tout à coup être d’accord pour supprimé l’unanimité sur tous les sujets fiscaux » reconnait Alain Lamassoure.

« Les États membres trouvent que la fiscalité est un sujet trop important pour être soumis à la procédure législative ordinaire » commente une source à la Commission ». « Mais le président a cité quelques propositions concrètes, c’est une approche plus acceptable pour les Etats de lever la règle de l’unanimité sur quelques textes que sur l’ensemble des sujets touchant à la fiscalité ».

Coopération renforcée

Concrètement, le contournement de la règle de l’unanimité pour les sujets fiscaux se pratique déjà avec la coopération renforcée. Autre innovation du Traité de Lisbonne, elle permet à un minimum de 9 États membres de s’accorder sur une législation commune.

Mise en place pour sauver le projet de taxe sur les transactions financières, elle pourrait également permettre au projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés (ACCIS) d’avancer. Et semble un outil plus réaliste à certains.

Bruxelles veut harmoniser l’impôt des sociétés d’ici 2021

La Commission européenne a dévoilé un plan d’action pour harmoniser l’impôt des sociétés en Europe, un projet qui a déjà échoué deux fois. Mais la multiplication des scandales fiscaux a cette fois donné plus de poids au projet.

En attendant que les États membres cèdent du terrain fiscal, la volonté politique  est aujourd’hui le seul moteur qui a donné à l’UE quelques avancées.

Car si certains sujets structurels comme l’harmonisation des règles de TVA ou l’assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés butent sur la règle de l’unanimité depuis des années, d’autres ont passé le cap en quelques mois seulement.

C’est notamment le cas des sujets touchant à la lutte contre l’évasion fiscale, « où la volonté politique et la pression de l’opinion publique ont mis tout le monde d’accord rapidement » confie une source

 

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/juncker-attaque-la-regle-de-lunanimite-sur-les-questions-fiscales/

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Les Brigades anarchistes de l’Otan

Les Brigades anarchistes de l’Otan

Présenté en Occident comme la réalisation d’une sympathique utopie, le tout nouveau « Rojava » est en réalité un État colonial, voulu et organisé dans le sang par Washington. Il s’agit cette fois de chasser les populations du Nord de la Syrie et de les remplacer par des gens qui n’y sont pas nés. Pour réaliser ce nettoyage ethnique, le Pentagone et la CIA ont mobilisé des combattants dans les cercles d’extrême-gauche européens. Thierry Meyssan révèle ce projet insensé en cours depuis un an et demi.

| Damas (Syrie)

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En février 2016, le « Tsar anti-terroriste » de la Maison-Blanche, Brett McGurk, a été envoyé par le président Obama superviser la bataille d’Aïn al-Arab (Kobané). À cette occasion, il a été décoré par le YPG, dont la maison-mère —le PKK turc— est pourtant considérée par Washington comme « terroriste ».

« La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ».
George Orwell, 1984.

Dans les années 1980-90, la société kurde était extrêmement féodale et patriarcale. Elle était maintenue dans un fort sous-développement, ce qui poussa des kurdes à se soulever contre les dictatures militaires qui se succédèrent à Ankara [1].

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) était une organisation marxisme-léniniste, soutenue par l’Union soviétique, luttant contre les dictatures de généraux kémalistes, membres de l’Otan. Il libéra les femmes et rejoignit les combats progressistes. Avec l’aide d’Hafez el-Assad, il installa un camp de formation militaire dans la plaine libanaise de Bekaa, sous la protection de la Force de paix syrienne, jouxtant celui du FPLP palestinien.

Durant cette période, le PKK n’avait pas de mots assez durs contre « l’impérialisme américain ».

Lors de la dissolution de l’URSS, le PKK disposait de plus de 10 000 soldats à plein temps et de plus de 75 000 réservistes. Cette guerre de libération détruisit plus de 3 000 villages et fit plus de 2 millions de déplacés. Malgré cet immense sacrifice, elle échoua.

