Corée du Nord : ce que les médias ne vous disent pas

Corée du Nord : ce que les médias ne vous disent pas


2016-09-24_11h42_10Par Mike Withney – Le 4 septembre 2017 – Source CounterPunch

Lundi dernier, la RPDC a tiré un missile balistique de portée intermédiaire Hwasong-12 sur l’île japonaise de Hokkaido. Le missile a atterri dans les eaux internationales au-delà de l’île, sans dommages à la population ni à la propriété.

Les médias ont immédiatement condamné le test comme un « acte audacieux et provocateur » qui montre le défi du Nord face aux résolutions de l’ONU et « le mépris pour ses voisins ». Le président Trump a vivement critiqué le test de missile en disant :

« Les actions menaçantes et déstabilisatrices ne font qu’accroître l’isolement du régime nord-coréen dans la région et parmi toutes les nations du monde. Toutes les options sont sur la table. »

Ce que les médias n’ont pas mentionné, c’est que, au cours des trois dernières semaines, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis ont été engagés dans des exercices militaires conjoints à grande échelle sur l’île de Hokkaido et en Corée du Sud. Ces jeux de guerre inutilement provocateurs simulent une invasion de la Corée du Nord et une opération de « décapitation » pour supprimer le gouvernement du pays. Le chef suprême de la Corée du Nord, Kim Jong-un, a demandé aux États-Unis à plusieurs reprises de mettre fin à ces exercices militaires, mais les États-Unis ont obstinément refusé. Les États-Unis se réservent le droit de menacer n’importe qui, n’importe quand et n’importe où, même à leur porte. Cela fait partie de ce qui rend les États-Unis exceptionnels. Découvrez cet extrait d’un article de Fox News :

« Plus de 3500 soldats américains et japonais ont entamé hier un exercice militaire conjoint de plusieurs semaines dans le contexte d’un régime nord-coréen de plus en plus belliqueux. L’exercice, connu sous le nom de Northern Viper 17, aura lieu sur Hokkaido, l’île principale du nord du Japon, et durera jusqu’au 28 août (…)

Nous améliorons notre préparation non seulement dans les airs, mais en tant qu’équipe de soutien logistique, a déclaré le colonel R. Scott Jobe, commandant de l’escadron 35e Fighter, dans un communiqué. Nous sommes dans un emplacement privilégié à des fins de contingence et cet exercice ne fera que renforcer notre préparation dans le cas où un scénario réel se produirait. »

Le test de missile de lundi (qui a survolé l’île de Hokkaido) a été effectué quelques heures seulement après la fin des manœuvres militaires. Le message était clair : la Corée du Nord ne sera pas humiliée publiquement ni giflée sans répondre. Plutôt que de montrer une faiblesse, celle-ci a démontré qu’elle était prête à se défendre contre l’agression étrangère. En d’autres termes, le test n’était PAS un « acte audacieux et provocateur » (comme l’ont indiqué les médias), mais une réponse modeste et bien pensée d’un pays qui a connu 64 ans de harcèlement implacable, de sanctions, de diabolisation et de bruits de botte orchestrés par Washington. La Corée du Nord a répondu parce que les provocations de Washington nécessitaient une réponse. Fin de l’histoire.

Et il en va de même pour les trois missiles balistiques à courte portée que le Nord a testés la semaine dernière, deux d’entre eux ont apparemment échoué peu de temps après le lancement. Ces tests ont été une réponse aux exercices militaires conjoints de trois semaines en Corée du Sud qui ont impliqué 75 000 troupes de combat accompagnées de centaines de chars, véhicules blindés, engins de débarquement, artillerie lourde, une flottille navale complète et des escadrons de chasseurs et de bombardiers stratégiques. Est-ce que le Nord était censé s’asseoir sur ses mains alors que cet étalage menaçant de force militaire brute avait lieu juste sous son nez ?

Bien sûr que non. Imaginez si la Russie s’était engagée dans une opération similaire à la frontière du Mexique, tandis que la flotte russe menait des « tirs réels » à trois milles à l’extérieur de la baie de San Francisco. Que pensez-vous que serait la réaction de Trump ?

Il aurait envoyé par le fond ces bateaux plus rapidement que vous ne pourriez dire ouf, non ?

