Rohingya : Aung San Suu Kyi sort de son silence pour dénoncer… les fausses informations

 

Asie – pacifique

Rohingya : Aung San Suu Kyi sort de son silence pour dénoncer… les fausses informations

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© Roslan Rahman, AFP | La chef du gouvernement birman et prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi, le 30 novembre 2016, à Singapour.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 06/09/2017

La dirigeante birmane et prix Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi a accusé mercredi des « terroristes » de propager « un iceberg de désinformation » à propos des violences commises contre les musulmans rohingyas dans son pays.

La parole de la prix Nobel de la paix était attendue. La chef du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, a fini par sortir de son silence pour la première fois depuis le début de la crise des musulmans rohingyas, mercredi 6 septembre, en dénonçant un « iceberg de désinformation ».

En se référant, lors d’un échange téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, à la publication de photos à l’authenticité douteuse publiées fin août par le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek, qui dénonçait un « nettoyage ethnique », Aung San Suu Kyi a affirmé que « ce genre de fausse information est seulement la partie émergée d’un énorme iceberg de désinformation ».

>> À voir : De la Birmanie au Bangladesh, l’exode des Rohingya, peuple sans terre ni patrie

Le vice-Premier ministre turc avait retiré les photos, mais l’affaire fait scandale en Birmanie, où la majorité bouddhiste, dont fait partie Aung San Suu Kyi, accuse la communauté internationale, notamment les médias étrangers, d’avoir un parti pris pro-rohingya.

Suu Kyi tente de rassurer

En onze jours, près de 125 000 personnes, pour la plupart des musulmans rohingyas, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin, selon les derniers chiffres de l’ONU. Les combats entre rebelles musulmans et forces birmanes ont fait depuis le 25 août au moins 400 morts, quasiment tous des musulmans.

>> À voir : Birmanie, quel bilan pour Aung San Suu Kyi ?

Malgré la mise en exergue de cette affaire des photos publiées par ce ministre turc, Aung San Suu Kyi a cherché à répondre « aux inquiétudes » d’Erdogan : « Nous savons bien mieux que d’autres ce que c’est que d’être privés de droits et de protection démocratique », dans une allusion à ses années de lutte contre la junte militaire et d’assignation à résidence.

« Nous ferons en sorte que tous les habitants de notre pays voient leurs droits protégés », s’est-elle engagée, dans un premier commentaire très attendu de celle qui avait gardé le silence depuis les premières attaques fin août.

Avec AFP

http://france24.nlfrancemm.com/HM?b=i9iDjGNunCTptGoXjFO0-gAADxzLQFdyNuYJNuRirZxLjNDg8K34MG5kPF4AIfRj&c=btDtP

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Venezuela : Les violations des droits de l’homme indiquent que les autorités cherchent à mater les voix critiques – rapport de l’ONU

Le 30 aout, encore un bel exemple de neutralité du Monde (on le sent jubiler…) :

Un rapport de l’ONU sur le Venezuela accable le régime de Maduro

Source : Le Monde, AFP, 30-08-2017

Un récent rapport a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a accusé, mercredi 30 août, le Venezuela de « réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population ». « L’usage systématique et généralisé de la force lors des manifestations et la détention arbitraire de manifestants ou d’opposants politiques indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes illégaux et secrets d’officiels isolés », estime le rapport.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro « a été élu par le peuple », a reconnu le Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al-Hussein devant les médias à Genève, mais les récentes actions du gouvernement « donnent l’impression que ce qu’il reste de la vie démocratique au Venezuela est en train d’être écrasé ». […]

 

L’analyse réalisée par le Haut-Commissariat a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations et violences des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux. En s’appuyant sur un rapport de l’avocat général vénézuelien, l’ONU estime que cinq morts sont dues aux militants anti-Maduro et que d’autres cas restent troubles. […]

Suite à lire sur Le Monde, AFP, 30-08-2017

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Bien. Allons voir ce rapport alors.

On note d’abord bien que ce n’est pas “un rapport de l’ONU” (qui viendrait de l’Assemblée générale ou du Conseil de Sécurité), mais un rapport d’une des administrations de l’ONU, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. (HCDH). À ne pas confondre avec le Conseil des droits de l’homme (élu par l’AG), le HCDH fait partie du Secrétariat des Nations Unies et dépend du Secrétaire général.

Voilà son communiqué du 30 aout :

Source : OHCHR, 30-08-2017

GENÈVE (30 août 2017) – Les violations massives des droits de l’homme et des abus graves de ces droits commis au Venezuela dans le cadre de manifestations hostiles au gouvernement trahissent «l’existence d’une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations», selon un rapport* du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

«Le recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés, indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes isolés et illégaux de la part de quelques officiers», déclare le rapport.