Arrêté au Kenya, en 1999, lors d’une opération conjointe des services secrets turc, états-unien et israélien, le leader historique de la révolte, Abdullah Öcalan, fut emprisonné sur l’île d’İmralı, dans la mer de Marmara. Le PKK s’effondra, divisé entre son chef prisonnier, favorable à une négociation de paix, et ses lieutenants pour qui la guerre était devenue un mode de vie. Quelques attentats eurent encore lieu sans que l’on sache vraiment lesquels étaient le fait de combattants refusant de désarmer ou d’une fraction de la gendarmerie, le JITEM, qui refusait elle aussi le cessez-le-feu.

Au début du « printemps arabe », Abdullah Öcalan reconstruisit le PKK depuis sa cellule autour d’une nouvelle idéologie. À la suite de négociations secrètes avec l’Otan à la prison d’İmralı, il abandonna le marxisme-lénisme pour le « municipalisme libertaire ». Lui qui avait toujours lutté contre la Turquie pour édifier son propre État, le Kurdistan, considérait désormais que tout État est en soi un outil d’oppression [2].

Les militants du PKK qui avaient été contraints de fuir la Turquie durant la guerre civile, avaient trouvé refuge au nord de la Syrie [3]. Au nom des siens, Öcalan s’était engagé par écrit à ne jamais revendiquer de territoire syrien. En 2011, au début de la guerre occidentale contre la Syrie, les kurdes constituèrent des milices pour défendre le pays qui les avait accueillis et qui les avait naturalisés.

Cependant, le 31 octobre 2014, l’un des deux co-présidents du YPG, la branche syrienne du PKK, Salih Muslim, participa à une réunion secrète au palais de l’Élysée avec le président français François Hollande et son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan. Il se vit promettre de devenir chef d’État, s’il acceptait de s’engager à recréer le Kurdistan… en Syrie.

Immédiatement, la Coalition internationale, que les États-Unis venaient de créer prétendument contre Daesh, soutint le YPG, lui fournissant de l’argent, de la formation, des armes et un encadrement. Oubliées donc les imprécations contre Washington, désormais devenu un si bon allié. L’organisation kurde commença à expulser les habitants des régions sur lesquelles elle avait jeté son dévolu.

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Comme il n’y avait eu jusque-là aucune bataille du YPG contre Daesh, les États-Unis mirent en scène un terrible affrontement à Aïn al-Arab, rebaptisé pour l’occasion du nom kurmandji de Kobané. La presse internationale fut invitée à couvrir l’événement sans se mettre en danger. Cette ville est située sur la frontière syro-turque et les journalistes purent suivre les combats à la jumelle depuis la Turquie. On ignore ce qui s’est vraiment passé à Aïn al-Arab puisque la presse ne fut pas autorisée à y entrer. Pourtant on dispose d’images filmées au téléobjectif et semblant confirmer de loin les communiqués relatant la sauvagerie des combats. Quoiqu’il en soit, « l’Occident » unanime conclut que les kurdes étaient les alliés dont il avait besoin contre Daesh et la Syrie.

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« Ni Dieu, ni État ! », venez défendre l’État du « Rojava » et lutter « contre toutes les forces de la réaction », aux côtés de l’Empire américain.

La presse occidentale assure que la moitié des soldats kurdes sont des femmes, comme statutairement la moitié des instances dirigeantes du PKK/YPG. Pourtant, sur le terrain, leur présence est rarissime. Les journalistes affirment également qu’elles terrorisent les jihadistes pour qui, mourir tué par une femme serait une malédiction interdisant l’accès au paradis. Curieusement, la même presse ignore que l’Armée arabe syrienne comprend aussi des bataillons féminins que les jihadistes attaquent avec la même rage que leurs homologues masculins.