Alors pourquoi le double standard en ce qui concerne la Corée du Nord ? Ce qui est bon pour l’un doit être bon pour l’autre.

La Corée du Nord devrait être applaudie pour avoir démontré qu’elle ne sera pas intimidée par le caïd du préau d’école. Kim sait que toute confrontation avec les États-Unis finira mal pour le Nord, et malgré cela, il n’a pas cédé et ne s’est pas laisser bousculer par les fanfarons voyous de la Maison Blanche. Hourra, Kim.

À propos, la réponse de Trump au test de missile de lundi faisait à peine l’objet de commentaires dans les médias traditionnels et pour une bonne raison. Voici ce qui s’est passé deux jours plus tard.

Mercredi, une escadre de chasseurs bombardiers F35B et F15 dirigée par les B-1B ont mené des opérations militaires sur un site d’entraînement à l’est de Séoul. Les B-1B, qui sont des bombardiers nucléaires à basse altitude, ont laissé tomber leurs fausses bombes sur le site et sont ensuite retournés à leur base. Le spectacle martial était destiné à envoyer un message à Pyongyang montrant que Washington est mécontent du projet de test de missiles balistiques du Nord et est prêt à utiliser des armes nucléaires contre le Nord s’il ne respecte pas les diktats de Washington.

Donc, Washington serait prêt à atomiser le Nord s’ils ne se reprennent pas et ne marchent pas droit comme on le leur demande, c’est ça ?

Oui, on dirait bien mais est-ce si sûr, et qui sait vraiment ? Quoi qu’il en soit, Kim n’a d’autre choix que de rester ferme. S’il montre un signe de faiblesse, il sait qu’il finira comme Saddam et Kadhafi. Et, bien sûr, c’est ce qui conduit la rhétorique excessive. Le Nord veut éviter le scénario de Kadhafi à tout prix. J’en profite pour rappeler que la raison pour laquelle Kim a menacé de tirer des missiles dans les eaux qui entourent Guam, est la suivante : Guam loge la base aérienne Anderson qui est le point de départ des bombardiers nucléaires B-1B qui ont menacé la péninsule coréenne, depuis quelque temps maintenant, par des vols d’intimidation. Le Nord estime qu’il doit répondre à cette menace existentielle.

Ne serait-il pas utile que les médias mentionnent ce fait ? Ou bien servent-ils mieux leurs intérêts en présentant Kim en train d’éructer comme un chien contre des États-Unis « totalement innocents », un pays qui cherche seulement à préserver la paix partout où il va ?

Mon œil !

Il est si difficile de trouver quelque chose dans les médias qui ne reflète pas le parti pris et l’hostilité de Washington. Bizarrement, il y avait un article assez décent sur CBS News la semaine dernière, écrit par un ancien officier du renseignement occidental ayant des décennies d’expérience en Asie. C’est le seul article que j’ai trouvé qui explique avec précision ce qui se passe réellement au-delà de la propagande.

Voyez-vous même :

Avant l’investiture du président Trump, la Corée du Nord a précisé qu’elle était prête à donner le temps à la nouvelle administration des États-Unis pour qu’elle ait l’occasion d’examiner sa politique et de proposer quelque chose de mieux que le président Obama. Le seul bémol était que si les États-Unis se mettent en mode turbo avec leurs exercices conjoints annuels avec la Corée du Sud – surtout si c’était accompagné par plus de menaces sur la « décapitation » et plus de vols de bombardiers stratégiques sur la péninsule coréenne – alors, le Nord réagira fortement.

En bref, les États-Unis l’ont fait, et le Nord a réagi. Les contacts en coulisse avaient des hauts et des bas, mais ils ne pouvaient pas faire avancer les choses. En avril, le leader nord-coréen Kim Jong-un a paradé avec de nouveaux missiles, à titre d’un avertissement, mais sans effet. Le régime a lancé les nouveaux systèmes, l’un après l’autre. Pourtant, l’approche de Washington n’a pas changé. 

D’accord, maintenant, nous savons la vérité : le Nord a fait de son mieux et se retrouve furax, essentiellement parce que Washington ne veut pas négocier, qu’il préfère tordre le bras à la Russie et à la Chine, resserrer l’embargo et menacer de la guerre. C’est la solution de Trump.

