Lignes rouges…

Lignes rouges…


Donald Trump franchit les lignes rouges de la Chine en Afghanistan, alors qu’Obama a traversé celles de la Russie en Syrie et en Ukraine


Par Adam Garrie – Le 30 août 2017 – Source Oriental Review

Afghanistan and neighboring countries.

Dans les discussions sur les rôles que jouent les pays dans le nouveau monde multipolaire, on dit souvent que la Russie fournit la substance géopolitique alors que la Chine fournit le moteur économique d’un monde où les États-Unis ne sont plus un hégémon singulier.

Alors que l’économie de la Russie passe de la résilience à la croissance et que la Chine est de plus en plus impliquée dans les affaires mondiales depuis l’annonce des Routes de la soie [One Belt-One Road] en 2013, il devient clair que la Chine a beaucoup à dire au sujet du vaste environnement géostratégique.

Au cours des trois dernières années, les États-Unis ont franchi plusieurs lignes rouges géostratégiques pour la Russie. D’abord il y a eu le coup d’État fasciste à Kiev, qui s’est produit en février 2014. En même temps que le coup, porté par les États-Unis, amenait au pouvoir un régime profondément russophobe, dans un pays qui, depuis des siècles, était une partie intégrante de la Russie et qui depuis 1991 était, pour cette dernière, une nation fraternelle, l’Amérique était occupée à armer et à financer des terroristes salafistes en Syrie, un pays où la Russie possède une base navale – à Tartous – depuis 1971, un an après que Hafez al-Assad est devenu président.

La Russie n’allait pas rester les bras croisés alors que les États-Unis allaient un pont trop loin. La réponse a pris deux formes : d’abord, la reconnaissance immédiate du référendum en Crimée, signant le retour de celle-ci dans le giron de la Russie, et ensuite, en septembre 2015, l’appui militaire russe au gouvernement syrien dans sa lutte contre le terrorisme.

Pour ce qui concerne la Chine, Donald Trump a franchi rapidement autant de lignes rouges durant ses premiers mois à la Maison Blanche que l’a fait Obama face à la Russie pendant son deuxième mandat.

Des bruits de bottes de Trump menaçant la Corée du Nord aux violations répétées de la souveraineté maritime chinoise dans les mers de Chine du Sud et de l’Est, en passant par les manifestations publiques d’une amitié croissante pour le Premier ministre Modi en Inde, la Chine n’est pas du tout satisfaite de Trump.

Maintenant, en menaçant la Chine d’une guerre commerciale et en accusant le Pakistan, allié de la Chine, d’être inepte et inutile en Afghanistan, tout en demandant à l’Inde de participer activement au conflit, la Chine pourrait avoir atteint un point d’ébullition semblable à celui de la Russie au sujet de la Syrie et de l’Ukraine.

La Chine a déjà précisé sa position en défendant les actions de son allié pakistanais et en avertissant à la fois Washington et New Delhi de ne pas prendre de mesures susceptibles de menacer les intérêts chinois dans la région.

La porte-parole de la ministre chinoise des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré que le Pakistan « a fait de grands sacrifices en contribuant à la lutte contre le terrorisme ».

Elle a ajouté : « La communauté internationale devrait reconnaître pleinement les efforts du Pakistan. »

Hua a enfin précisé :

« Donald Trump a parlé de relations étroites entre les États-Unis et l’Inde, nous sommes heureux de voir le développement de relations normales et amicales entre ces pays si ces relations ne nuisent pas aux intérêts d’autres pays et créent des conditions positives pour le développement régional. »

La signification de ce message est assez claire : n’utilisez pas l’Inde pour intervenir dans les intérêts régionaux de la Chine, à savoir sa coopération économique avec le Pakistan et d’autres efforts pour entamer la phase initiale des Routes de la soie en Asie du Sud.

Le corridor économique Chine-Pakistan est vital, Beijing et Islamabad le reconnaissent ouvertement. L’importance du Pakistan pour les Routes de la soie est telle qu’aucun pays ne peut tolérer de voir n’importe qui saboter ou interférer avec le processus.

Par conséquent, c’est l’intérêt commun de la Chine et du Pakistan de finaliser un processus provisoire de paix en Afghanistan aussi rapidement que possible. Cela signifie un processus de paix qui impliquerait un dialogue entre Kaboul et les Talibans.

Donald Trump a déclaré qu’à un certain moment, les Talibans pouvaient entrer dans un processus de paix mené par les États-Unis, mais pas avant que les troupes américaines ne redoublent d’efforts dans leur lutte contre les talibans, un combat que les dirigeants talibans ont promis à l’Amérique de gagner. En d’autres termes, l’action de Trump est à peine digne du nom de stratégie, tout comme on pourrait en dire autant de ses deux prédécesseurs immédiats à la Maison-Blanche.

Les États-Unis ont continuellement harcelé la Chine de tous côtés, tout au long de sa voie commerciale des Routes de la Soie. En invitant ardemment l’Inde à s’impliquer plus profondément en Afghanistan, critiquant en même temps le Pakistan en termes très définitifs, Donald Trump a peut-être seulement fait juste ce qu’il fallait pour conduire la Chine à faire, en Asie du Sud, ce que la Russie a fait en Syrie – défendre un allié et tracer une ligne ferme dans le sable contre l’expansionnisme américain et l’ingérence géopolitique.

Adam Garrie

http://lesakerfrancophone.fr/lignes-rouges

Publicités

Raids israéliens sur une infrastructure militaire syrienne

Raids israéliens sur une infrastructure militaire syrienne

  • inPartager

© Jack Guez, AFP | Un avion F-16 israélien, le 29 juin 2017, lors d’une démonstration près de Beer Sheva en Israël.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/09/2017

L’aviation israélienne a bombardé jeudi matin une position de l’armée syrienne près de Mesyaf, dans la province d’Hama, annonce l’état-major syrien dans un communiqué qui fait état de deux morts et de dégâts matériels.