Malgré les apparences, le YPG n’est pas aussi nombreux qu’il le prétend. Beaucoup de kurdes syriens considèrent les États-Unis comme une puissance ennemie et la Syrie comme leur nouvelle patrie. Ils refusent de suivre les fantasmes de Salih Muslim. Aussi le Pentagone a-t-il adjoint à « ses » kurdes, non seulement quelques mercenaires arabes et assyriens, mais aussi des militants de l’extrême-gauche européenne.

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De même que la CIA a embrigadé des dizaines de milliers de jeunes musulmans occidentaux pour en faire des islamistes, de même, elle commence à recruter des anarchistes européens pour constituer des Brigades internationales, sur le modèle de celles qui se battirent en 1936 à Barcelone contre les fascistes. On trouve ainsi comme troupes supplétives du YPG/Otan le Bataillon antifasciste internationaliste (Europe centrale), la Brigade Bob Crow (Anglais et Irlandais), la Brigade Henri Krasucki (Français), les Forces internationales et révolutionnaires de guérilla du peuple (Amériques), l’Union révolutionnaire pour la solidarité internationale (Grecs), l’Unité du Parti marxiste-léniniste (Espagnols), et tous les groupuscules turcs pro-US (DK, DKP, MLSPB-DC, PDKÖ, SI, TDP, TKEP/L, TKPML) pour ne citer que les plus voyants [4].

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Venez lutter contre le Capital, avec les Forces spéciales US, au « Rojava » !

La bataille d’Aïn al-Arab, censée opposer de jeunes Syriens favorables au Califat à de jeunes kurdes, a surtout coûté la vie, de part et d’autre, à de jeunes Européens en quête d’un monde meilleur. Les pays européens s’inquiètent du retour possible de jeunes jihadistes chez eux, mais pas de celui de jeunes anarchistes, pourtant aussi dangereux. C’est probablement parce qu’il est beaucoup plus facile de manipuler ces derniers et de les recycler dans les prochaines aventures impérialistes.

En juin 2015, le Parti démocratique des peuples (HDP), nouvelle expression politique du PKK, reçut un abondant soutien financier et un encadrement de la CIA, contre l’AKP de Recep Tayyip Erdoğan. Soudainement, il perça le plancher des 10 % de voix nécessaires pour entrer à la Grande Assemblée nationale et gagna 80 députés.

Le 17 mars 2016, le YPG proclama l’autonomie du « Rojava », c’est-à-dire du couloir reliant la région du Kurdistan irakien à la Méditerranée, le long de la frontière syro-turque, mais uniquement du côté syrien. Le « Rojava » inclurait donc partiellement la zone d’Idleb actuellement occupée par Al-Qaïda.

Cet État étant proclamé par des gens qui n’y sont pas nés au détriment des autochtones, il s’agit d’un projet colonial, comparable à celui d’Israël, auto-proclamé en Palestine par des juifs qui y avaient acheté des terres. La dénomination « Rojava » a été choisie pour distinguer ce territoire du « Kurdistan » qui, lui, se trouve en Turquie où il fut proclamé en 1920 par la conférence de Sèvres [5].

Au moment où l’émirat d’Al-Qaïda d’Idleb et le califat de Daesh à Rakka se rétrécissent comme peau de chagrin, l’Otan poursuit son plan de dislocation de la République arabe syrienne et ambitionne de créer le « Rojava » de Kameshli.

La presse occidentale observe éblouie ce « Rojava » paré de toutes les vertus à la mode : pacifiste, égalitaire, féministe, écologiste, favorable à la construction du genre, etc. [6]. Peu importe que le YPG soit une armée. Peu importe qu’il lutte contre les habitants historiques du Nord de la Syrie, les arabes et les assyriens, puisque sur le papier il a formé avec eux les Forces démocratiques.


En Syrie, les Brigades anarchistes européennes combattent sous commandement états-unien.