En voilà plus d’informations de la même source :

Le 4 juillet, après le lancement du premier missile balistique intercontinental de la Corée du Nord (ICBM), Kim a envoyé un signal public annonçant que le Nord pourrait mettre les programmes nucléaires et de missiles sur la table si les États-Unis ne changeaient pas d’approche.

Les États-Unis ne l’ont pas fait, de sorte que le Nord a lancé un autre ICBM, considérant cela comme un avertissement délibéré aux États-Unis leur demandant de les prendre au sérieux. Pourtant, encore plus de bombardiers B-1 ont survolé la péninsule et le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté de nouvelles sanctions. (CBS News)

Donc, le Nord était prêt à faire un marchandage sérieux, mais les États-Unis ont refusé. Kim avait probablement entendu parler du genre de marchand de tapis qu’était Trump et a pensé qu’ils pouvaient faire quelque chose ensemble. Mais cela ne s’est pas produit. Trump s’est avéré être un fiasco plus gros qu’Obama, ce qui est plutôt mauvais. Non seulement il refuse de négocier, mais il délivre aussi des menaces belliqueuses presque tous les jours. Ce n’est pas ce que le Nord attendait. Il attendait un leader non interventionniste qui pourrait être réceptif à un compromis.

La situation actuelle n’a laissé à Kim que de mauvaises options. Il peut soit céder et mettre fin à son programme de missiles, soit augmenter la fréquence des tests et espérer que cela ouvre la voie à des négociations. Kim a choisi la dernière option.

Est-ce un mauvais choix ?

Peut-être.

Est-ce un choix rationnel ? Oui.

Le Nord parie que ses programmes d’armes nucléaires seront des atouts de négociation précieux dans les négociations futures avec les États-Unis. Le Nord n’a pas l’intention d’atomiser la côte ouest des États-Unis. C’est ridicule ! Cela ne sert à rien. Ce qu’ils veulent, c’est conserver leur régime, obtenir des garanties de sécurité de Washington, faire lever l’embargo, normaliser les relations avec le Sud, éloigner les États-Unis des affaires politiques de la péninsule et (espérons-le) mettre fin à 64 ans d’activité incessante, irritante, provocatrice et interminable des États-Unis. Yankee rentrez chez vous. SVP.

Conclusion : le Nord est prêt à discuter. Il veut des négociations. Il veut mettre fin à la guerre. Ils veut voir ce cauchemar absolu derrière lui et continuer sa vie. Mais Washington ne le lâchera pas parce que Washington apprécie le statu quo. Washington veut une présence permanente en Corée du Sud afin de pouvoir encercler la Russie et la Chine avec des systèmes de missiles mortels et élargir son emprise géopolitique rapprochant le monde de l’Armageddon nucléaire.

C’est ce que Washington veut, et c’est pourquoi la crise sur la péninsule continuera à bouillir.

Mike Withney

 

http://lesakerfrancophone.fr/coree-du-nord-ce-que-les-medias-ne-vous-disent-pas

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Questions sans réponses

Questions sans réponses

12 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Nous n’évoquerons pas ici l’incompréhensible (doux euphémisme) accord entre Erdogan et Poutine pour l’achat de S400 par la Turquie, pour lesquels Ankara annonce avoir déjà réalisé un pré-paiement.

On sait qu’il y a deux ans, Israël s’était entraîné en Grèce à contourner le S300 dans l’optique d’une guerre contre l’Iran (on appréciera au passage la trahison grecque…) Désormais, et au vu des multiples retournements de veste du sultan, l’OTAN ou Tel Aviv seront susceptibles de piocher à loisir dans le nec plus ultra de la défense anti-aérienne russe tandis que les alliés historiques de Moscou (Iran, Syrie) se contenteront de poussiéreux systèmes moins avancés. Allez comprendre…

Mais c’est une nouvelle fois sur la Syrie que les interrogations les plus urgentes se  portent. Nous avons averti à plusieurs reprises que, malgré l’avancée gouvernementale, nous n’étions peut-être pas au bout de nos surprises. Nous sommes servis.

La dernière en date est la soudaine et rapide progression vers Deir ez-Zoor des SDF (qui rappelons-le sont des milices majoritairement kurdes mais comprenant aussi des bataillons arabes, le tout chapeauté par Washington). Aux dernières nouvelles, les SDF ne seraient qu’à 5 km de la ville.