Des raids aériens israéliens menés avant l’aube contre une infrastructure militaire ont fait deux morts, jeudi 7 septembre, dans l’ouest de la Syrie, région où le régime est accusé de développer des armes chimiques, a rapporté l’armée syrienne.

« Des avions de guerre israéliens ont tiré à 2h42 (23h42 GMT) des missiles depuis l’espace aérien libanais, ciblant une de nos positions militaires à proximité de Mesyaf, et ont provoqué des dégâts matériels et la mort de deux membres du site », a affirmé l’armée dans un communiqué.

Mesyaf est une localité située à environ 60 km à l’est de la ville côtière de Tartous, où l’allié russe du régime de Bachar al-Assad compte une base navale. L’armée syrienne dispose pour sa part d’un site militaire au nord de Mesyaf qui comprend un camp d’entraînement et une branche du Centre de recherches et d’études scientifiques de Syrie (SSRC).

La Syrie accusée d’avoir menée une attaque chimique à Khan Cheikhoun

Les États-Unis ont accusé le SSRC de développer du gaz sarin, une arme qui selon l’ONU a été utilisée pour une attaque chimique meurtrière sur la localité syrienne de Khan Cheikhoun le 4 avril.

Le gouvernement syrien a, de son côté, dénoncé les accusations de recours à l’arme chimique à Khan Cheikhoun comme « des fabrications » et l’armée syrienne ne fait pas mention du SSRC dans son communiqué publié jeudi matin.

Depuis le début du conflit en Syrie, Israël a mené plusieurs raids aériens sur ce pays dévasté par la guerre depuis 2011.

Avec AFP

http://www.france24.com/fr/20170907-syrie-raid-armee-israelienne-infrastructure-militaire-ssrc/?ns_mchannel=fidelisation

 

Dominique de Villepin : “Kim Jong-un est rationnel, pas fou”

Source : France Inter, Dominique de Villepin, 05-09-2017

https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/be35d286-21cc-4171-8ef7-11d0b248b718

Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères, analyse les relations diplomatiques entre la Corée du Nord et les Etats-Unis.

Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères estime désormais qu’il faut agir, dans cette crise avec la Corée du Nord : “Il faut agir, il existe un certain flou mais aussi des certitudes”

Kim Jong-un cherche à sanctuariser son territoire (…)Aux États-Unis, un certain nombre d’experts pensent qu’il souhaite aller beaucoup plus loin, (…) exercer un chantage auprès des États-Unis, empêcher la capacité américaine à aider la Corée du Sud voire le Japon, neutraliser la capacité des Usa à venir en soutien de ses alliés.

Kim Jung-un est-il fou ?” questionne Léa Salamé, quand Dominique de Villepin estime qu’il est “rationnel” : “Il faut savoir s’il cherche à sanctuariser son territoire ou engager un bras de fer avec les États-Unis, toute l’affaire est là”.

Tout l’équilibre international repose sur l’outil de la dissuasion

“Si un État nucléaire frappe un autre État nucléaire déjà doté, le principe de la dissuasion ne vaut plus”, estime l’ancien ministre des Affaires étrangères.

Nous ne pouvons pas donner un chèque en blanc à Trump dans la gestion de la crise avec la Corée du Nord

Le Venezuela est-il une dictature?

“Le Venezuela subit une dérive autoritaire mais je n’emploie pas le terme de dictature”, précise Dominique de Villepin qui a grandi dans ce pays. “Il y a une ombre qui plane sur ce dossier, ce sont les États-Unis (…) Aujourd’hui il faut parier sur les pays de la région, comme Cuba.”

Quant à l’attitude de Jean-Luc Mélenchon à l’égard du régime de Nicolas Maduro, Dominique de Villepin est catégorique : “Il ne faut accepter aucune complaisance à l’égard du régime de Maduro, mais je crois qu’il faut être efficace.”

La France ne doit être dans la main d’aucune faction, aucun groupe(…) Une solution ne peut être trouvée en tournant complètement le dos au chavisme, souhaité par une partie du peuple vénézuélien

Source : France Inter, Dominique de Villepin, 05-09-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

3 réponses à Dominique de Villepin : “Kim Jong-un est rationnel, pas fou”

  1. Bernard Le 07 septembre 2017 à 07h47

    Afficher/Masquer

    Villepin, c’est pas le type qui a refilé les autoroutes publiques à des entreprises privées pour le plus grand bonheur de ces dernières et sans nous demander notre avis?
    Faites la même choses avec les biens de votre voisin pour voir comment ça se termine…

  2. calal Le 07 septembre 2017 à 07h58

    Afficher/Masquer

    ce qui me gene avec la coree du nord c’est le risque qu’ils vendent leur technologie nucleaire a n’importe qui pour avoir des devises. D’un autre cote si les nations unies faisaient leur boulot de maniere objective et impartiale, la coree du nord n’aurait pas besoin de se fabriquer un parapluie nucleaire.

  3. TC Le 07 septembre 2017 à 08h08

    Afficher/Masquer

    De Villepin est un des plus cohérent en matière de politique étrangère mais là où il ne l’est plus c’est quand il explique que là dissuasion nucléaire ne pourrait plus l’être au regard de cette crise avec les nord-coréens. Jamais les usa ne vitrifieront la Corée pas plus que la Corée ne vitrifiera les usa où un de ses alliés. Ce principe de dissuasion ne sera jamais remis en question sinon c’est la fin de l’humanité et tout le monde le sait.

    http://www.les-crises.fr/dominique-de-villepin-kim-jong-un-est-rationnel-pas-fou/