Les programmes du YPG syrien et du HDP turc correspondent à la stratégie militaire US. Depuis 2001, le Pentagone prévoit à moyenne échéance « le remodelage du Moyen-Orient élargi », c’est-à-dire la division des grands États en de petits États homogènes, incapables de lui résister. À plus long terme, il prévoit de les opposer les uns aux autres jusqu’à faire régresser la région au chaos.

Le « Rojava » n’a pas été proclamé en État indépendant car, selon le nouvel Öcalan, tout État-nation serait un mal en soi. Selon l’Otan, c’est juste un État autonome qui devra se confédérer avec d’autres États autonomes comme ceux qui succèderont à l’État-nation syrien, une fois qu’il aura été renversé. Selon le théoricien de référence du « municipalisme », l’États-unien Murray Bookchin, pour fonctionner de manière démocratique, les communautés libertaires doivent être homogènes. C’est pourquoi le « pacifiste » YPG procède actuellement au nettoyage ethnique du « Rojava ».

CQFD.

[1] Blood and belief : the PKK and the Kurdish fight for independence, Aliza Marcus, New York University Press, 2007.

[2] The Political Thought of Abdullah Öcalan : Kurdistan, Women’s Revolution and Democratic Confederalism, Abdullah Öcalan, Pluto Press, 2017.

[3] Par défaut, on peut lire The Kurds in Syria : the forgotten people, Kerim Yildiz, Pluto Press, 2005.

[4] “LGBT Brigades In Syria ? Western Anarcho-Leftists Cutting Their Teeth With Western-Backed Kurdish YPG”, Brandon Turbeville, Activist Post, July 27, 2017. “Le Rojava, un califat d’extrême gauche ? Réseaux « antifascistes » et terrorisme : le laboratoire kurde”, Observatoire des extrêmes de gauche, 16 août 2017.

[5] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[6] The PKK : Coming Down From the Mountains, Paul White, Zed Books, 2015. Revolution in Rojava : Democratic Autonomy and Women’s Liberation in the Middle East, Michael Knapp & Ercan Ayboga & Anja Flach, Pluto Press, 2016.

 

http://www.voltairenet.org/article197821.html

Revue de presse du 16/09/2017

16
Sep
2017

Rentrée de la revue de presse, revue de presse de la rentrée, deuxième. Pour rejoindre la cause, nous vous attendons via le formulaire de contact du blog.

 

CRISE BANCAIRE

Vietnam : ouverture d’un immense procès de banquiers

« Les autorités vietnamiennes ont entamé ces dernières années une profonde réforme du système bancaire pour tenter d’assainir ce secteur, plombé par les dettes toxiques. »

Source : L’Express

DÉMOCRATIE

Une journaliste bulgare licenciée après avoir révélé des livraisons d’armes aux terroristes en Syrie

« Après avoir découvert lors d’un reportage sur la libération d’Alep, en décembre 2016, des caisses contenant des armes en provenance de Bulgarie dans des caches du groupe terroriste, la journaliste a décidé de remonter la filière et a découvert un vaste système permettant d’alimenter des opposants à Bachar el-Assad en armes et munitions, par le biais de vols diplomatiques au départ de pays d’Europe de l’Est et d’Azerbaïdjan. »

Source : RUSSIA TODAY

Les relations entre médias et haute finance en une citation de Xavier Niel

« Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix. »

Source : Medias Presse Info

Les médias de masse & le business de l’écologie™ : à propos du « jour du dépassement »

« Entre les travaux de Noam Chomsky, ceux de Serge Halimi, du Monde diplomatique, des médias comme Basta !, et de beaucoup d’autres, il devrait être évident et compris que les médias de masse sont un des principaux outils de propagande de la classe dirigeante. À l’image de la société capitaliste qu’ils défendent, leur raison d’être est également fortement lucrative. La vérité ne les intéresse pas. Pas plus que le bon sens, la justice, ou la morale. »

Source : Le Partage

ENVIRONNEMENT

Europacity sous le feu des critiques

« Dans le cadre de la révision du plan local d’urbanisme (PLU) de la ville de Gonesse, dans le Val-d’Oise, le commissaire enquêteur Ronan Hébert a rendu un avis défavorable au nouveau projet de PLU : « Le projet d’aménagement du Triangle de Gonesse est peu compatible avec la notion de développement durable à différentes échelles », écrit-il. Concrètement, cela vient étayer les arguments contre le projet de mégacentre commercial et de loisirs Europacity, porté par une filiale du groupe Auchan et le groupe chinois Dalian Wanda. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

Décarboner l’électricité européenne : une opportunité pour le gouvernement !