Et là, c’est le brouillard, évidemment agrémenté de son lot d’intox comme le pseudo-bombardement d’un poste loyaliste par l’aviation US… Va-t-on vers une énième confrontation dans ce conflit qui n’en manque pas, cette fois entre Damas et les Kurdes, les deux grands vainqueurs de la guerre ? Ou au contraire assiste-t-on à un plan concocté en amont à Hambourg par Vlad et le Donald et mis en oeuvre par leur état-major respectif ? Dans le doute, présentons toutes les hypothèses :

  • L’empire contre-attaque : conflagration dans l’Est syrien

Nous avons expliqué à de très nombreuses reprises que le facteur premier de la guerre est la (re)constitution ou non de l’arc chiite, c’est-à-dire la mainmise sur la frontière syro-irakienne :

Dans notre grand jeu Qui mettra la main sur le territoire califal ? – question qui sous-tend à vrai dire tout le conflit syrien -, les loyalistes ont marqué plusieurs dizaines de points depuis un mois, pour le plus grand malheur de l’axe israélo-saoudien. Le blitz royal vers la frontière syro-irakienne a évidemment fait sonner toutes les alarmes à Riyad et Tel Aviv, permettant l’accès à la Méditerranée pour l’Iran (et même, dans le futur, pour les routes de la Soie chinoises).

Dans ce contexte, les SDF kurdisées du Rojava sont des proxies que l’empire utilise pour descendre vers le sud et tenter, non de couper car c’est trop tard, mais de réduire le corridor chiite :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C’est bien possible… A moins que tout n’ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l’on pourrait assister à une détonante convergence de l’armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l’armée irakienne. Deux contre un si l’on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l’armée irakienne restera neutre : le rapport de force n’est de toute façon pas en faveur de l’empire. Le tout face à une résistance désespérée de l’EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant…

Et c’est la récente libération de Deir ez-Zoor par les loyalistes et le projet de ponter l’Euphrate (tous les ponts avaient été détruits par l’aviation américaine) pour passer de l’autre côté qui auraient fait sonner les alarmes, provoquant peut-être même la possible visite du prince héritier de Riyad à Tel Aviv.

Ainsi, l’actuelle avancée kurde serait l’ultime tentative d’un système impérial qui n’a pas lâché l’affaire et vise toujours, pour les beaux yeux des Israoudiens paniqués, à séparer l’Irak et l’Iran de la Syrie et du Hezbollah. Votre serviteur l’a expliqué tellement de fois, surtout du temps d’Obama, qu’il est inutile d’insister ; le fidèle lecteur en connaît par coeur les tenants et les aboutissants. Sauf que…

  • Entente américano-russe sur le dos de tout le monde

Quelque chose ne colle pas (plus ?) dans l’hypothèse ci-dessus et une simple carte le montre. Au printemps (avril-mai en l’occurrence), les Américains et leurs proxies avaient tout le temps du monde pour mettre la main sur la frontière syro-irakienne et couper définitivement l’arc chiite en deux alors que l’armée syrienne était encore à des années-lumière. Ils n’ont rien fait…

Pire, ils ont laissé sans bouger un orteil les loyalistes manger le territoire daéchique en Syrie centrale, couper l’herbe sous le pied des « modérés » d’Al Tanaf, progresser inexorablement le long de l’Euphrate au nord et libérer Deir ez-Zoor.

Et c’est seulement maintenant que l’empire, après des mois de sommeil, se réveillerait et déciderait que non finalement, il faut faire quelque chose ? Difficilement crédible.

D’autant plus que ce qui intéresse surtout les Israoudiens, c’est l’extrême-sud syrien (1) et la partie méridionale de la frontière syro-irakienne (2), moins sa partie septentrionale (3). Or l’on a vu que l’administration Trump avait laissé en plan Bibi la terreur et ses cris d’orfraie sur Deraa (1) et il est fortement question depuis quelques temps que la poche d’Al Tanaf (2) soit évacuée, y compris par les forces spéciales US. Dans ce contexte, on comprendrait mal que Washington ait soudain changé sa course et se mette en tête d’occuper le bout nord de l’interface chiite (3).