Le rapport invite le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à envisager de prendre des mesures afin d’empêcher que la situation des droits de l’homme au Venezuela, qui siège actuellement au Conseil, ne se détériore encore plus.

L’analyse menée par le Haut-Commissariat indique que sur les 124 décès liés au mouvement de contestation et sur lesquels le ministère public enquêtait en date du 31 juillet, 46 pouvaient être imputés aux forces de sécurité et 27 aux colectivos, les groupes armés pro-gouvernement. Pour les 51 morts restants, aucune responsabilité n’a pu encore être établie.

Pendant la période couverte par le rapport, à savoir du 1er avril au 31 juillet, le ministère public a ouvert une enquête sur au moins 1 958 cas de blessures encourues dans le contexte des manifestations. L’examen de ces blessures réalisé dans le rapport indique une intensification progressive de l’utilisation de la force. Si, début avril, la majorité des blessures relevaient de l’inhalation de gaz lacrymogènes, en juillet le personnel médical soignaient des blessures par balles.

«La réaction des autorités vénézuéliennes aux récentes protestations s’est faite aux dépens des droits et des libertés des citoyens, a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein. Le gouvernement doit garantir qu’une enquête rapide, indépendante et efficace sera menée sur les violations des droits de l’homme dont les forces de sécurité se seraient rendues coupables et sur les graves abus commis par les colectivos ou des manifestants violents. Cela implique que les enquêtes ouvertes par le ministère public pendant la période couverte par le rapport se poursuivent et soient scrupuleusement et visiblement impartiales», a-t-il ajouté.

«Le droit de rassemblement pacifique a été systématiquement violé, et un grand nombre de manifestants et de personnes identifiées comme des opposants politiques ont été détenus. Le rapport fait également état de graves violations du droit à un procès équitable et de traitements dégradants assimilables dans certains cas à de la torture», a annoncé M. Zeid.

D’après les estimations fiables d’une ONG locale, plus de 5 000 personnes ont été détenus depuis le 1er avril, et plus de 1 000 étaient encore détenues en date du 31 juillet. Au moins 609 civils arrêtés dans le contexte des manifestations ont été déférés devant des tribunaux militaires. Le rapport invite le gouvernement vénézuélien a mettre un terme aux détentions arbitraires et au recours aux tribunaux militaires pour juger des civils.

Des groupes de manifestants anti-gouvernement organisés de manière informel ont eux aussi versé dans la violence, utilisant des armes improvisées allant du lance-pierres aux cocktails Molotov et mortiers artisanaux. Au moins quatre personnes auraient été tuées par des groupes ou individus hostiles au pouvoir en place et, selon le gouvernement, neuf membres des forces de sécurité avaient été tués au 31 juillet. Le rapport appelle les partis d’opposition à condamner tous les actes de violence, en particulier ceux commis par des groupes violentes de manifestants.

Le rapport documente des attaques menées par les forces de sécurité contre les journalistes et les travailleurs des médias afin de les empêcher de couvrir les manifestations. «Des manifestants et des journalistes ont été qualifiés d’ennemis ou de terroristes par les autorités, des mots qui n’ont rien fait pour atténuer le climat de violence et de polarisation, voire qui y ont contribué», a dénoncé le Haut-Commissaire.

S’il reconnaît que le nombre de manifestations, d’arrestations et de décès a diminué depuis le 1er août, M. Zeid s’est dit préoccupé par les récentes mesures prises par les autorités pour criminaliser les leaders de l’opposition politique par le biais de la Commission de vérité, de justice et de paix.

«La Commission, établie récemment par l’Assemblée constituante, ne remplit pas les critères fondamentaux de transparence et d’impartialité, indispensables pour mener des enquêtes indépendantes et non motivées par des considérations politiques sur les violations des droits de l’homme et les abus commis», a-t-il commenté.

Le Haut-Commissaire a averti que la crise économique et sociale persistante et les tensions politiques croissantes risquent d’ aggraver la situation du Venezuela.

«J’encourage le gouvernement vénézuélien à suivre les recommandations formulées dans le rapport et à se servir des conclusions de celui-ci comme lignes directrices pour la recherche de la vérité et de la justice pour les victimes de violations et d’abus. Je réitère mon appel au gouvernement à renoncer à toute mesure susceptible d’aggraver les tensions politiques et invite toutes les parties à poursuivre un vrai dialogue afin de mettre un terme à la crise», a conclu M. Zeid.