« Un prix minimum du carbone pour l’électricité permettrait à l’Europe de respecter l’accord de Paris. Si l’on peut se féliciter de la décision gouvernementale d’accélérer la hausse de la taxe sur les combustibles et les carburants (1), le gouvernement doit maintenant reprendre un autre dossier, celui de la taxation du contenu en carbone de l’électricité. Les travaux de la Commission Canfin-Grandjean-Mestrallet ont mis en évidence la difficulté d’une démarche unilatérale sur ce sujet. Il est, en particulier, essentiel de rallier l’Allemagne à cette ambition du fait de son poids politique et économique dans l’Union mais aussi car le mix électrique allemand est bien plus dépendant du charbon que le nôtre. »

Source : CHRONIQUES DE L’ANTHROPOCENE

Des nanoparticules cachées dans nos assiettes

« 100 % des bonbons et gâteaux que nous avons testés contiennent du dioxyde de titane sous forme « nano ». Contrairement aux dires des fabricants. »

Source : 60 millions de consommateurs

EUROPE

Les nouveaux cauchemars de la BCE !

« Alors que les grands argentiers de notre monde se réunissent à Jackson Hole (le trou de Jackson, qui était apparemment un trappeur de castors) dans le Wyoming, nous assistons à l’impuissance des européens en matière monétaire. »

Source : L’Echo

Ce que l’affaire STX nous dit de l’Europe

« Le 28 juillet dernier, le gouvernement d’Edouard Philippe décidait de nationaliser provisoirement la société STX France, les ex-Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire. Cette affaire illustre les raisons pour lesquelles l’Europe n’arrive pas à s’en sortir sur le plan industriel. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

FRANCE

Robotisation trop faible, coût du travail élevé : le paradoxe français

« Pourquoi n’y a-t-il pas plus de robots en France ? Le constat peut sembler paradoxal pour un pays en avance en matière de productivité. Et surtout dont le système fiscal et règlementaire est supposé pénaliser le travail. Comment se fait-il alors que nos industries ne soient pas plus tentées par la substitution de l’homme par la machine ? »

Source : XERFI CANAL

Non, la France n’est pas allergique aux réformes !

« « La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes », a estimé Emmanuel Macron en Roumanie, le 24 août. Ce discours stéréotypé est souvent tenu en France comme en Europe, pourtant rien n’est plus faux. Certes, à en juger par notre situation économique et sociale dégradée, nous n’avons peut-être pas toujours fait les bonnes réformes, mais nous en avons fait beaucoup. Trop sans doute, à certains égards. Notamment quand on compare la France à l’Allemagne, censée être LE modèle en la matière. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

Le mauvais procès fait aux contrats aidés

« Haro sur les contrats aidés. La ministre du Travail Muriel Pénicaud a ouvert les hostilités le 9 août dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, juste avant les vacances parlementaires. Sans s’embarrasser de nuances : « Les études de la Dares, de l’OCDE, comme celles de la Cour des comptes, montrent trois choses. Premièrement, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation. Deuxièmement, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage. Troisièmement, ils ne sont pas un tremplin pour l’insertion professionnelle. » Fermez le ban ! »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

GÉOPOLITIQUE

En Syrie, le plus grand fiasco de la CIA ?