L’avancée kurde fait plus sûrement partie d’un plan concerté en haut lieu et il est d’ailleurs à noter que les médias de Damas ou de Moscou se gardent de la critiquer, ce qui pourrait être une indication. C’est plus ou moins confirmé par les dires des généraux de la coalition américaine qui affirment qu’un canal de communication existe entre l’armée syrienne et les SDF afin de ne pas se marcher dessus. Officiellement, l’opération kurde vise la vallée du Khabur, le principal affluent de l’Euphrate dans la région (les hachures de la carte représentent les opérations à venir) :

A noter également les déclarations du porte-parole des SDF, Talal Silo :

« Nous avons reçu des instructions claires selon lesquelles, après l’élimination de Daech, nous n’agirons pas contre le régime [Assad] ni contre les Russes, les forces iraniennes ou le Hezbollah. »

Pas de conflit donc, mais pas un mot non plus d’un éventuel retrait des Kurdes, après la disparition de l’EI, de cette région pourtant fort éloignée de la zone de peuplement kurde (l’habillage « SDF » qui permet hypocritement d’y faire participer les tribus arabes ne trompe personne). Tout cela nous laisse délicieusement dans l’expectative…

Car si notre deuxième hypothèse (plan américano-russe en amont) est la bonne, nous n’en connaissons toutefois pas les modalités ni les conséquences, et une collision est toujours possible. Partage de zones d’influence de part et d’autre de l’Euphrate ? Tentative kurde de préparer l’après-guerre et de faire monter les enchères (les principaux puits de pétrole du pays se trouvent à l’est de Deir ez-Zoor, notamment dans la vallée du Khabur) ? Retrait des SDF de la zone contre le retrait des troupes syriennes encore présentes à Hassaké et Qamishlo, en plein Rojava ?

Voire – et nous revenons ici partiellement à la première hypothèse – échange de bons procédés entre les Kurdes et les Israoudiens : amincissement du corridor chiite contre reconnaissance par Riyad et Tel Aviv du droit à l’indépendance du Kurdistan. On avait vu que la Saoudie n’y était pas défavorable (pour des raisons tout à fait cyniques d’ailleurs). Israël vient également de s’y mettre en soutenant la création d’un « grand Kurdistan ».

Tout est possible et l’avenir nous réserve encore certaines quelques surprises de derrière les fagots…

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/09/questions-sans-reponses.html

Ouragans : la garantie nucléaire

Ouragans : la garantie nucléaire

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Par Tristan Hurel (SFEN)

Les deux réacteurs de la centrale de South Texas Project, située à 145 km de Houston, ont fonctionné à pleine capacité pendant toute la tempête Harvey, atténuant les conséquences humaines des intempéries.

L’ouragan Harvey va laisser des traces dans la région de Houston, agglomération de premier plan dans un Etat du Texas plus grand que la France. Les dommages financiers pourraient approcher les 180 milliards de dollars [1]. Le Sud des Etats-Unis n’avait pas connu pareilles intempéries depuis 2005, année où l’ouragan Katrina avait sinistré la Nouvelle Orléans.

Pendant l’ouragan, en raison des vents violents, plusieurs fermes éoliennes, nombreuses dans cet Etat, ont dû être arrêtées, et l’épaisse couche nuageuse a quasiment stoppé la production des panneaux photovoltaïques. Les sources de production programmable disponibles, au premier rang desquelles la centrale nucléaire de South Texas Project, située à 145 km de Houston, ont donc joué un rôle capital dans l’approvisionnement en électricité des zones affectées.

Une préparation bien rodée

A l’approche de l’ouragan, les opérateurs de la centrale étaient préparés à affronter les intempéries et la NRC, l’autorité de sûreté américaine, avait spécialement dépêché sur place deux inspecteurs supplémentaires -en plus des inspecteurs résidents-, pour s’assurer du respect des normes de sûreté. Ils sont restés sur place tout le week-end, au côté des 250 personnels de la centrale, dont une partie avait été appelée en renfort face à la menace que les routes soient inondées, ce qui aurait empêché les allers et venues vers la centrale. Pour prévenir ce type de scénario, des lits et des réserves de vivres sont stockés sur place afin de permettre aux équipes de se reposer et de rester sur place pendant leurs heures de repos.