FIN

*Le gouvernement vénézuélien n’ayant pas répondu aux demandes d’accès au terrain, une équipe d’enquêteurs a mené des investigations à distance sur les violations des droits de l’homme entre le 6 juin et le 31 juillet. Le rapport se base sur l’analyse faite par ces enquêteurs des informations qu’ils ont collectées, notamment à travers 135 entretiens avec des victimes et membres de leur famille, des témoins, des organisations de la société civile, des journalistes, des avocats, des docteurs, des urgentistes et des représentants du ministère public.

Pour voir le rapport en anglais c’est ici

Pour voir le rapport en espagnol c’est ici

Source : OHCHR, 30-08-2017

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Ce rapport est très intéressant (édifiant sur les témoignages de mauvais traitements en prison), mais quelques questions surgissent quant au bilan.

Il est à noter que pour ce point, la source première “de l’ONU” est le Ministère Public du Venezuela et qu’ils ont ensuite “enquêté” :

Et c’est là qu’il y aune chose étrange : ils trouvent sur 124 morts, 46 tués par les forces de sécurité, 27 par les colectivos armés et 51 où on ne connait pas la responsabilité.

Or les colectivos armés sont “pro-gouvernement” :

On arrive donc à ceci de magique : 124-46-27-51 = 0 mort dus au manifestants !

Ce qui est ridicule, car on connait très bien des victimes des manifestants. On a l’impression que le HCDH joue sur les mots : “la responsabilité” n’est pas conneu car on ne sai tpas qui a tiré depuis la barricade, mais on sait que ça venait de là – comme pour les 7 policiers tués par exemple, ou pour le jeune brulé vif :

 

 

On trouve cependant des informations intéressantes :

Ou ceci :

dont la source est là en fait (Défenseur du Peuple) :

Ainsi, sur près de 2 000 blessés, il y a eu 507 policiers blessés, dont 424 blessés par des objets contondants, et 77 policiers blessés par des armes à feu. Pas si “Pacifiques” les manifestants – ce qui n’étonnera personne ici…

(Source : Reuters (archive), repris par le Spiegel)

Bref, on peut trouver le rapport intéressant pour pointer d’inacceptables atteintes aux droits de l’homme, mais il aurait gagné à apparaitre plus neutre. Cela apparait déjà sur la couverture :

alors qu’avec ceci, on change de perspective :

(sachant que si l’opposition manifestait au Venezuela avec de simples drapeaux, il n’y aurait aucune violence et donc aucun mort)

Bref, la presse s’est jeté sur ce rapport (qui ne contient pas les noms détaillés des victimes), mais il faut savoir qu’il y a une assez bonne transparence des pouvoirs publics au Venezuela sur le bilan humain.

C’est ce que nous allons voir dans le prochain billet avec un bilan humain plus détaillé…

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie nullement que nous « soutenons » le Président Maduro. Par principe, nous ne « soutenons » aucun gouvernement nulle part sur la planète. [Lire plus]

http://www.les-crises.fr/venezuela-les-violations-des-droits-de-lhomme-indiquent-que-les-autorites-cherchent-a-mater-les-voix-critiques-rapport-de-lonu/

Cachez cette Croix que Lidl ne saurait voir…

RTL signale une info reçue d’un auditeur indigné : la chaîne de magasins Lidl a fait effacer une Croix sur une photo de Grèce illustrant l’emballage d’une moussaka.

« Je suis scandalisé par les magasins Lidl qui pour vendre des produits grecs efface sur des photos de la Grèce, une partie de son paysage et de sa culture », nous a écrit Antoine, mardi soir, via notre bouton orange Alertez-nous. « Je vous laisse voir les photos« , ajoute-t-il.

La photo montre une petite église orthodoxe aux coupoles d’un bleu intense qui contraste avec le blanc de ses murs et qui se dresse à flanc de falaise sur l’île de Santorin.

Ce paysage illustre les emballages de la gamme de produits grecs ERIDANOUS « Original Greek Product » (« Produit grec original »). Moussaka, yaourt, pistaches ou encore feta sont vendus chez Lidl sous cette marque, avec à chaque fois la photo de l’église orthodoxe… étonnamment sans croix.

RTL a interrogé le porte-parole de Lidl qui avoue la transformation de la photo. « Nous évitons l’utilisation de symboles religieux car nous ne souhaitons exclure aucune croyance religieuse», a répondu le représentant du géant allemand de la grande distribution.

« Nous sommes une entreprise qui respecte la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », a-t-il encore ajouté. Pour Lidl, la meilleure façon de respecter la « diversité » serait donc d’effacer les croix sur des emballages de produits vendus en Europe, continent chrétien ?

Et RTL de demander pourquoi les services marketing du groupe n’ont pas directement opté pour un paysage sans monument religieux.

Source : RTL

http://www.medias-presse.info/lidl-ment-lidl-fete-le-ramadan/79518/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi%5F208