« Alors qu’il n’est plus tabou de critiquer le rôle trouble des puissances moyen-orientales dans le renforcement des réseaux djihadistes au Moyen-Orient, la coresponsabilité de leurs partenaires de l’OTAN ne peut et ne doit plus être éludée. »

Source : MIDDLE EAST EYE

Des Syriens se retrouvent piégés dans des camps des FDS après avoir échappé à l’EI

« Des réfugiés des régions contrôlées par l’EI affirment être forcés à vivre dans des conditions épouvantables dans des camps dirigés par les FDS, et que les pots-de-vin sont le seul moyen d’en partirLes civils qui fuient les deux bastions syriens du groupe État islamique (EI) sont confrontés à des « conditions horribles » dans des dizaines de camps mal équipés en périphérie des villes syriennes. »

Source : MIDDLE EAST EYE

Essai nucléaire nord-coréen : légitime et nécessaire

« La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) vient de réussir spectaculairement, dimanche 3 septembre, son sixième essai nucléaire. Le gotha des élites politico-médiatiques mondialisées redouble d’indignation contre ce qu’il qualifie de « nouvelle provocation ». Il convient de rappeler d’emblée que, contrairement à une affirmation ressassée, ce pays ne viole nullement le droit international, puisqu’il s’était retiré du traité de non-prolifération en 2003. Et il n’est au pouvoir légal de personne, fût-ce du Conseil de sécurité, d’interdire unilatéralement à un Etat de choisir son armement, dès lors qu’il n’en fait pas un usage d’agression. »

Source : RUPTURES

MEDIATHÈQUE

Couverture médiatique de l’attentat de Barcelone (1) : naufrages de l’information en temps réel

« Les séances (rituelles) d’autocritique médiatique (partielle) n’ont pas manqué depuis les attentats de janvier et, plus encore, de novembre 2015. Il serait grand temps de vérifier que les leçons ont été pratiquement tirées, comme l’actualité en a malheureusement donné l’occasion le 17 août dernier, lors des attentats en Espagne. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que rien n’a changé, comme en témoigne le panorama qui suit, fondé sur des observations effectuées au cours des 24 heures suivant l’attentat de Barcelone. »

Source : ACRIMED

Couverture médiatique de l’attentat de Barcelone (2) : le retour des « experts »

« Dans un précédent article à propos de la couverture médiatique de l’attentat de Barcelone, nous avons montré comment la qualité et la fiabilité de l’information souffraient de la précipitation induite par la course au « direct » imposée à tous les médias par les chaînes d’information en continu. Mais cette course de vitesse avec les événements, souvent aussi confuse qu’anxiogène, n’est pas la seule tare de ce journalisme par temps d’attentat : pour meubler le vide et donner un semblant de recul aux commentaires mal informés des journalistes, les grands médias ont, comme à leur habitude, fait appel aux « experts ». Comme lors des précédents attentats, des « spécialistes » et autres « consultants » se sont ainsi succédé sur les antennes des principaux médias d’information pour prodiguer leurs pertinentes « analyses » d’un événement dont on ne savait alors à peu près rien. »

Source : ACRIMED

RÉFLEXION

Une brève contre-histoire du “progrès” et de ses effets sur la santé de l’être humain

« A notre époque, et dans nos sociétés industrielles, il est difficile de faire entendre la moindre critique de l’idée de progrès. On se retrouve bien souvent immédiatement traité de passéiste, de réactionnaire, d’obscurantiste, de conservateur, de rétrograde, de toutes sortes de choses. Et pourtant, notre santé et notre qualité de vie se dégradent actuellement en raison d’un grand nombre de problèmes sanitaires qui ont émergés à cause de ce soi-disant « progrès » (et de la civilisation), et qui sont désormais connus et étudiés par les institutions scientifiques du monde entier (je mentionne cela parce que beaucoup trop de mes contemporains ne jurent que par elles, la Science™ étant l’autorité moderne). Voyons donc. »