Les risques météorologiques sévères (ouragans, tornades, inondations) ont été pris en compte dans la conception de South Texas Project. Les bâtiments abritant les deux réacteurs de 1280 MWe et les équipements vitaux sont protégés par des murs en béton armé de 1,2 à 2,1 mètres d’épaisseur – suffisants pour résister à un avion de ligne. Par ailleurs, la centrale est dotée de bâtiments et de portes étanches et ses bâtiments abritant des équipements relatifs à la sûreté peuvent supporter une élévation de l’eau de 12,5 mètres par rapport au niveau de la mer – la centrale étant construite à 8,8 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Une garantie pour des populations sinistrées

Grâce à sa conception et son plan d’urgence en cas d’intempéries, la centrale a contribué à assurer une fourniture d’électricité stable à l’échelle régionale pour les deux millions de consommateurs qu’elle approvisionne et dont les lignes n’avaient pas été coupées. Sans elle, les dommages de l’ouragan auraient été bien supérieurs, privant notamment d’électricité des infrastructures vitales comme les hôpitaux, le trafic routier, les abris…

En 2014, déjà, un vortex polaire avait entrainé la fermeture de centrales à gaz et au charbon et stoppé la production électrique des éoliennes et du solaire au Nord-Est des Etats-Unis. Là encore, les centrales nucléaires étaient au rendez-vous, fournissant à un moment critique plus d’électricité dans cette région des Etats-Unis que toutes les autres sources de production électrique [2].

Crédit photo : Department of Defense

Légende : la ville de Houston a subi de plein fouet les innondations mais n’a pas été coupée du réseau électrique pendant la catastrophe, notamment grâce à la disponibilité du nucléaire.

Le «ministre de la Guerre» de Daech tué dans une frappe russe en Syrie

Des bombardiers Su-34

Le «ministre de la Guerre» de Daech tué dans une frappe russe en Syrie

© Photo. Ministry of defence of the Russian Federation

International

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Libération de la ville de Deir ez-Zor (septembre 2017) (39)
6380971152

Les frappes des Forces aérospatiales russes dans les environs de Deir ez-Zor ont permis d’éliminer une quarantaine de terroristes de Daech, dont plusieurs extrémistes hautement placés, parmi lesquels le «ministre de la Guerre» des extrémistes et auteur présumé des attentats terroristes en novembre 2015 à Paris.

Les Forces aérospatiales russes ont mené une opération aérienne contre un poste de commandement et un centre de communication de Daech près de la ville syrienne de Deir ez-Zor, annonce le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Le 5 septembre, le ministère a appris auprès de ses sources que des chefs de Daech devaient tenir une réunion dans l’un des postes de commandement déguisés à proximité de Deir ez-Zor.«Après la confirmation des informations reçues et des recherches supplémentaires, deux avions Su-34 et Su-35 des Forces aérospatiales russes ont décollé de la base aérienne de Hmeimim, et ont porté des frappes ponctuelles», selon le ministère.

La mission antiterroriste a permis d’éliminer environ 40 djihadistes, dont quatre chefs de terrain influents qui s’étaient réunis pour élaborer des mesures urgentes en raison de l’offensive massive des troupes gouvernementales syriennes. Un poste de commandement souterrain des terroristes ainsi qu’un centre de communication ont été également détruits.

«Selon des informations confirmées, quatre commandants de terrain influents se trouvaient parmi les terroristes éliminés, y compris «l’émir de Deir ez-Zor» Abu Muhammad al-Shimali, qui était responsable des finances ainsi que du redéploiement des nouvelles recrues dans les camps d’entraînement de Daech», indique le communiqué du ministère.

Le ministère a souligné qu’Abu Muhammad al-Shimali était considéré «par un certain nombre de services de renseignement de sécurité européens comme l’organisateur des attentats terroristes de novembre 2015 à Paris».

Le «ministre de la Guerre» du groupe terroriste, Gulmurod Khalimov, était également présent.

«Le « ministre de la Guerre » du groupe terroriste international Daech était à la réunion, et il a succombé à une blessure mortelle», d’après le document.

L’opération antiterroriste des Forces aérospatiales russes a permis d’accélérer le déblocage de Deir ez-Zor et a contribué à ce que forces syriennes procèdent à sa libération immédiate, précise le ministère russe de la Défense.

 

https://fr.sputniknews.com/international/201709081032960625-frappe-russe-terroristes/