Source : LE PARTAGE

SOCIETÉ

Les états généraux de l’alimentation donnent une large place à l’agro-industrie

« L’industrie alimentaire et la grande distribution sont largement représentées à la présidence des ateliers des états généraux de l’alimentation, au détriment des écologistes et des paysans bio ou petits. À quoi ça sert ? Comment ça fonctionne ? Pourquoi certains sont invités et pas d’autres ? Où le gouvernement veut-il vraiment aller ? En quoi cela va-t-il changer l’agriculture et l’alimentation en France ? »

Source : REPORTERRE

VUES D’AILLEURS

Le passage des terroristes en France : l’État était-il au courant du projet d’attentat à Barcelone ?

« Une série d’informations a soulevé des questions sur la connaissance préalable que les gouvernements américain et européens pouvaient avoir des attentats terroristes du 17 août à Barcelone et à Cambrils qui ont tué 15 personnes et en ont blessé plus de 100, et sur comment on a pu laisser commettre cet attentat. Il devient de plus en plus clair que la cellule terroriste de l’État islamique (ÉI) était surveillée par de multiples services de renseignement des puissances de l’OTAN, y compris la France, les États-Unis et la Belgique. Étonnamment, quelques jours seulement avant l’attentat, plusieurs membres de la cellule terroriste se sont rendu à Paris, qui est un centre de la surveillance par les services de renseignement des activités islamistes en Europe. »

Source : WORLD SOCIALIST WEB SITE

A Barcelone, la colère éclate contre la guerre et les complicités officielles avec le terrorisme

« La marche officielle organisée samedi après l’attentat terroriste du 17 août à Barcelone s’est transformée en une manifestation d’hostilité publique sans précédent aux guerres impérialistes au Moyen-Orient, ayant engendré les réseaux islamistes qui mènent les attaques terroristes en Europe. »

Source : Mondialisation

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13 réponses à Revue de presse du 16/09/2017

Commentaires recommandés Pour lire les 13 réponses , cliquez sur le lien  http://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-16092017/

Lettre d’Albert Camus à René Char

Lettre d’Albert Camus à René Char

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camus

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent.

Albert Camus restera comme une figure singulière dans la culture et l’histoire : immense écrivain, penseur à la fois engagé et en rupture avec son époque et, fait rare, homme d’exception, à la hauteur d’une œuvre lumineuse et nécessaire. Son chemin aura croisé l’aventure d’un autre homme d’exception, René Char, poète sibyllin et résistant.

17 septembre 1957

Cher René,

Je suis en Normandie avec mes enfants, près de Paris en somme, et encore plus près de vous par le cœur. Le temps ne sépare, il n’est lâche que pour les séparés — Sinon, il est fleuve, qui porte, du même mouvement. Nous nous ressemblons beaucoup et je sais qu’il arrive qu’on ait envie de « disparaître », de n’être rien en somme. Mais vous disparaîtriez pendant dix ans que vous retrouveriez en moi la même amitié, aussi jeune qu’il y a des années quand je vous ai découvert en même temps que votre œuvre. Et je ne sais pourquoi, j’ai le sentiment qu’il en est de même pour vous, à mon égard. Quoi qu’il en soit, je voudrais que vous vous sentiez toujours libre et d’une liberté confiante, avec moi.

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante, pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. À la fin, on mourrait de chagrin, littéralement. Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion qui fondent une joie, la joie. Mais c’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont on est sûr, toujours.

Je rentre dans une semaine. Je n’ai rien fait pendant cet été, sur lequel je comptais, beaucoup, pourtant. Et cette stérilité, cette insensibilité subite et durable m’affectent beaucoup. Si vous êtes libre à la fin de la semaine prochaine (jeudi ou vendredi, le temps de me retourner) déjeunons ou dînons. Un mot dans ma boîte et ce sera convenu. Je me réjouis du fond du cœur, de vous revoir.

Votre ami

Albert Camus

couverture

 

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Revue de presse nationale et internationale.

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